Maniac [Blu-ray]
30th Anniversary Edition
Blue Underground

Réalisateur: William Lustig
Année: 1980
Classification: NR
Durée: 88 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD51, DD51EX), Français (DD20), Italien (DD20), Allemand (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 827058700399

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
22 octobre 2010

Sévèrement censuré et décrié pour sa violence graphique extrême à sa sortie en 1980, le film d'horreur "Maniac" de William Lustig nous revient enfin en version intégrale, courtoisie des spécialistes du genre, Blue Underground. Et comme c'est presque toujours le cas chez ce distributeur, ils se sont fendus en quatre (à coup de hache!?) pour nous offrir une édition Blu-ray superbe bourrée de suppléments. Bien entendu ça aide quand le président du conseil d'administration du distributeur n'est autre que le réalisateur lui-même!

La plupart des amateurs du genre s'entendent pour dire que ce qui fait la qualité d'un film c'est à la fois l'ambiance terrifiante lorsqu'on sait que le tueur va frapper de nouveau, l'originalité des crimes et la quantité de sang qui gicle à chaque meurtre. Le reste - jeu des acteurs, nombre de filles nues, musique, etc. - c'est du crémage sur le gâteau. Mais heureusement, certains scénaristes et metteurs en scène croient encore à l'importance d'intégrer un aspect plus cinématographique à leurs films. Ainsi Joe Spinell et William Lustig, les deux principales forces derrière "Maniac", le premier comme acteur principal, producteur et scénariste et le second à titre de réalisateur et producteur, ont construit le film non pas autour des assassinats perpétrés par Frank Zito (clin d'oeil à Joseph Zito, un autre réalisateur de films d'horreur?), mais bien autour de sa personnalité. Il est vrai que les meurtres extra sanglants ajoutent bien entendu au plaisir, mais ce qui fait la force de "Maniac" c'est surtout la performance de Spinell en psychopathe meurtrier à tendances schizophrène. Son jeu en retenue et la bataille qui se livre dans son esprit aident le film à se démarquer des autres titres du genre où on brode une histoire autour d'une série de décapitations ou mutilations sanglantes.

Cela dit, on est bien loin des films de Bergman ou de Bernard Émond pour ce qui est de la profondeur des personnages, mais il fait tout de même bon de voir un film d'horreur qui pense à construire son personnage avant de le faire jouer avec des couteaux et des haches. Et donc, outre les massacres bien juteux (la séquence de la tête de Tom Savini, le spécialiste des effets spéciaux devenu ici acteur d'un jour, explosant au ralenti est assez mémorable) la popularité du film tient sûrement à ce plus que Spinell et Lustig ont donné au long-métrage.

L'histoire se résume ainsi. Un homme ayant été maltraité et abusé par sa mère lors de son enfance, tue des jeunes femmes de différentes façons en les scalpant par la suite. Il rentre alors chez lui et coiffe ses mannequins de leurs cheveux tout en dialoguant dans sa tête avec sa mère décédée. Mais lorsqu'il débute une relation amoureuse avec une photographe (Caroline Munro), il devra tenter de faire taire ces voix qui le poussent à commettre ses crimes.

Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert 2K (le double de la qualité de la haute définition en gros) est bien fait. Surtout qu'on a utilisé le négatif original tiré des voutes, ce qui garantit la meilleure qualité de départ possible. Les nuances de noirs et de gris sont excellentes, le peu de couleurs vives et présentes et les détails sont surprenants pour un film de trente ans. Il va sans dire que le travail de restauration est excellent et nous démontre la pleine capacité du Blu-ray, même quand il s'agit d'œuvres assez peu récentes. Pour l'audio on a aussi fait un bon nettoyage et on a redonné une seconde vie à cette bande son en créant les pistes 7.1 et 5.1 qui amplifient les bruits ambiants et donnent de l'ampleur aux voix dans la tête du tueur. La musique est aussi très bien placée dans cet espace audio.

En suppléments, outre les deux pistes de commentaires - l'une avec Lustig et le producteur Andrew W. Garroni et l'autre avec Lustig, le responsable des effets spéciaux Tom Savini, le monteur Lorenzo Marinelli et l'assistant du comédien principal Luke Walter - on a inclus un deuxième disque rempli de bonnes choses. Tout d'abord quatre nouvelles entrevues avec les artisans du film Caroline Munro, Tom Savini, le compositeur Jay Chattaway ainsi que les auteurs de la chanson thème de Flashdance, "Maniac", que Michael Sembello et Dennis Matkosky avaient composé en pensant au film de Lustig. Pas besoin d'être un génie pour savoir que les paroles originales ont dû être changées pour l'intégrer au film avec Jennifer Beals! De "He's a maniac, maniac that's for sure, and he'll nail your cat to the door" les deux auteur-compositeurs en ont tiré "She's a maniac, maniac on the floor, and she'll dance like she never danced before"! Comme quoi le recyclage c'est payant! En plus de ces quatre entrevues, on retrouve une revuette sur l'acteur-scénariste Joe Spinell décédé quelque temps après le tournage, une sur la controverse entourant la sortie du film à l'époque, des séquences tournées et assemblées par Spinell pour une suite qui ne fut jamais produite ("Mr Robbie: Maniac 2") et la pléthore de bandes-annonces, affiches, pubs radio et télé et autres gadgets de mise en marché. De tout pour tous ... à condition d'être en âge!


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments9
Vidéo9
Audio9