Ginger Snaps 3: The Beginning
Séville Pictures

Réalisateur: Grant Harvey
Année: 2004
Classification: 18A
Durée: 114 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
5 octobre 2004

Les amateurs de films d'horreur n'associent pas la pleine lune aux passions amoureuses, mais à un autre phénomène pas mal moins romantique appelé lycanthropie. Trouvant son origine dans le folklore et la légende, cette transformation de l'homme en créature mi-homme, mi-loup a servi de trame à de nombreux films depuis les années 30. Depuis le classique The Wolf Man (1941), en passant par The Howling et An American Werewolf in London en 1981, jusqu'à l'hybride Underworld en 2002, où les vampires et les loups-garous en viennent aux prises. Curieusement, le Canada n'étant pas reconnu pour ses incursions dans le genre, l'excellent Ginger Snaps nous est arrivé en 2002 comme une agréable surprise. Original et moderne, doté d'un scénario solide et de deux actrices de talent, ce film a su insuffler une bouffée d'air frais à un genre qui piétinait depuis un bon moment. Peu de temps après une suite fort réussie, Ginger Snaps: Unleashed, réalisée au début de 2004, voilà que le dernier volet de cette trilogie fait son apparition, "Ginger Snaps 3: The Beginning".

Il ne s'agit pas ici d'une suite aux films précédents, mais bien d'un prologue. L'histoire se passe donc au 19e siècle, où on retrouve les deux soeurs Ginger (Katherine Isabelle) et Brigitte (Emily Perkins) perdues dans les bois après avoir survécu au naufrage du bateau durant lequel leurs parents ont péri. Elles rencontrent un chasseur Indien qui les amène à un fort isolé où les habitants, peu hospitaliers, qui n'ont pas reçu de provisions depuis des mois, vivent barricadés en proie à la peur. Elles apprennent que les bois sont infestés de loups-garous qui attaquent le fort de façon régulière. Le danger guette aussi à l'intérieur et Ginger sera mordue. Les deux soeurs tenteront alors de sauver leur peau avec l'aide du chasseur et d'une vieille Indienne qui croit savoir comment combattre le mauvais sort.

Le film n'est pas mauvais, mais comme prologue il n'est absolument pas crédible. Nos deux soeurs parlent et agissent exactement comme dans les deux films précédents alors que nous sommes en 1815! Alors comment diable se sont-elles retrouvées là? Avec une machine à voyager dans le temps? De plus, elles passent la première heure à se demander quel est donc ce mal qui afflige le fort et ses environs alors que nous savons très bien qu'il s'agit de loups-garous. La moitié du film sert donc à créer un suspense qui n'existe pas. Rajoutons à ça les considérations spirituelles nouvel âge qui servent d'explication au mystère et on perd tout le charme, l'originalité et l'humour macabre des deux premiers films pour tomber dans les clichés. Heureusement, les prestations convaincantes des deux actrices que l'on retrouve avec plaisir, ainsi que les effets "gore" plutôt réussis viennent sauver la mise.

La présentation vidéo est adéquate bien que, contrairement à ce qui est indiqué sur la jaquette, l'image n'est pas optimisée pour les téléviseurs 16:9. Celle-ci y perd un peu en netteté, mais les couleurs sont chaudes et naturelles et le contraste et le rendu des noirs demeurent excellents. L'image légèrement granuleuse, loin de nuire, ajoute un certain charme d'époque à la production. On note cependant un certain niveau d'accentuation des contours qui peut être dérangeant sur un téléviseur de grandes dimensions. Côté audio, la trame sonore est très dynamique, offrant une séparation des canaux très nette et des effets ambiophoniques impressionnants qui remplissent parfaitement l'environnement auditif sans jamais noyer les dialogues. Je n'ai noté aucune distorsion dans ces derniers, toujours clairs et facilement audibles. Les menus sont discrètement animés (voir la distorsion des visages) et accompagnés de musique troublante à souhait.

Pour débuter les suppléments nous retrouvons une piste audio commentaires avec le réalisateur Grant Harvey, le scénariste Stephen Massicotte et le monteur Ken Filewich. L'atmosphère est détendue, le ton enjoué, et ils nous parlent de la conception du projet, des problèmes rencontrés quand on tourne un film à petit budget, du tournage lui-même, des scènes qu'ils ont dû couper à regret et, avec un peu de recul, de ce qu'ils auraient aimé faire différemment. Intéressant et informatif. Ensuite, nous avons droit à deux scènes coupées et à deux scènes étendues que l'on peut visionner telles qu'elles ou avec le commentaire audio du réalisateur. La qualité vidéo de ces scènes laisse cependant à désirer. Plusieurs courts documentaires sont également offerts. En premier lieu, "Grant Harvey's Video Diary" nous offre un aperçu du travail et des idées du réalisateur avant et pendant le tournage. "Wolfboy" nous montre le processus de transformation (maquillage, prothèses) d'un jeune acteur en loup-garou. Dans "Blood + Guts + Fire", on voit comment plusieurs effets "gore" et effets spéciaux ont été obtenus. "Production Design" s'attarde à la réalisation des décors dans le contexte historique de la production. Dans "Costume Design", le designer Alex Kavanagh nous parle des costumes et de la difficulté de donner le look voulu aux acteurs tout en respectant les critères d'époque. Finalement, "Fun on the Set" nous présente une série de "bloopers" nous montrant des portes qui ne s'ouvrent pas, une hache en caoutchouc qui plie en deux, et les acteurs s'amusant sur le plateau. Une galerie photo et la bande-annonce du film Ginger Snaps: Unleashed viennent compléter les suppléments.

Si on oublie qu'il s'agit là d'un prologue aux deux autres films, "Ginger Snaps 3: The Beginning", malgré ses défauts, demeure une coche au dessus de la plupart des films du genre et satisfera probablement les amateurs occasionnels. Les purs et durs et les fans des deux premiers films risquent cependant d'être déçus.


Cotes

Film6
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Vidéo6
Audio8