Attention, cette critique est plutôt longue puisqu'elle comporte trois films... en revanche, elle ne contient aucun gras trans.
Véritable phénomène "Grindhouse" des années 80, "Friday The 13th", originalement titré "Long Night At Camp Blood" (Longue nuit au camp sanglant), se voulait être un film copiant la formule initiée par le Halloween de John Carpenter (un aveu de Sean S. Cunningham lui-même). Le succès escompté aurait été que le ciné-parc soit plein et que le film tombe dans l'oubli histoire de se rentrer dans son argent. Seulement, l'histoire, comme vous devinez, n'est pas intervenue de la sorte. Le film a dépassé toutes les espérances, amassant en salles près de 78 millions de dollars! Peu après, le studio était convaincu: des suites étaient "nécessaires".
Pour ceux qui ont vu le film 1457 fois, veuillez noter qu'il se peut que je révèle des secrets, donc si vous voulez conserver la surprise, cessez de lire ici. Le premier film se déroule ainsi: un jeune nommé Jason (en version française, il s'appelle Jackie...?) s'est noyé dans le lac Crystal et quelqu'un s'en prend aux jeunes venus retaper le camp à l'abandon depuis que des phénomènes étranges s'y sont produits: feux de forêt, empoisonnement de l'eau du lac, etc. En peu de temps, les adolescents en viennent à comprendre qu'une personne ou quelque chose les traque pour continuer de préserver le camp fermé et le terrain abandonné. Le second fait presque dans la même sauce: le jeune qui s'est noyé n'est pas réellement mort (il a retenu sa respiration durant 30 ans dirait-on... asthmatiques, gare à vous) et retourne traquer des adolescents en chaleur qui ignorent les mises en garde émises par les autorités (il y en a beaucoup comme ça). Pour le troisième, c'est la même chose que le second et le premier, sauf qu'ici, un élément de nouveauté s'impose: pas le 3-D, mais le MASQUE DE JASON!!! Wow, ça valait la peine de tourner le film!:)
Avant Saw, les "Friday the 13th" sortaient presque religieusement chaque année aussi, dans une copie reprenant le même format que le premier (Saw n'est même pas parvenu à s'acquitter d'une aussi minime tâche, se contentant d'édulcorer la formule). Forcément, à la longue, la sauce goûte le réchauffé qu'on a ensuite régurgité qu'on a finalement noyé dans de l'eau pour enlever le goût. Le premier est indubitablement le meilleur puisqu'il a été fait avec les moyens du bord et révèle une certaine ingéniosité pour tirer le meilleur parti des décors disponibles. Qui plus est, il a mis sur la carte Kevin Bacon (plus tard, le premier Nightmare on Elm Street révélera Johnny Depp dont on excusera la coupe de cheveux, 1984 oblige). Bien sûr, les acteurs ne semblent pas très convaincants, peu enclins à croire à ce projet, certains qu'il est destiné aux oubliettes. Seule Adrienne King parvient à émettre une variété d'émotions crédibles et à rendre son personnage attachant. Le second film est un peu moins bon puisqu'il reprend exactement les mêmes éléments du premier, les mêmes personnages, mais ces derniers sont unidimensionnels et on attend seulement le moment où ils crèveront sous l'arme blanche de Jason. Ce dernier arbore un sac de patate sur la tête et puisqu'il a une tête hydrocéphale, il est facile de le mystifier pour le Elephant Man de David Lynch, sorti l'année d'avant. Pour le troisième, oubliez ça, c'est nettement inférieur et ça n'indique qu'une chose: la série est en déclin et ne verra pas son plein potentiel achevé avant les parties 4 et 6 (pas le 5!!!), considérées comme les meilleures suites de la série.
Autre sujet tabou dans la série, la censure. Pour le premier, présenté pour la première fois dans une version non-censurée, nous pouvons finalement voir les 10 SECONDES coupées (pas grand chose, majoritairement du gore), qui n'amènent absolument rien à l'histoire. Cependant, le second film a écopé d'un sévère exemple: près d'une minute d'effets d'horreur (réputés perdus pour toujours) ont été coupés et Paramount a raté l'occasion d'offrir à ses fans les trois rééditions en versions intégrales. Néanmoins, si Paramount se décide d'agir autrement, ils peuvent se reprendre pour le 4, le 6, 7 et 8... à moins qu'ils ne veuillent que ressortir les trois premiers.
Les suppléments sont répartis sur les deux premiers films avec des revuettes variées telles: Une piste de commentaires avec Sean S. Cunningham et les acteurs du premier (très vive mais le principal intéressé n'aime pas se rappeler ça et son commentaire s'en ressent), des nouvelles histoires du plateau de Vendredi 13, une réunion de Vendredi 13, un court-métrage "Lost Tales from Camp Blood" partie 1, une revuette avec Sean S. Cunningham (dont on peut constater qu'il a de bons souvenirs de l'expérience, mais qu'il n'aime pas ressasser le passé, ce qui explique son absence relative des conventions et tout ce qui se nomme "Friday the 13th") et la bande-annonce. Le second film propose une incursion dans le livre "Crystal Lake Memories", une revuette sur la convention de Vendredi 13, le court-métrage "Lost Tales from Camp Blood" partie 2 et la bande-annonce (manque une piste de commentaires pour compléter le tout, Paramount!). Le troisième, quant à lui propose, tenez-vous bien: pour la première fois, le film en 3-D véritable (et puisque je ne peux voir le 3-D avec ces lunettes, nul doute que ce bonus ne m'est d'aucune utilité) et la bande-annonce... et c'est tout. C'est vache surtout que le film est réputé pour présenter Jason avec son masque légendaire pour la première fois.
Le transfert vidéo est honnête, mais la haute définition n'a pas été pensée lors du tournage puisque maintenant, on voit un peu plus les délimitations du maquillage spécial d'horreur. Cependant, la profondeur est très bien respectée, la palette de couleur jamais sursaturée et les actions sont très précises. On remarque d'ailleurs une nette différence entre le coffret d'origine proposé et ces récentes éditions. Côté sonore, les films sont bonifiés d'une bande-son en 5.1, ce qui aide lors des moments de panique ou lorsque la musique survient lentement. Malgré cela, on nous offre encore un français en mono sans même d'amélioration aucune. C'est décevant surtout venant du fait que nos voisins français ont déjà les mêmes doublages en 5.1. Donnons-nous la main et offrons à TOUT spectateur le son qu'il mérite, pas un élément qui semble avoir passé dans du beurre et écouté dans le fond d'une casserole rouillée. La cote sonore est d'ailleurs très affectée pour ce manque d'effort. Et ça ne s'améliore pas pour les menus puisque vous n'avez qu'à retirer le titre de la pochette, mettre les options sur le côté et vous avez tout, en plus de la trame sonore de Harry Manfredinni. C'est peu. Et puis au juste, c'est quoi cette pochette? L'affiche initiale n'était pas déjà parfaite?
"Friday the 13th" est un excellent film. Pas par ses dialogues, ni par sa mise en scène boiteuse, mais par l'ambiance qui s'en dégage, la musique, son suspense qui se bâtit peu à peu et s'incruste dans votre chair jusqu'à ce que vous n'en puissiez plus. Paramount rééditera-t-il les autres films de la série? Si c'est pour ressembler à celle du troisième film, je dis non merci. Ceux qui ne possèdent pas déjà les films peuvent plonger sans risque dans cette version, supérieure en tout point à la précédente. Tapez-vous également l'excellent documentaire His Name Was Jason et vous pourrez vous targuer d'en connaître autant que les fans les plus maniaques.
Le remake de Marcus Nispel, prévu le Vendredi 13 février 2009, me donne plutôt envie et j'espère pouvoir vous en redonner des nouvelles lors d'une éventuelle sortie DVD.
| Film | 8/7/5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 7/7/1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |