Dawn of the Dead / Land of the Dead
Unrated Director's Cut
Universal Studios Home Video

Réalisateurs: Zach Snyder / Georges A. Romero
Année: 2004 / 2005
Classification: 18A
Durée: 110 / 97 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Esapgnol (DD51) / Anglais (DD51, DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20 / 21
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 octobre 2007

Les zombies sont à l'honneur dans ce coffret deux disques qui réunit un duo de films mettant en vedette de gentils morts-vivants. Avec le diptyque "Dawn of the Dead / Land of the Dead: Unrated Director's Cut", les amateurs du genre risquent bien d'être comblés. Mais pendant combien de temps?

Les premiers longs-métrages de zombies se résument à un seul nom: George A. Romero. Il est le père de ces icônes horrifiques, celui qui les a popularisés. Dans les années 60, 70 et 80, il a toujours offert des nouvelles versions, suites ou compléments à sa série immensément populaire. En 1978 sortait Dawn of the Dead, le second volet d'une trilogie. Quelques décennies plus tard, un remake voyait le jour par l'entremise de Zack Snyder. À l'époque, le réalisateur était relativement inconnu (il n'avait pas encore tourné 300) et il s'appliquait à dépoussiérer la matière première de Romero sans réellement innover outre mesure. De quoi réjouir les nostalgiques... et refroidir les gens qui ont découvert le genre par l'entremise du supérieur 28 Days Later.

Le synopsis n'a pratiquement pas changé. Des zombies attaquent les gens (d'où ils viennent? Cela ne sera jamais expliqué) et des survivants se réunissent dans un centre d'achat, attendant leur mort, cherchant un moyen d'échapper au fléau. Ici, l'histoire n'a pas réellement d'importance. Ce qui compte, ce sont les différents moyens de trucider les morts-vivants et il y en a plusieurs. C'est seulement dommage qu'au passage, l'élégante distribution réunie (Sarah Polley, Ving Rhames, ...) ne sert à rien tant les personnages sont caricaturés et sans grande personnalité. À défaut d'avoir peur (il y a peu de frissons), le rire est omniprésent du début à la fin.

"Land of the Dead", le deuxième disque offert dans ce coffret, est concocté par Romero lui-même. Contrairement à ses habitudes, les éléments les plus intéressants ressortent difficilement du lot. Il faut avouer que la prémisse (des zombies cherchent à pénétrer à l'intérieur d'une ville fortifiée) n'a rien de très original. Sauf que le tout a été fait en 2005, deux années avant le surestimé 28 Weeks Later qui reprend sensiblement les mêmes thèmes. Et il y a plusieurs situations intrigantes (des morts-vivants traités comme des animaux domestiques) qui ont été récupérées par la suite, dans le gentil long métrage canadien Fido par exemple. C'est triste que la distribution, qui multiplie les clins d'œil horrifiques (Dennis Hopper pour The Texas Massacre 2, Asia Argento pour son père Dario), serve finalement mal cette intrigue peu efficace.

Ces éditions offrent de belles palettes de couleurs riches et variées, aux teintes appropriées et aux éclairages séduisants. Bien entendu, l'emphase est mise sur le sang qui ressort allègrement. Parfois, des images d'archives peuvent s'insérer, ce qui donne un caractère plutôt réaliste à l'ensemble. Au contraire, des plans sentent un peu trop le préfabriqué et l'abus d'effets spéciaux transforme presque le tout en jeu vidéo. La maîtrise des contrastes est habituellement ciselante, quoiqu'elle ne soit pas toujours parfaite.

L'utilisation du son ne manque pas de pimpant. Les différentes pistes sonores anglophone, espagnole et francophone (ces deux dernières sont seulement incluses sur "Dawn of the Dead") en Dolby Digital 5.1 sont de bonne facture et les différents haut-parleurs sont régulièrement envahis par des cris de gens, des bruits multiples, des élans d'hélicoptère et des balles qui sifflent. Les voix demeurent très audibles et en cas de besoin, les sous-titres blancs dans la langue de Shakespeare, de Molière et de Goya s'avèrent très visibles. La musique, souvent ironique, explore la pop et le folk, devenant stridente et stressante aux moments opportuns. Même si le tout n'est pas très horrifique, les effets sonores sont décuplés, forçant le saut devant des séquences prévisibles et attendues.

La pochette montre littéralement une mer de zombies qui semblent avoir faim. Le menu principal de "Dawn of the Dead" est inquiétant, avec son montage rapide de scènes, ses éclairages flous et sa musique sinueuse. Les suppléments, assez nombreux, naviguent judicieusement entre le trop plein d'informations et le manque de détails. Il y a tout d'abord une introduction un peu quelconque du réalisateur et une piste de commentaires de Zack Snyder et du producteur Eric Newman. Leurs propos, drôles et vivants, risquent d'en apprendre beaucoup sur les éléments en place. Un segment intitulé "Lost Tape" suit les derniers moments d'un personnage en extrapolant sur les faits. Long et un peu inutile. Beaucoup plus pertinent est ce faux documentaire de télévision qui fait amplement rire. Les éternelles scènes supprimées permettent d'entrevoir la vision de l'auteur, alors qu'il est intéressant d'en savoir davantage sur la création des personnages. Les adeptes morbides pourront également se régaler de ces morts-vivants célèbres (et de la façon dont ils meurent) et de ces têtes qui explosent inlassablement. Du n'importe quoi.

"Land of the Dead" offre des hors-d'œuvre qui sont tout aussi succulents. La piste de commentaires de Romero, du producteur Peter Grunwald et du monteur Michael Doherty sait être drôle et sérieuse, demeurant divertissante au possible. Entre une traditionnelle revuette sur la production et des scènes retranchées peu nombreuses, le sens du détail pour le morbide se fait ressentir. Il s'exprime par ces zombies qui dansent sur un numéro musical, cette création des morts-vivants, une compilation des meilleures scènes de carnage et un segment sur les univers qui sont particulièrement lourds. Pour quelque chose de plus vigoureux et de plus nutritif, place à cette journée de travail dans la vie du comédien John Leguizamo, à cette rencontre entre Romero et les créateurs de l'irrésistible Shaun of the Dead, aux multiples comparaisons avec les planches de dessins et à cette juxtaposition de fonds verts à des images de synthèse. De quoi passer amplement le temps sans jamais trop se lasser.

Deux films pour le prix d'un est toujours une bonne idée. Mais pourquoi ne pas en avoir offert trois? Car le récent Shaun of the Dead était beaucoup plus drôle et énergique que ce duo légèrement formaté. Surtout que les trois titres sont distribués par Universal. Peut-être pour la prochaine fois, mais en attendant, les fanatiques d'hémoglobine en auront pour leur argent. À condition de ne pas posséder les précédents DVD, car ce sont les mêmes productions et les mêmes bonus qui sont présents.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio8