Carver's Gate
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Réalisateur: Sheldon Inkol
Année: 1995
Classification:
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
7 novembre 2007

La science-fiction, depuis les années 70, n'est pas rose pour le futur de l'humanité, et ce n'est pas ce "Carver's Gate" qui contredira ces dires. Cette aventure inventive et visionnaire vous est offerte par les responsables de Replikator: Cloned to Kill. Ceux et celles ayant lu la critique réservée à ce film savent déjà que les éloges précédents ne sont que pures balivernes. On patauge dans la même gadoue, les mêmes scories que dans la précédente production, excepté qu'une année s'est écoulée depuis. Résultat: la merde générale.

Carver est un investigateur parcourant les rues à la recherche de personnes abusant d'un jeu vidéo que l'on branche dans l'oreille, accès le plus direct au cerveau. Ayant perdu sa femme et, étant affecté à une histoire de meurtre, ce dernier plonge dans l'univers du jeu où il peut vivre ses fantaisies les plus folles. Cependant, l'enquête sera compromise lorsque des créatures provenant du jeu feront leur apparition dans le monde réel (pas si réel que ça en fait, vu les décors futur-archaïques). La compagnie qui l'emploie se révèle être plus dangereuse que salvatrice pour la population (y en a combien comme ça?) et c'est à Carver qu'il revient de sauver ce qui reste d'humanité si l'avenir lui tient à cœur.

Mais qu'est-ce que c'est que cette (insérez l'injure désirée ici)? On passe d'un thriller de sci-fi copié des meilleurs Philip K. Dick (copiage mastoc de Blade Runner et Minority Report avant son temps) et des pires films de jeux vidéos (pensez immédiatement "Mortal Kombat" rencontre "Double Dragon"). Des décors pareils semblent êtres repris du Dune de David Lynch avec, comme intention, d'en saper toute logique, et c'est ce qui en ressort: aucune hiérarchie, aucune histoire à travers les costumes, les dialogues, les interprètes. Fade en est le tout et décevant en est le produit fini. Si bien qu'il est difficile de concevoir le sérieux avec lequel l'entreprise demeure. De l'action molle pourvue d'effets spéciaux nases. On se serait attendu à mieux si ça n'avait été du titre si évocateur d'un divertissement qui ne vaut même pas le premier degré de l'humour du film. La direction d'acteurs révèle un talent certain à nettoyer les parquets après un flop pareil tandis que les effets de maquillage ne convainquent jamais vraiment. Les trous scénaristiques sont tels que la psychologie s'efface devant une aussi grande bévue. Un travail alimentaire, bref qui ne vaut pas un statut quelconque.

Les extras contenus sur le disque sont composés d'une bande-annonce (panoramique alors que le film est plein écran - ???) et une galerie d'images prises lors du tournage à des fins promotionnelles. Rien de très bavard, branché ou qui justifie l'existence même de ce métrage. La bande-annonce nous révèle la totalité du scénario, la minceur des personnages et combien Michael Paré tente une imitation timorée de Kyle Machlachlan dans le Dune nommé plus haut.

L'image est essentiellement celle d'une VHS masterisée en numérique, quoique de meilleure qualité. On dénote quelques défauts ici et là, témoignant d'une compression douteuse. Des flous sont donc à prévoir ainsi que les poussières en règle en ce qui a trait au résultat. Le son est correct, faisant fuseler de toute part lors des affrontements entre les bons et les méchants (reconnaissables de façon évidente: les bons sont humains, les méchants sont laids). Une telle honnêteté force presque le respect (sarcasme). Les menus sont comme la plupart de ce genre: page principale animée pourvue de musique tandis que le reste demeure fixe et sans aucun ajout. La liste des chapitres demeure morne, ornée seulement des titres plutôt qu'accompagnée des images. Pas le meilleur travail existant.

"Carver's Gate" est tout ce que l'on n'attend pas d'un film: emmerdant, prévisible, moche, effets spéciaux aux limites du ridicule, décors trouvés dans une décharge, scénario trouvé dans une décharge ou écrivain ne sachant pas réécrire quand il le faut, bref, l'ensemble tombe à plat, face contre terre et, telle une pizza réalisant une chute de 92 étages, laisse présager du pire bien avant la mi-chemin.


Cotes

Film2
Présentation5
Suppléments3
Vidéo6
Audio6