Lorsque le réalisateur Richard Donner voulut tourner "The Omen" à l'époque, peu de gens croyait au succès du film. Les studios Fox reconnaissant le talent de Donner voulurent lui donner une première chance avec un maigre budget de 2,8M$ dont 250 000$ pour le salaire de Gregory Peck et 25 000$ pour le compositeur Jerry Goldsmith qui gagna l'année suivante l'Oscar pour la meilleure trame sonore. Classé comme un des meilleurs films d'horreur de l'histoire du cinéma, "The Omen" nous arrive maintenant dans une édition de collection et retravaillée numériquement.
Il est né le 6e jour du 6e mois à la 6e heure. Depuis des siècles, le retour de l'antéchrist sur la terre se fait annoncer et le monde catholique se prépare à une telle éventualité en portant attention aux signes révélateurs de son arrivée. D'après le Livre des Révélations, Satan apparaîtra sur la terre sous une forme humaine. Lors de la naissance de leur fils, Damien, Robert Thorne (Gregory Peck) ne peut annoncer à sa femme que ce dernier est décédé lors de l'accouchement. Il décide donc, par l'entremise de l'Église d'en adopter un qui naquit au même moment. L'échange gardera son secret jusqu'à ce que le jeune Damien soit pris dans plusieurs incidents qui feront croire peu à peu que cet enfant est finalement l'antéchrist, destiné à détruire le monde.
Avec un acteur de la trempe de Gregory Peck, le film était assuré d'un certain succès, mais personne n'aurait pu prévoir les 60$ millions rapportés au box-office. Peck qui n'avait pas travaillé depuis cinq ans, avait accepté l'offre de Donner après que son rôle fut proposé à Roy Scheider et Charlton Heston. Avec son regard mystérieux et son charme incontesté, Peck accomplit un travail colossal et nous transporte dans l'ambiance inquiétant d'un vrai film d'horreur. Le jeune Damien, joué par Harvey Stephens (dont la carrière cinématographique s'est limitée à ce film), est particulièrement efficace lorsqu'il lance des regards sataniques à ses futures victimes. Comme pour le tournage de The Exorcist, on ne peut passer sous silence la malédiction qui affecta le plateau. D'abord, l'acteur Gregory Peck et le scénariste David Seltzer tous deux à bord d'un avion, furent touchés par la foudre au même instant, mais pas dans le même avion.
Les chiens Rottweilers engagés pour les besoins du film attaquèrent brusquement leurs maîtres sans raison apparente. Puis finalement, l'hôtel où Richard Donner séjournait fut victime d'une attaque terroriste et plusieurs personnes furent tuées. Heureusement, Donner avait été retenu sur le plateau pour des raisons inconnues.
Déjà présente sur le marché dans une version remplie de bonis, cette nouvelle édition arrive à point pour la sortie du remake en salle. Visuellement, il existe toujours quelques défauts puisque l'édition précédente manquait de coloration et de justesse dans les contrastes. De plus, quelques taches noires et de petits cheveux venaient souvent perturber la définition de l'image. La piste sonore française n'est pas parfaite non plus puisque les bruits de frottement (encore un peu présents) sont encore audibles par moment. Pour cette édition, une nouvelle gravure numérique aurait été bien accueillie. La musique du compositeur Goldsmith est toujours mise en évidence et elle contribue efficacement à l'ambiance angoissante du film. À première vue, le menu nous apparaît peu pratique puisqu'il nous présente qu'une partie des bonis sur chaque page. Par contre, l'aspect thématique y gagne, car le cinéphile n'a qu'à descendre les flèches de sa télécommande pour y voir apparaître les options.
Les bonis sont nombreux pour cette édition et comme s'il n'y en avait pas assez sur l'édition précédente, Donner et son équipe nous ont gratifiés de quelques autres pour l'édition du collectionneur. D'abord, une introduction au DVD faite par le réalisateur Richard Donner, passionné, qui nous donne le goût d'aller plus loin. Quelques-uns des incidents mentionnés plus haut sont racontés dans un documentaire appelé "Curse or coincidence". On y retrouve aussi une piste de commentaires avec Donner et le scénariste Brian Helgeland qui nous racontent le travail ardu qui a nécessité plusieurs révisions d'écriture. Le compositeur Jerry Goldsmith, surpris par les acclamations de la trame sonore nous entretient dans un court documentaire de la façon dont il s'est pris pour composer la musique devenue légendaire depuis. Il faut admettre que les scènes retranchées et commentées m'ont laissé plutôt indifférent. Pour terminer, on y retrouve un long documentaire sur le phénomène "The Omen" et les différentes croyances autour de la manifestation du diable et une courte appréciation du réalisateur Wes Craven auteur de plusieurs films d'horreur.
Si vous avez cinq films d'horreur à voir dans votre vie, il est certain que "The Omen" doit faire partie de cette sélection. La prestation intense de Gregory Peck et l'intrigue bouleversante (maintes fois imitée) entourant le petit Damien ont fait beaucoup parler à l'époque et risque de faire encore des siennes avec la sortie du remake.
| Film | 10 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |