Depuis l'Exorcist, réalisé en 1973, les films d'horreur de possession et de combat entre le bien et le mal se succèdent sans jamais atteindre l'efficacité et la frayeur de cette œuvre maintenant devenue un classique. Le dernier venu du lot, "Demon Hunter", tire tout de même bien son épingle du jeu malgré l'absence d'une ligne directrice et de quelques lacunes...
Jake Greyman (Sean Patrick Flanery) est un chasseur de démons. C'est lui qui fait la "job de bras" de l'Église lorsqu'un exorcisme ne fonctionne pas. Sorti récemment vainqueur d'un combat contre le démon qui avait envahi le corps d'une jeune fille et tué le prêtre, Jake est convoqué à nouveau par l'Église pour combattre un démon qui engrosse les prostituées de Los Angeles afin de lui assurer un règne et lui permettre d'étendre ses pouvoirs. Lors de sa mission, une sœur du clergé vient se joindre à lui pour l'aider dans sa quête.
Débutant sur un exorcisme qui tourne mal, le film laissait présager quelques bons moments. Il y en aura, mais il y aura aussi des moments beaucoup moins réussis! D'abord, la sauce horreur est moyennement épicée, nous montrant un prêtre mordu par la fille possédée dès le début du film et les nombreux cas de possession où le maquillage et les masques sont bien travaillés. Le sujet, inspiré de plusieurs films connus, est peu original, mais efficace par le traitement qu'on en fait. Une autre force du film réside dans la réalisation qui nous présente l'histoire sous plusieurs angles de caméras et dans des décors sombrement apeurants. Malheureusement, ces quelques points forts pâlissent devant la piètre performance de quelques acteurs due à des dialogues simplets et beaucoup trop rudimentaires. L'actrice Colleen Porch, qui joue le rôle de la sœur, est très jolie, mais ne cadre malheureusement pas avec ses croyances. Et puis, les scènes de bagarres d'arts martiaux, trop nombreuses, viennent briser le rythme et la tension présente dans le film.
Malgré ces petits défauts, le film est impressionnant du côté technique grâce à un transfert de qualité hautement sophistiquée qui ne laisse aucun défaut ni d'interférence. La piste sonore vient solidifier le tout avec une profondeur appréciable qui vient ajouter une richesse à quelques scènes. Les bonis, pertinents et très intéressants comprennent entre autres, un documentaire sur le tournage qui réunit certains artisans de l'équipe dont Billy Drago et Colleen Porch qui raconte leurs expériences. Je vous conseille de visionner ce boni après le film puisque vous verrez aussi certains trucages qui pourraient nuire à votre écoute. Un autre documentaire porte sur les scènes de combat dont j'ai eu quelques réticences quant à leur pertinence dans le film. Pour terminer, une piste de commentaire qui nous explique certains passages, dont le montage, laissait un peu à désirer. L'actrice Nancy Yoon explique aussi sa réaction lorsqu'elle a tourné les scènes de nu. Si le film est inégal, la pochette ainsi que le menu laissent présager le contraire notamment grâce à l'image qui donne des frissons et qui pique la curiosité.
Même si le film manque à quelques moments de finesse, il reste tout de même abordable et laisse présager de meilleurs œuvres de la part de ce réalisateur.
| Film | 6 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 8 |