Sur le nombre incroyable de films d'horreur qui sortent chaque année - au cinéma ou directement sur DVD - il va de soi que la qualité varie grandement. Bien que certains réussissent à faire des recettes phénoménales (pour le genre s'entend) au cinéma, il faut bien avouer que la majorité d'entre eux rentreront dans leur argent une fois le DVD ou le Blu-ray sorti. Ou mieux, ceux qui seront assez populaires pour générer une ou douze suites engrangeront alors les millions. Ce qui ne veut pas dire que ces derniers soient supérieurs aux autres au niveau cinématographique.
Dans le cas du disque bleu "Horror Double Feature" qui sort chez Warner ces jours-ci, on a réuni deux films du genre qui, bien qu'ils n'aient pas généré de suite ni n'aient atteint le statut de classiques, restent tout de même assez populaires auprès des amateurs d'horreur. L'idée de mettre ensemble sur le même disque deux longs-métrages ayant marqué des générations différentes (un est de 1992 et l'autre de 2007) prouve aussi que le genre n'est pas confiné aux adolescents comme on le croit trop souvent. Et de plus cela permettra de faire découvrir aux plus jeunes un "vieux" film et aux vieux croulants (dont je suis!) un truc plus récent.
"Dr Giggles" avait connu un certain succès à sa sortie il y a presque vingt ans. Par le charisme de son comédien principal Larry Drake et l'incongruité de son personnage, mais aussi par les nombreux meurtres juteux variés qui meublent le film de Manny Coto, le long-métrage avait réussi à se démarquer de ses pairs et à captiver une bonne tranche des amateurs du genre. Bien que le scénario ne réinvente pas le film de terreur, l'inclusion d'une ambiance légèrement déjantée et le fait que beaucoup des meurtres soient commis en plein jour lui donnent un petit côté charmant qui manquait alors à ses compétiteurs.
Le scénario raconte l'histoire d'un patient qui s'échappe d'une clinique psychiatrique et retourne sur les lieux de son enfance où il décide de suivre dans les traces de son père en tuant des victimes et en volant leur cœur. Mais comme cette affaire est bien loin, personne ne veut croire les jeunes ayant été témoin du retour du Docteur (son père en fait était vraiment docteur, lui ne prétend que l'être), il faudra une quantité incroyable de décapitations et d'éviscérations avant que les autorités se mettent à enquêter.
"Otis" pourrait à bien des égards être considéré comme un digne descendant de ce bon "Dr Giggles". Une ambiance noire, mais humoristique, des répliques parfois drôles et un personnage central déjanté, mais sympathique, le film Tony Krantz se démarque lui aussi de la pléiade de films d'horreur sortis en même temps. Mettant en vedette des comédiens chevronnés comme Daniel Stern et Ileana Douglas qui apportent une dimension comique au propos plutôt sérieux du scénario, le long-métrage peut certainement se targuer d'avoir une des plus belles trouvailles narratives qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps dans ces films qui fonctionnent souvent en mode pilote automatique. Le quiproquo est ici porté à son paroxysme pour notre plus grand plaisir pervers...
Otis est un garçon totalement taré qui livre des pizzas et kidnappe de jeunes filles. Après les avoir enfermées dans sa cave, il leur demande de recréer des moments de sa vie auxquels il n'a pu assister vu sa timidité et son manque total de savoir-faire auprès des dames. Que ce soit la première séance de baisers dans la voiture stationnée en face du belvédère, la cheerleader amoureuse du quart-arrière ou la soirée de graduation, il croit qu'en mettant en scène ces événements ses otages tomberont follement amoureuses de lui comme cela aurait dû se passer dans la vraie vie. Lorsque les parents de sa dernière "conquête" décident de faire leur propre enquête en voyant que la police piétine, les choses se morpionnent pour ce bon vieux Otis...
La qualité d'image et de son des films est excellente. On retrouve une belle chaleur des tons et une profondeur des détails qui donnent de l'ampleur à l'image. Les bandes son sont aussi excellentes avec les effets sonores vivants et la dimension supplémentaire apportée par le son 5.1 dans le cas d'Otis. Les plages de fréquences sont aussi bien reproduites, permettant de bien appuyer les ambiances de terreur de chaque séquence. Il n'y a pas de supplément sur ce disque.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 9 |