Let Me In
Alliance / Overture

Réalisateur: Matt Reeves
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 115 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935842675

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 janvier 2011

Deux ans à peine après sa sortie en salles, l'excellent film suédois Let the Right One In devient "Let Me In" pour son remake américain. Bien que le cinéaste Matt Reeves en offre une version fidèle et satisfaisante, l'ouvrage s'adresse principalement à ceux et à celles qui n'aiment pas les sous-titres.

Dans une ville perdue du Nouveau-Mexique, le jeune Owen (Kodi Smit-McPhee) est le souffre-douleur de ses camarades de classe. Pour se sortir de son marasme, il se lie d'amitié avec sa nouvelle voisine Abby (Chloë Grace Moretz) qui ne sort que la nuit. Ces deux adolescents de 12 ans souffrent en silence et ils devront affronter leurs démons s'ils veulent laisser une chance à leur amour grandissant.

Petit retour dans le temps en 2008. Pendant que le public s'enflamme pour les aventures de Twilight, le cinéphile se délecte de Let the Right One In de Thomas Alfredson, probablement le meilleur film de vampires des dernières décennies. Cette découverte qui a mis le feu aux poudres de plusieurs festivals (dont Fantasia) a reçu un accueil critique dithyrambique lors de son passage dans les salles québécoises, obligeant son distributeur à sortir pas moins de trois éditions différentes du DVD, notamment avec des sous-titres anglais et français et des doublages dans les langes de Shakespeare et de Molière.

Ce succès n'est pas passé inaperçu à Hollywood où Matt Reeves (celui à qui l'on doit le pénible Cloverfield) a été dépêché à faire une nouvelle version de ce long-métrage qui s'inspirait des écrits de John Ajvide Lindqvist. Comme l'effort de Jim Sheridan sur le Brothers de Susanne Bier, la transposition demeure dans l'ensemble très fidèle à l'original. Les puissants thèmes développés sont les mêmes (la perte de l'innocence, la solitude propre à l'adolescence, le désir de vivre normalement malgré ses différences, etc.), tout comme le climat de poésie et de sensibilité qui découle des situations.

Étrangement tout ce qui a été rajouté ne tient pas toujours la route. L'introduction qui joue avec la temporalité brûle trop rapidement une surprise malgré sa belle entrée en matière. Les clins d'œil à Roméo et Juliette semblent appuyés, tout comme ces réflexes de montrer plus de sang et d'exacerber les sentiments entre les deux personnages principaux. En changeant quelques moments d'action, Reeves parvient à créer un spectaculaire accident de voiture. Il ne tient pourtant pas son pari jusqu'au bout, sabordant une conclusion particulièrement précipitée.

Le réalisateur se reprend d'une belle façon grâce à sa mise en scène fignolée. La qualité de la photographie est stupéfiante, étant bercée par une superbe partition musicale de Michael Giacchino qui s'inspire fortement de celle de Seven et des compositions mythiques de Bernard Herrman. Tous les interprètes sont bien dirigés, et au sein d'une distribution talentueuse comportant Richard Jenkins et Elias Koteas émane Chloë Grace Moretz qui confirme sa grande prestance après Kick-Ass, et Kodi Smit-McPhee qui fait oublier son jeu un peu trop larmoyant de The Road.

L'angoissante atmosphère est rendue possible grâce aux grands soins des pistes sonores en Dolby Digital 5.1 qui ne lésinent pas sur les enceintes, y faisant ressortir des grondements et du vent, des craquements et des aboiements. Pourtant à tout moment les voix sont claires et les dialogues s'entendent parfaitement. Le doublage francophone est également de qualité, tout comme les sous-titres blancs. Les images comportent un surprenant niveau de détails qui s'exercent à la fois sur les couleurs (plusieurs teintes sont à la limite du sépia) et les contrastes (homogènes à souhait). Le rare grain qui peut demeurer s'oublie presque instantanément.

La pochette bleue et blanche à l'effigie de l'héroïne est accompagnée d'une jaquette en plastique ornée de sang! Le menu principal du DVD est composé d'un éloquent montage de scènes et d'une mélodie tout à fait appropriée. Les suppléments regroupent un intéressant documentaire sur le tournage, un dossier sur les effets spéciaux, une analyse d'un moment fort, trois séquences supprimées qui ne sont pas négligeables, des photographies variées (des différentes affiches, de la production...) et une bande-annonce. C'est toutefois lors de la piste de commentaires que Matt Reeves se livre, faisant des liens entre l'histoire et son enfance.

Une étrange impression demeure. À quoi bon faire un remake d'une oeuvre qui a seulement deux ans et qui se retrouve dans n'importe quel club vidéo ou magasin le moindrement spécialisé si ce n'est pour rien offrir de nouveau en retour? Au moins, le remake est de qualité et "Let Me In" finit ultimement par convaincre par ses images de grande qualité, sa trame sonore du tonnerre, le soin de ses interprètes et quelques séquences habilement orchestrées (l'accident de voiture, le segment à la piscine).


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio8