Alexandre Aja et Grégory Levasseur se sont rencontrés sur les bancs d'école et leur passion réciproque pour le cinéma les a amenés à collaborer sur quelques films, dont Furia. Si les deux acolytes travaillent ensembles à l'écriture d'un film, le premier s'engage à le réaliser alors que l'autre préfère s'occuper de la direction artistique. En 2003, ces deux mordus ont concocté "Haute tension" excellent film d'horreur d'une rare intensité qui fait couler beaucoup de sang et également beaucoup d'encre de par la ressemblance de son scénario à celui du livre de Dean Koontz intitulé Intensity. Enfin, plagiat ou non, je ne suis ni juge ni jury pour débattre de cette question, mais critique de DVD et à cet effet, j'ai vraiment quelque chose d'intéressant à vous entretenir.
"Haute tension" raconte l'histoire de Marie (Cécile de France) qui va passer un week-end à la ferme isolée des parents d'Alex (Maiwenn), sa meilleure amie, question d'être tranquille pour étudier. L'espace d'une nuit, un tueur complètement dément massacrera tous les membres de la famille d'Alex et kidnappera cette dernière, laissant au passage que désolation, boucherie et Marie qui veut absolument sauver son amie.
De par sa facture juteuse et par son montage très serré, ce film n'est pas sans rappeler quelques classiques d'horreur des années 1970 dont The Texas Chainsaw Massacre et 2000 Maniacs pour ne citer que ceux-là. Le réalisateur mentionnait qu'il voulait faire un film qui sorte du moule des films d'horreur ironiques très à la mode par les temps qui courent, pour revenir aux sources avec un "Survival" qui nous tient en haleine du début à la fin. Eh bien, nous pouvons dire mission accomplie, car ça fait des lunes que je n'ai pas vu un film aussi angoissant, voire insoutenable. L'atmosphère qui s'y dégage est à trancher au couteau et la musique d'ambiance s'acquitte admirablement bien de sa tâche et rehausse chaque moment. Pour vous dire, j'y ai laissé tous mes ongles! Les amateurs de films "Gore" sont également servis à souhait, car croyez-moi, nous avons droit à tout un bain de sang. Il faut également citer le jeu très efficace de la jeune comédienne Cécile de France troublante et déroutante dans le rôle de Marie ainsi que Philippe Nahon qui interprète de rôle du tueur, lui qui avait également campé un rôle très noir dans le film Seul contre tous de Caspar Noé et qui voulait se défaire de cette image. Heureusement que le cinéaste a trouvé les bons mots pour le persuader, car son personnage nous glace littéralement le sang. Le film exerce un virage à 180 degrés vers la fin et si certains d'entre vous risquent d'être déçus par cet exercice, je l'ai trouvé drôlement efficace et intelligent. Bref, "Haute tension" c'est 91 minutes de frayeur, bien arrosé de sang sur lequel planent une déroutante sensualité et une subtile intelligence.
Christal Film annonce un transfert vidéo de ratio 1.78:1 sur la pochette du DVD, mais c'est bel et bien et heureusement la version originale 2.35:1 qui s'y trouve. Le transfert est de très bonne qualité et le fait que la plupart des images tournées le furent de nuit, une certaine granularité les accompagne. Cette texture donne toutefois au film une ambiance encore plus sombre, voire ténébreuse. Le volet audio est des plus bordéliques et la seule façon respectable d'écouter ce film est en choisissant sa trame originale française non censurée de format Dolby Digital 5.1. Le mixage sonore est extrêmement dynamique et les sons ambiants fusent de toutes parts nous donnant l'impression d'être au beau milieu de ce carnage. Les dialogues sont facilement audibles et justes alors que les cris sont des plus stridents. Si vous avez le goût de vous arracher les cheveux pendant que tout le monde se fait massacrer, vous pouvez également sélectionner la trame anglaise non censurée qui contient de l'anglais et du français. La seule immersion totale en anglais se fait via la trame anglaise censurée de 45 secondes de boucherie, mais elle est traduite avec peu d'inspiration. Donc, comme je vous le mentionnais plus tôt, c'est en français que ça doit se passer.
Une trame de commentaires animée par le réalisateur et son acolyte de toujours lance le bal des suppléments. Une pluie d'anecdotes sur le tournage nous attend et les deux compères se plaisent à relater les inspirations derrière certaines scènes et l'éternel problème de budget qui attend les films d'auteur. Une autre trame de commentaires partielle, attenante à cinq scènes du film et commentée par le réalisateur et sa vedette principale nous permet de creuser l'aspect de la direction artistique. Il y a cependant un gros problème à ces deux trames, car elles sont commentées en anglais par nos amis français dont l'accent rend à peine compréhensible une partie du propos. Une revuette sur les dessous du tournage du film nous permet de constater les conditions de tournage difficiles dans lesquelles les deux comédiennes se sont prêtées. "Dans les coulisses" se veut un complément de huit minutes au documentaire précédent mettant l'emphase sur les techniques utilisées pour rendre ce film si stressant. "Magie du maquillage" nous parle du sublime travail réalisé par Giannetto de Rossi, le génie derrière l'univers cosmétique, si important aux films d'horreur. Quelques bandes-annonces complètent le tout. À noter que toutes les revuettes offrent un mélange de commentaires exprimés en anglais et français et que des sous-titres anglais ou espagnols les accompagnent au besoin.
"Haute tension" est un retour aux "Slasher Movie", genre qui a fait le bonheur des maniaques de films d'horreur durant les années 1970. Je vous recommande fortement ce film qui nous tient en haleine du début à la fin. Par ailleurs, les nouveaux fans d'Alexandre Aja seront heureux d'apprendre qu'il a été mandaté par la compagnie Fox pour réaliser la nouvelle version du classique de Wes Craven intitulé The Hills Have Eyes.
| Film | 8 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |