The Lost Boys
Two-Disc Special Edition
Warner Home Video

Réalisateur: Joel Schumacher
Année: 1987
Classification: 14A
Durée: 97 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
1er septembre 2004

Le genre horreur est un créneau inépuisable que le 7e art a exploité de toutes les manières. Au début, dans les années d'or de la Universal (1930-1945), seule l'exploitation du paranormal (vampire, zombie, momie, etc.) suffisait pour attirer un auditoire et le fait de lui injecter une bonne dose de frissons suffisait pour qu'il en redemande. Toujours considérée comme des films de série B, une nouvelle vague de films apparut dans les années 1970. Si certains films de zombie allaient passer au rang des films culte Dawn of the Dead, Zombie, ceux s'attaquant au vampirisme allaient exploiter le filon de l'érotisme léger en préconisant des scénarios où des victimes bien en chair, décolleté à l'appui, allaient mourir d'un plaisir épicurien. Le Dracula le plus célèbre de cette époque, Christopher Lee, a glissé son regard à d'innombrables reprises sur ces appas divins avant d'ancrer ses canines maléfiques dans le cou de ses victimes. Ce cinéma de formule fonctionna de nombreuses années avant de s'essouffler. En 1987, le réalisateur Joël Schumacher allait courir le risque de faire un film de vampires en l'adaptant aux adolescents et en l'identifiant à une génération, pari qu'il allait gagner haut la main en réalisant le culte "The Lost Boys". Après tout, il y a une énorme similitude entre les vampires et cette jeunesse, car tous deux aiment faire la fête pendant la nuit pour dormir la journée durant.

"The Lost Boys" débute quand une mère célibataire (Dianne Weist) emménage à Santa Carla avec ses deux fils, Sam (Corey Haim) et Michaël (Jason Patric) dans le but de refaire sa vie. Elle va y retrouver son père, homme aux manières étranges qui exerce le métier de taxidermiste. Les deux adolescents ne mettront pas de temps à découvrir que les gens se comportent bizarrement dans cette ville, surnommée capitale mondiale du meurtre par ses citoyens. Michael aura le béguin pour Star (Jami Gertz) et fera la connaissance d'une bande de jeunes marginaux dont le leader (Keifer Sutherland) l'initiera aux plaisirs de la nuit, du sang et de l'immortalité. Sentant cette nouvelle réalité grandir en lui, il se tournera vers le benjamin dans le but de trouver un remède à l'hémorragie vampirique qui l'envahit.

La véritable force derrière ce film est son ambiance très années 80, sa musique rock, ses décors très léchés et son rythme constant. Jonglant habilement entre l'horreur et l'humour, ce film a comme seul soucis, de divertir son auditoire. Keifer Sutherland en seigneur de la nuit, campe un rôle phare qui le propulsera au sommet de sa profession. En contrepartie, la fusion des genres et la variation que le réalisateur apporte au mythe du vampirisme lui seront reprochées par de nombreux détracteurs friands de films sanglants et gore.

Pour cette édition spéciale, Warner nous offre une image entièrement rematricée. Les couleurs sont nettes, vives et paraissent très naturelles. La texture de l'image est sans impuretés et possède un peu de granularité sur certains plans tournés la nuit. Malgré son appellation Dolby Digital 5.1 de la piste sonore anglaise, peu d'ambiophonie se manifeste sur cette trame. Sauf pour quelques moments où des bruits environnementaux et de la musique résonnent à travers les enceintes arrière, nous avons droit à une trame très majoritairement axée sur l'avant. Les dialogues sont facilement perceptibles et la très abondante trame musicale, très années 80, se fusionne correctement à cette reconstitution d'époque. Le menu est dynamique et nous présente successivement les principaux personnages du film à travers un filtre rouge sous une musique de circonstance. La navigation entre les options se fait sans heurt.

Les suppléments sont à l'honneur dans cette édition à commencer par une trame de commentaires du réalisateur qui réside sur le premier disque. Il parle de son casting, de l'endroit où il a filmé et des défis de tourner avec des adolescents et de se conformer à un budget restreint. Sans être une trame de référence, le réalisateur réussit à rendre cet exercice intéressant. Le deuxième disque déborde d'information. Un documentaire de 23 minutes intitulé "The Lost Boys: A Retrospective" se veut une réminiscence de la part de l'équipe de tournage et des comédiens. "Inside the Vampire's Cave" d'une durée totale de 18 minutes est composé de quatre revuettes ; "A Director's Vision", "Comedy vs Horror", "Fresh Blood: A New Look at Vampires" et "The Lost Boys Sequel" nous renseigne sur les péripéties entourant le tournage de ce film, par exemple le fait que Warner n'avait aucune idée que le film était humoristique. Une option nous permet de lancer les quatre revuettes en cascade. Un documentaire instructif de 13 minutes sur l'art du maquillage est décrit par le concepteur des effets spéciaux, section maquillage du film, Greg Cannom.

"The Lost Scenes" se veut une série de seize scènes supprimées d'environ 15 minutes, la plupart étant des extensions et qui n'apportent pas grand-chose de plus à l'histoire. Nous avons aussi droit à une galerie de photos majoritairement axée sur le maquillage. Une autre section intitulée "The Return of Sam and the Frog Brothers" met l'accent sur les trois jeunes adolescents du film, ardents défenseurs contre les forces du mal. C'est de loin, le moins intéressant des suppléments surtout quand les deux Corey (Haim et Feldman) se lancent des fleurs à qui mieux mieux. Le documentaire "World of Vampires" est le plus intéressant du lot et raconte le mythe du vampirisme à travers le monde. C'est en naviguant sur une mappemonde que l'on peut en apprendre plus sur les récits du seigneur de la nuit. Le vidéoclip de la chanson "Lost in The Shadows" interprétée par Lou Gramm (Foreigner) et la bande-annonce du film concluent ce plus qu'exhaustif segment. À noter qu'aucun encart ne fait partie de cette édition spéciale, fâcheuse pratique qui semble devenir une tendance parmi les studios.

"The Lost Boys" est un bon film d'horreur qui a, à sa façon, relancé le genre horreur en utilisant les adolescents comme protagonistes, en lui insufflant un humour contagieux et en lui donnant un look très moderne légèrement gothique. Habilement monté et raconté, il saura vous faire passer quelques bonnes heures et même créer quelques frousses à l'occasion. Pour ceux et celles qui risquent l'insomnie après le visionnement de "The Lost Boys", sachez que la compagnie Warner a pensé à vous en offrant assez de suppléments pour vous accompagner toute la nuit. C'est donc chaudement que je vous recommande ce bon divertissement, très stylisé, plus drôle qu'apeurant.


Cotes

Film7
Menu7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7