Misery
Collector's Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Rob Reiner
Année: 1990
Classification:
Durée: 107 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
6 octobre 2007

Misery, un des livres les plus populaires de Stephen King, a été adapté au grand écran en 1990 avec beaucoup de succès. Dix-sept ans plus tard, place au "Collector's Edition" qui offre plusieurs bonus intéressants.

Un auteur à succès (James Caan) qui vient de terminer son dernier roman a un accident de la route dans un terrible blizzard. Il est secouru et soigné par l'infirmière Annie (Kathy Bates). Cette femme, qui est également sa plus grande fan, décide de le faire chanter. Paul devra écrire son meilleur bouquin, à défaut de se faire brutaliser. Refusant de croire ce qui lui arrive, mais cloué à son lit, le pauvre homme tentera l'impossible pour s'échapper des griffes de son bourreau.

Le cinéaste Rob Reiner s'y connaît dans la transposition des écrits de Stephen King. En 1986, il offrait l'excellent Stand by Me et un de ses films sérieux les plus acclamés a été "Misery" quatre années plus tard. Comme toujours, il suit à la trace les mots d'un des écrivains les plus célèbres du millénaire, changeant au passage quelques éléments, raccourcissant le tout, évitant les détails trop nombreux et fastidieux. Par sa mise en scène simple et efficace, il campe solidement une atmosphère lourde, davantage axée sur la violence psychologique que sur l'horreur pure. Un choix très conséquent qui permet de développer un suspense prenant, naissant d'un schéma classique et désuet.

Au sein de ce scénario qui se résume à peu de choses, ce sont les comédiens qui font le succès (ou l'échec) du long-métrage. De ce côté, le duo est tout à fait convaincant. Kathy Bates, lauréate d'un Oscar pour ce rôle peu orthodoxe, est parfaite en femme qui peut balancer dans la folie en quelques secondes. Autant elle arrive à être sympathique en gentille, autant elle provoque des frissons en méchante, surtout lorsqu'elle est armée d'une masse et qu'elle veut tester les réflexes de son patient! Ce dernier, campé avec retenue par James Caan, apporte de la fragilité à un personnage plus introverti, une victime qui se rebelle et qui ne se laisse pas emporter par les doutes. À l'extérieur de cette strate privée se trouvent des personnages secondaires moins importants (Lauren Bacall, Richard Farnsworth) qui apportent néanmoins de l'humour aux situations.

Étrangement, même si le sujet est sombre, c'est la couleur blanche qui est la plus présente à l'écran. Elle s'exprime par une neige étouffante et des pièces glacées qui enveloppent les protagonistes. La qualité des contrastes est indéniable et les autres teintes demeurent harmonieuses, comme ce rouge sang qui ressort sans difficulté. Un peu de blocage apparaît toutefois sur les chandails rayés de l'écrivain. La douce musique au piano devient de plus en plus inquiétante et stressante, suivant la mutation d'Annie vers la folie. Même si James Caan n'articule pas beaucoup, les voix sont aisées à saisir et la traduction francophone est tout à fait convenable. Au pire, il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais et en espagnol pour faciliter la compréhension. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 aurait pu être plus développée. Hormis des coups d'éclair, il y a peu d'éléments qui s'échappent des différents haut-parleurs.

La pochette et le boîtier du film sont loin d'être sains. Il y a une Kathy Bates, visage possédé, qui tient une masse ou un couteau, et qui semble vouloir visiter son fan numéro un. Brrr! Un petit livret explique brièvement l'époque où le tout est sorti sur les écrans. Le menu principal du DVD est un montage de scènes en mouvement avec une dactylo et une mélodie qui fait glacer le sang. Les suppléments sont nombreux. Il y a deux pistes de commentaires. Dans la première, le réalisateur Rob Reiner parle de sa voix un peu drabe de ce qui l'a inspiré en y allant souvent dans les détails. Chez la seconde, c'est le timbre sonore encore plus ennuyant du scénariste William Goldman qui explique avec précision les similitudes et les différences avec le livre original. C'est bien d'avoir les deux côtés de la médaille. Il y a ensuite un documentaire de 30 minutes sur le tournage. L'homme qui a également offert This is Spinal Tap explique sa fascination pour King, les acteurs discutent du projet, etc. Un brin long, mais intéressant. Le compositeur Marc Shaiman dissèque son travail sonore, relevant les enjeux principaux et ceux qui sont plus secondaires. Les autres segments sont fondés sur le sujet du long-métrage : des gens, connus ou non, qui se font harceler par un proche ou un admirateur. Il y a donc un dossier sur les harceleurs, des conseils pour les victimes, des moyens de reconnaître ce qui ne va pas, une courte liste en forme de journal sur les inconvénients de la célébrité et même des articles stipulant de quelles façons la loi et la justice peuvent protéger les gens. Enfin des options qui sortent des sentiers battus! Le tout se termine par deux potables bandes-annonces.

"Misery " est sans aucun doute une des dix meilleures transpositions d'un roman de Stephen King au cinéma. L'atmosphère de suffocation est développée à souhait et les interprètes donnent des performances de haut vol. Et en terme de DVD, ce "Collector's Edition" offre suffisamment de bonus pour garder en appétit la plupart des fans.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7