Martyrs
Les Films Séville Pictures / E1 Entertainment

Réalisateur: Pascal Laugier
Année: 2008
Classification: R
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212100918

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
10 juin 2009

Alors que le cinéma d'horreur américain nous matraque de suites et de remakes et que celui en provenance d'Asie n'en finit plus de s'auto plagier, la France surfe sur une vague extrême qui a revitalisé un genre qui avait bien besoin de sang neuf. Beaucoup de sang... Après Haute Tension, À l'intérieur, Ils et Frontière(s), voilà que nous arrive "Martyrs", un long-métrage viscéral qui repousse les limites du mauvais, ou du bon goût, selon vos préférences.

France, début des années 1970. Lucie (Mylène Jampanoï), une jeune fille de 10 ans qui a été kidnappée et torturée par des inconnus, réussit à s'évader. Traitée par des médecins et des psychiatres, Lucie devient de plus en plus distante et introvertie, les traumatismes qu'elle a vécus la poussant vers la paranoïa. Elle ne fait confiance à personne, sauf à Anna (Morjana Alaoui), une fille de son âge avec qui elle s'est liée d'amitié à l'hôpital. Quinze ans après avoir été enlevée, Lucie pense avoir trouvé les coupables. L'heure de la vengeance a sonné.

Réalisé par Pascal Laugier, "Martyrs" est un film en deux actes, la vengeance de Lucie et la torture... J'évite de vous en dire plus, pour ne pas vendre la mèche. Le premier est plutôt réussi et prend l'allure de certains films d'exploitation des années 1970 comme The Last House on the Left. Ça explique probablement pourquoi le cinéaste a décidé de situer l'intrigue à cette époque. Sauf que contrairement aux films d'horreur typiques du genre, le personnage de Lucie est ambigu et on ne sait pas trop si elle est complètement folle ou si elle a réellement trouvé les vrais coupables. Le spectateur ne saura pas trop comment aborder le personnage et cet élément de mystère vient enrichir l'intrigue, malgré quelques invraisemblances.

Malheureusement, le second acte, presque insupportable, s'enlise dans un récit métaphysique philosophico-religieux qui frise le ridicule, simple prétexte à des scènes de torture qui n'en finissent plus, presque sans dialogues, où le spectateur est confiné au rôle de voyeur. Il ne faut pas chercher un message quelconque ou un commentaire social sur la violence au cinéma, comme dans Funny Games par exemple, il n'y en a pas. Les deux actrices principales, qui ont dû en suer un coup, se tirent fort bien d'affaire et le spectateur reconnaitra quelques acteurs locaux (Catherine Bégin, Robert Toupin, Patricia Tulasne et même Xavier Dolan) dans des rôles secondaires puisque le film a été tourné au Québec.

Le transfert proposé sur cette édition est dans les normes. La palette de couleurs est intentionnellement glauque et grise, cette froideur sombre n'étant perturbée que par les explosions d'hémoglobine et certains effets d'éclairage. La pellicule est granuleuse, mais le niveau des contrastes et des détails est acceptable. Je n'ai pas noté de problème de compression ou d'accentuation des contours. La piste audio est dynamique et agressive et les effets ambiophoniques viennent appuyer l'ambiance générale et les nombreuses scènes de violence. Les graves manquent un peu de punch, mais en général, l'environnement sonore est équilibré. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard et le menu principal reproduit en gros plan l'image du boîtier, où on aperçoit le regard effrayé des deux actrices principales, dont les vêtements sont souillés et couverts de sang. Malheureusement, aucun supplément n'est offert à part la bande-annonce et deux "teasers". Dommage, puisque l'excellent documentaire "Organic Chronicles: The Making of Martyrs", est inclus sur l'édition de Genius Products distribuée aux États-Unis.

Violent, cruel et excessif, "Martyrs" saura satisfaire les amateurs de cinéma extrême, mais après un début prometteur, le film a du mal à convaincre en seconde partie, qui n'est rien d'autre qu'un exercice de voyeurisme. Âmes sensibles s'abstenir.


Cotes

Film5
Présentation3
Suppléments1
Vidéo7
Audio8