Après avoir fait sa marque comme réalisateur de films de genre à petit budget dans les années 50 et 60, Roger Corman établit par la suite sa place dans l'histoire du cinéma comme étant LE producteur des films de série B par excellence. En donnant sa chance à des dizaines d'artistes et de créateurs qui eux passeraient ensuite aux séries A (John Landis, Jonathan Demme, James Cameron, etc.) il s'assurait aussi le respect de ses pairs et des amateurs des films de genre.
Depuis quelques années Corman s'était fait plutôt discret et travaillait dans l'ombre. Or voici que depuis un an et un peu plus, il fait un retour remarqué avec une série de longs-métrages pour la télévision mettant en vedette des monstres géants attaquant et dévorant des vacanciers sur des îles paradisiaques. Après Dinoshark et autres Megaoctopus vs Giant Shark, Corman nous revient avec l'extravagant "Dinocroc vs Supergator"!
Bien évidemment, rien de neuf sous les tropiques. Les monstres géants résultants d'expériences génétiques ou de catastrophe nucléaire sont l'apanage des scénaristes de films de série B depuis l'invention du latex et même avant. Corman lui-même en réalisa ou produisit plusieurs. On n'a qu'à penser à Humanoids From the Deep ou Piranha sortis récemment en Blu-ray. Mais il faut croire que la demande pour ce genre de produit est encore là puisque le producteur en tourne à la pelle.
"Dinocroc vs Supergator", le dernier en liesse pour Corman n'est ni meilleur ni pire que le précédent et probablement que le suivant! La formule est toujours la même: De jolies filles en bikini - qu'elles gardent cette fois-ci! Télévision américaine et puritanisme des années deux mille oblige - de beaux bonhommes bien bronzés et musclés, un père appelé à se sacrifier pour sauver sa fille docteure ou chef de police, des pistolets, des bateaux à moteur, quelques vacanciers victimes du ou des monstres et un méchant à la tête de tout ce carnage.
"Dinocroc" n'échappe pas à la règle. Sur une île du pacifique, une jeune et jolie garde chasse qui travaille avec son papa shérif rencontre un beau brummel inspecteur écologique enquêtant sur les expériences génétiques d'un consortium occulte mené par Drake (David Carradine dans un de ses derniers rôles). Lorsque les deux créatures géantes modifiées génétiquement dont ont a tiré le titre vachement original du film s'échappent, tout se beau monde tentera de les arrêter avant qu'elles ne mangent tous les habitants et les touristes de l'île.
Si on aime les films de série B et qu'on ne les prend pas trop au sérieux, "Dinocroc vs Supergator" est un bon divertissement télévisuel. Malgré ses effets spéciaux limités, ses acteurs limités et son originalité limitée, le film de Jay Andrews est assez amusant. La bataille finale entre les deux titans est par contre de peu d'intérêt et l'aspect trop propret et "politically correct" (pas de sexe, pas de nudité, pas de drogues, etc.) le placent en deçà des films d'exploitation des années 70 et 80 pour les connaisseurs.
Visuellement, le transfert est très bien réussi et le résultat est excellent. On a des couleurs chaudes et une netteté de l'image remarquable . Les détails sont minutieux et les contours sont nets. Pour l'audio, on a aussi fait un travail impeccable. Les dialogues sont bien servis par le travail de numérisation et on distingue bien la palette de fréquences. Il n'y a pas de supplément à proprement parler sur ce disque.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |