Le cinéma italien de série B des années 70 et 80 fût remarquable autant par son sens de l'innovation dans les domaines de l'horreur et de la science-fiction à petit budget que par sa tendance à plagier sans vergogne les films à succès américains et européens. Pour promouvoir son pastiche, on pouvait même parfois aller jusqu'à mettre un "2" à la suite du titre du film original, faisant ainsi croire qu'on était en présence de la suite officielle! Les producteurs de "Last House on the Beach" n'allèrent pas jusque-là, mais décidèrent tout de même de copier le succès underground de Wes Craven de 1972, Last House on the Left et de l'affubler d'un titre et d'un scénario similaires.
Franco Prosperi réalise donc cette version édulcorée mettant en vedette Ray Lovelock (Aldo) et Florinda Bolkan (la nonne). Le film raconte l'histoire d'un trio de voleurs de banque qui, lors d'un larcin s'étant terminé en fusillade, se réfugie dans une villa chic sur la côte méditerranéenne. Or cette villa est présentement louée par un groupe de collégiennes et leur chaperon, une nonne progressiste. Les brigands séquestrent donc la bande d ‘adolescentes le temps de réparer leur voiture, mais la tension monte rapidement entre les mâles bourrés de testostérone et les jeunes pucelles. Lorsque l'une d'elles réussit à blesser l'un des malfrats, le vase déborde et s'ensuit une série de viols, meurtres, violences physiques et psychologiques et autres horreurs habituelles au genre. Les jeunes filles réussiront-elles à aller chercher de l'aide? La bonne sœur réussira-t-elle à apaiser les machos violents? L'homme blessé finira-t-il par crever? On s'en sacre-tu!!!?
Bien que le film soit réalisé correctement, on y retrouve tous les clichés qui font que ce qui semblait épeurant et stylisé à l'époque nous semble maintenant risible: les scènes de viols au ralenti, les points de vue des victimes sur leur agresseur dément, la nudité gratuite, le conflit interne chez un des brigands hésitant entre le bien et le mal, la musique électronique atmosphérique et le jeu caricatural des comédiens. Cela dit, le long-métrage de Prosperi n'est pas totalement mauvais, juste ordinaire. Tous les ingrédients y sont et la recette est efficace, mais malheureusement trop peu pimentée pour mes papilles, surtout que depuis cette époque on s'est ouverts sur une cuisine d'horreur internationale beaucoup plus originale...
En supplément on retrouve deux bandes-annonces du film ainsi qu'une bonne entrevue de son comédien principal et vedette du genre en Italie, Ray Lovelock, discutant sa carrière en général et ce film de Prosperi en particulier.
Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est bien fait, mais la copie utilisée est un peu abîmée. Les couleurs sont pas mal délavées et manquent de punch. On assiste aussi à quelques changements de couleurs brusques dans certains plans. Par endroits la pellicule est légèrement rayée, mais en gros le négatif est en assez bon état.
Pour l'audio, il est toujours décevant d'avoir seulement la piste anglaise et non celle originale italienne. On a donc plus de misère à s'imprégner de l'ambiance du film, car les voix et la piste sonore originale se mélangent assez mal faute d'homogénéité entre les deux équipes de travail. En fait, on imagine assez bien les acteurs américains dans un studio de son minable à des milliers de kilomètres du lieu de tournage et enchaînant un film de série B minable après l'autre avant de rentrer à la maison le soir embrasser femme et enfants! Cela dit, le son du DVD est tout de même acceptable. On a fait un effort pour ramener les petits bruits dérangeants à l'avant-plan, augmentant ainsi l'étrangeté de l'ambiance sonore et ajoutant une petite touche angoissante au long-métrage.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |