Il semble que dès qu'il y a un dollar à faire dans le domaine de l'horreur, il se trouve quelqu'un pour en profiter. Cette série de films a vu son étoile se ternir en s'allongeant inutilement, provoquant du même coup la chute du mythe et l'intérêt des fans. Ce huitième épisode oublie complètement les personnages des récits précédents, part vers des horizons franchement vus mille fois pour aboutir dans une finale en queue de poisson. De dire qu'il s'agit du pire de la série est un peu exagéré, mais il y a de fortes lacunes qui ne peuvent être évitées.
Un jeune homme confiné dans un sous-sol entreprend de résoudre l'énigme de la boîte casse-tête. Quelques jours plus tard, ses amis assistent à son enterrement. Les cinq personnages en question se dispersent, certains prenant le blâme de la mort plus que d'autres. Sur Internet, un jeu en ligne intitulé à juste titre "Hellworld" les rapproche tous. Les cinq amis gagnent une invitation spéciale à une fête organisée par le webmestre en la personne de Lance Henriksen. Dès que la soirée est commencée, les jeunes ont "vite" compris qu'ils ne sont pas réellement des invités ordinaires et que ce rassemblement pourrait bien être leur dernier. Rapidement, Pinhead vient mettre son petit grain de sel dans la partie, mais son rôle est bien plus accessoire que digne du personnage initié en 1987.
Rick Bota signe ici un film pauvrement réalisé dans l'urgence. La bande d'acteurs dénichés pour les rôles respectifs des jeunes adolescents offrent des prestations plutôt molles, laissés à eux-mêmes par un réalisateur visiblement fatigué du contrat de tourner ces films. Le rythme apparaît beaucoup plus lent, pourvu d'un 95 minutes qui lui donnent l'air de 110. La psychologie des personnages laisse véritablement à désirer quant à leur mentalité tracée au crayon caricatural. Nous n'avons visiblement plus affaire à une jeune femme victime des spectres de son passé ou de ses craintes telles que filmées brillamment par Clive Barker. Doug Bradley, revenu interpréter Pinhead pour une huitième fois consécutive, doit réellement avoir besoin de cet argent pour accepter de voyager en Roumanie et se laisser guider par un metteur en scène plus intéressé à terminer son projet que par la qualité de celui-ci. Fait intéressant, avec Robert Englund dans le rôle de Freddy Krueger, Doug Bradley est le second personnage d'horreur à n'avoir jamais changé de visage ou d'interprète.
Des bonis présents sur le film précédent, on en retiendra seulement quelques-uns dont: "Ticket to Hellworld", un documentaire rapide d'une quinzaine de minutes qui relate les difficultés de tourner en Roumanie et faire face à une météo plus exigeante qu'ici. On retrouve également une piste de commentaires par Rick Bota, Joel Soisson, Nick Phillips et Gary J. Tunnicliffe, tous apportant leurs impressions sur ce qui semble être le dernier film d'une série qui s'est prolongée bien trop longtemps. Bien sûr les propos sont intéressants, s'arrêtant surtout envers les défis d'un tournage en Roumanie, mais on aurait souhaité que le DVD regorge d'extras comme son prédécesseur Hellraiser: Deader. Les menus sont figés, sans musique et ne sont pas représentatifs des films desquels ils sont tirés, soit à l'image des suppléments: à peine suffisants.
On se serait attendu à mieux avec un film distribué directement en vidéo, mais la facture définitive demeure réglementaire sans plus. Les clairs-obscurs sont bien respectés, les couleurs ne dépassent pas d'une saturation pourtant très élevée tandis qu'une fine poussière demeure visible tout au long du métrage, ce qui est ennuyeux. Le son, toujours en Dolby Digital 5.1 est bien est joue sur les enceintes correctement. Cette fois, l'expérience sonore est bien balancée. À un tel point que l'on aurait préféré que le film soit modelé sur le son lui-même, donc presque irréprochable, hormis quelques taches sonores qui viennent parfois gâcher une scène.
"Hellraiser: Hellworld" est la preuve plus ou moins vivante qu'une série de films doit savoir s'arrêter un jour. Avec un script ressemblant aux films précédents, des meurtres on ne peut moins imaginatifs, il est difficile de croire qu'un tel projet ait eu le feu vert, peu importe son coût, et le résultat sur galette numérique témoigne ardemment de son essoufflement. Il faut être un fan avide de ce genre de film pour pouvoir l'apprécier, ce qui est plutôt rare. La phrase fétiche de Pinhead a toujours été "We have such sights to show you" (traduction: nous avons de telles vues à vous proposer). On le remarque bien, cette expression est désormais révolue. Repose Ici Péniblement.
| Film | 5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |