Le nom de Roger Corman restera à jamais associé aux films de série-B qu'il réalisa et produisit dans les années 70 et 80. Pour beaucoup ce visionnaire du film de genre à petit budget est disparu depuis longtemps, possiblement mort et enterré. Mais à la surprise générale, à plus de 85 ans, Monsieur Corman est non seulement bien en vie, mais toujours actif dans le milieu du cinéma. Comme preuve, la sortie sur disque bleu chez Anchor Bay de son dernier opus, "Dinoshark".
Et comme son titre le laisse deviner, ce film produit par Corman pour la télévision et réalisé par Kevin O'Neill s'inscrit dans la lignée de films de monstres marins associés au nom de Corman. On pense à Piranha, Humanoids from the Deep, Up from the Depths et autres chefs-d'œuvre (!!!) du maître. Mais malheureusement pour ce dernier opus de Corman les films susmentionnés ont au moins l'avantage d'avoir été faits il y a trente ans et peuvent se prévaloir de l'effet nostalgie et du look vachement attirant des longs-métrages de l'époque. Par contre, "Dinoshark" avec ses effets par ordinateur passablement ratés, son scénario réchauffé et ses acteurs minables ne peut jouer la carte du charme d'une époque révolu. Il apparaît donc exactement comme il est, c'est-à-dire un travail bâclé et vite fait surfant sur la réputation de son producteur pour vendre sa salade.
Cela dit, le divertissement est tout de même au rendez-vous (ce qui pour moi est vrai de pratiquement tous les films de monstres, peu importe leur qualité!), et les quelques séquences d'action plairont aux adolescents de tous âges. Je conseille tout de même d'ingurgiter une bière ou douze - ou toute autre substance altérant votre prise sur la réalité - pour bien rigoler avec les dialogues horribles et les séquences dramatiques clichées. Bref, un film mineur à visionner en groupe dans un mode festif.
La fonte des glaciers en Alaska libère des créatures préhistoriques qui y étaient enfermées depuis des millénaires. Avide de revanche (pas vraiment mais ça donne de la dimension au personnage!) un de ces monstres marins descend jusque sur la côte mexicaine, à Puerto Vallarta, pour terroriser les touristes présents. Et comme personne ne croit à la version avancée par un jeune capitaine de bateau ayant vu la créature (Eric Balfour, le pire acteur de tous les temps!), les autorités traitent les attaques comme celles d'un simple requin. Ça prendra le courage et la débrouillardise du jeune homme et de la pitoune de service (Iva Hasperger) pour venir à bout du requin-dinosaure.
La qualité d'image et de son du film est excellente. Malgré l'ensemble de couleurs assez saturées et l'apparence visuelle classique, une belle chaleur des tons et une profondeur du détail donnent de l'ampleur à l'image. La bande son est aussi excellente avec ses divers ajouts d'effets sonores la rendant très vivante. Les plages de fréquences sont aussi bien reproduites, permettant de bien appuyer les ambiances émotionnelles de chaque séquence. En suppléments, on retrouve un commentaire audio de Roger Corman et de sa femme Julie, co-productrice du film.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |