"Perkins' 14" s'autoproclame comme étant une révolution cinématographique, puisqu'il est le premier long-métrage entièrement créé avec la collaboration du public. Par l'entremise du site web Massify.com, les internautes pouvaient soumettre leurs votes chaque semaine pour déterminer les constituants du film. Ainsi, le scénario, les acteurs et méthodes de promotion du film ont soigneusement été choisis par le public. Le mélange final est étonnement homogène, et offre un spectacle horrifique satisfaisant.
Dix ans après le kidnapping de son fils, l'officier Dwayne Hopper tente toujours tant bien que mal de trouver des indices qui le mèneront vers son enfant. Une nuit, alors qu'il effectue un tour de garde à la prison de la ville, ses soupçons se tournent vers Ronald Perkins, un homme mentalement instable tout juste interné. Son attitude suspicieuse intrigue Hopper, qui commettra l'erreur fatale d'aller visiter le sous-sol de la maison du prisonnier.
Sans être d'une grande inventivité, "Perkins' 14" est une alternative intéressante au film de zombie typique. Alors que le premier acte sera probablement perçu comme étant lent et sans grand intérêt, il permet toutefois d'établir la condition psychologique du personnage principal (interprété avec une étonnante conviction par Patrick O'Kane). La réalisation de Craig Singer est à ce moment stable et posée, avant de devenir plus agitée et dynamique alors que débute le deuxième acte. À partir du moment où les créatures sont libérées, le film prend une tournure complètement grotesque (dans le bon sens du terme) qui pardonne rapidement la lenteur de la première heure. "Perkins' 14" ne lésine définitivement pas sur les effets sanglants, et propose des scènes qui ne sont pas sans rappeler 28 Days Later... de Danny Boyle. Le résultat, sans être particulièrement marquant, ne devrait être boudé par les amateurs du cinéma du genre.
La pochette offre un design vieillot et charmant, hommage aux vieux films de série B. Le menu du DVD représente un sombre cachot de prison, avec des extraits du film projetés sur un de ses murs. Sinistre et original. Le tout est facilement navigable et les caractères sont bien lisibles.
Sur le plan technique, "Perkins' 14" démontre son faible budget. Le grain est beaucoup trop présent durant les scènes nocturnes, et les teintes sont parfois défaillantes. Le contraste du sang sur la palette de couleurs pâles est toutefois saisissant. La basse qualité de l'image est pardonnée avec une piste audio convenable, rendant de façon réaliste la grande variété de bruits et de musiques. L'unique supplément offert ici est l'intégralité des épisodes web de la confection du long-métrage. Dix épisodes de cinq minutes sont présents, chacun détaillant un certain aspect de l'agencement des composants du film. Intéressant.
"Perkins' 14" n'est certainement pas destiné à devenir un classique de l'horreur. Le résultat est convenable, certes, mais le premier film créé en collaboration avec le public aurait dû être un brin plus ambitieux.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 7 |