The Crazies
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Breck Eisner
Année: 2010
Classification: 18A
Durée: 101 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935837268

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 juin 2010

Il est pratiquement impossible d'innover dans le traditionnel film de zombies. "The Crazies" a beau ressasser tous les clichés du genre avec une efficacité parfois surprenante, reste que le résultat a déjà été vu des centaines de fois... et en beaucoup mieux.

Dans un village perdu des États-Unis, des gens commencent à perdre la tête, s'attaquant à leurs semblables, tuant des membres de leur propre famille. C'est beaucoup trop pour le shérif Dutton (Timothy Olyphant) qui aimerait mettre en sécurité son épouse enceinte (Radha Mitchell). Lorsque l'armée débarque dans la petite localité, il se doute que la situation ne risque pas de s'améliorer. Bien au contraire!

Le synopsis ne semble sortir de l'ordinaire? C'est normal, il s'agit d'une nouvelle version du long-métrage que George A. Romero a concocté en 1973. Cette fois, le père des morts-vivants agit en tant que producteur exécutif et il a confié les rennes du projet au metteur en scène Breck Eisner (celui qui n'a pas du tout convaincu avec son précédent Sahara). L'ouvrage a beau avoir été conçu il y a des dizaines d'années, il demeure cruellement d'actualité, avec ces trop nombreux meurtres suivis de suicides (et dire que les spécialistes accusaient la crise économique), cette pandémie de la grippe H1N1 qui a traversé les frontières (et dont plus personne ne semble se soucier à l'heure actuelle) et cette paranoïa presque généralisée qui fait écho à la guerre du Vietnam... ou de l'Irak.

Là s'arrête l'originalité du propos tant l'ensemble s'apparente à un amalgame de qualité inférieure de 28 Days Later et du mésestimé The Happening. Conscient qu'il est extrêmement difficile d'innover en la matière, le cinéaste se contente d'accumuler les effets chocs. Bien que quelques séquences glacent effectivement le sang, le montage répétitif sent la routine, ne déjouant que trop rarement les attentes. Il y aura beaucoup d'hémoglobine au rendez-vous et si peu de véritables frissons.

La production n'arrive pas à se détacher du peloton pour différentes raisons. La trame narrative, évidemment. Mais également la réalisation qui manque parfois de finition et de vision, recyclant au lieu de proposer quelque chose de nouveau. L'interprétation n'est guère mieux. La plupart des comédiens (et surtout Timothy Olyphant) n'arrivent pas à élever leur jeu. Il faut avouer que la fadeur de leurs personnages penche pour beaucoup dans la balance.

L'image offre pourtant de belles teintes détaillées, une acceptable palette de couleurs et des contrastes étonnants, qui permettent de se perdre efficacement dans les tons de noir. De quoi faire oublier ce grain et ce blocage qui peuvent apparaître sans crier gare. Les pistes sonores, haletantes dans leur façon de recourir aux enceintes (des bruits d'explosions, d'hélicoptères, d'eau et de balles se font souvent ressentir), finissent un peu par empiéter sur la bonne compréhension des dialogues. Bien que la traduction francophone soit correcte, il ne faut pas avoir peur de seulement recourir à de très visibles sous-titres blancs en français ou en anglais.

La déstabilisante pochette aux effets un peu appuyés montre une fillette qui semble résister à une énorme explosion. Le séduisant menu principal du DVD opte plutôt pour un corps inepte, des ombres en mouvement et une musique suffocante. Hormis l'éloquente piste de commentaires du cinéaste qui est très bien fournie en explications de tout genre, les nombreux suppléments se veulent un peu trop superficiels. Il est toutefois possible d'en apprendre un peu plus sur les thèmes en place, les possibles créations de pandémie imaginaire, l'impact de George A. Romero sur la culture populaire, l'application des effets spéciaux et le travail d'orfèvre des maquilleurs. En plus d'une galerie de photos et d'une bande-annonce, quelques extraits du scénario et des segments en scénarimages sont accessibles lors de l'insertion du disque dans un ordinateur.

"The Crazies" un essai à la fois divertissant et beaucoup trop routinier, qui éclipse deux heures de l'existence sans trop ennuyer. Sauf qu'avec un tel canevas, il aurait été possible d'offrir quelque chose d'encore plus captivant et d'haletant. Avec même encore plus d'humour noir et de morbidité, à l'image de ces vieux titres de série B des années 1970 dont se spécialisait David Cronenberg.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments7
Vidéo7
Audio8