Night Train
E1 Entertainment

Réalisateur: Brian King
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 81 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212101205

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
20 juillet 2009

Hommage aux films noirs des années 1940 et 1950, "Night Train" rappelle que l'être humain est corruptible, et que la quête d'argent le poussera à des comportements qui dépassent l'entendement. Un bel exercice de style qui manque malheureusement de profondeur.

Dans un train le soir de Noël, un mystérieux passager décède soudainement, laissant derrière lui un objet d'une valeur incommensurable. Au lieu de prévenir la police, le chauffeur (Danny Glover), un vendeur alcoolique (Steve Zahn) et une intrigante jeune femme (Leelee Sobieski) décident de se débarrasser du corps et de garder le magot. Difficile de se faire confiance entre inconnus, surtout lorsque des éléments extérieurs viennent perturber ce qui devait être si simple et évident.

Ce sujet vieux comme le monde, remis au goût du jour par l'incroyable Shallow Grave de Danny Boyle en 1994, était la marque de commerce du vénérable cinéaste John Hudson. Dans ses classiques des années 1940, il confrontait l'être humain à son plus grand prédateur: lui-même. C'est un peu ce schéma qu'emprunte le réalisateur Brian King dans ce huis clos fauché qui aurait très bien pu tenir la route. En effet, le suspense fonctionne allègrement, les dialogues ne lésinent par sur l'humour noir et l'interprétation d'ensemble est particulièrement relevée: notamment par Danny Glover en vieil homme mélancolique qui aimerait bien s'extirper de sa condition sociale.

La linéarité de l'intrigue gâche toutefois le plaisir. Les personnages sont tellement peu développés et peu étoffés qu'il n'est toujours pas aisé de se soucier de leur sort. Pire encore, les rebondissements prévisibles gâchent la sauce, et ce qui aurait très bien pu être une méditation sur la vie et les valeurs au contact de cette boîte de Pandore se transforme, dans la dernière ligne droite, en un banal long-métrage parsemé de morts. Sans s'attendre à un nouveau et excellent Cube, le potentiel de l'intrigue s'avère court-circuité par un développement sans grande inspiration.

De prime abord, la musique rythmée et mélodique de Henning Lohner amène émotions et suffocations. Sauf qu'elle est beaucoup trop abondante, et à force d'en abuser, elle finit presque par gâcher l'impact de scènes déjà fortes. En revanche, les pistes sonores anglophones demeurent efficaces, avec cette neige, ces coups de feu et ces wagons qui vibrent aisément des différentes enceintes. Les voix, parfaitement claires, peuvent bénéficier de très visibles sous-titres en anglais ou en espagnol. Les solides images sont accompagnées d'une étonnante palette de couleurs et des contrastes précis qui prennent beaucoup d'importance lorsque les ombres de l'âme humaine s'accaparent de la lumière. Pourtant, tout n'est pas parfait. Une certaine blancheur semble s'accaparer des visages, leur donnant un effet fantomatique.

La pochette sciée en trois montre les principaux protagonistes dans leur état non naturel. Plus poétique est le menu principal du DVD qui offre un vibrant montage de scènes sur une sombre mélodie. Les suppléments qui dépassent les 50 minutes de matériels sont composés de la traditionnelle bande-annonce, d'une série de jolies photographies qui défilent automatiquement, d'un documentaire sur le tournage expliquant les tours de passe-passe du metteur en scène qui devait composer avec un budget réduit, et de huit entrevues avec la distribution et l'équipe technique. Leurs propos, généralement intéressants, sont cependant handicapés par un montage saccadé.

"Night Train" est une excellente idée mal développée qui oublie d'offrir quelque chose de nouveau en retour. C'est déjà beaucoup de réunir un train cauchemardesque, une atmosphère lourde, des comédiens convaincants et un climat de tension, mais à force de rester en surface et de multiplier les cadavres plutôt que d'investir la psychologie des personnages, il est normal de se sentir largué et de vouloir descendre à la prochaine station.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio7