Pulse
Alliance Films

Réalisateur: Jim Sonzero
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 88 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
11 décembre 2008

S'approprier un film étranger et le transposer revient souvent à se casser royalement la gueule en se demandant ensuite "mais pourquoi? Si ça a marché chez eux, ça devrait marcher ici". Hé bien non, pas forcément, et c'est ce que les producteurs de "Pulse" ont "appris" à leurs dépens avec cette énième et foireuse relecture du très bon Kairo de Kiyoshi Kurosawa. Un conseil: si vous n'avez rien de mieux à louer, votre douce moitié saura vous amuser davantage.

Un jeune homme découvre que son ordinateur a été infecté par un virus lui permettant de voir les morts par son écran d'ordinateur. Le problème est qu'il se suicide. Deux jours après, un message texte parvient à sa copine de cœur. Déstabilisés (certains essaient même les émotions faciales, le nec plus ultra), les ados en viennent à remarquer qu'autour d'eux, il se passe des choses louches. Le cégep est déserté, les gens dans les rues se font de plus en plus rares et la société telle qu'ils la connaissent risque de s'effondrer s'ils ne font pas quelque chose pour éradiquer le fléau. Pari perdu puisque leur boîte crânienne, irradiée de substances illicites ou de recommandations des frères Weinstein, leur fait perdre la majeure partie du métrage à parler sans rien faire.

Mais qu'est-ce qui s'est passé? En 88 minutes, nous avons eu droit à plus d'incohérence visuelle et auditive que dans un discours électoral. Kristen Bell, comme son nom de famille, cloche avec le portrait: le film tente de la draguer tout au long d'une mise en situation longue, pénible et abjecte, résolument crétine et tente de reprendre les "meilleurs" éléments du script original pour les transposer sans succès aucun. Il n'y a tout simplement aucune saveur à ce film tellement on sent qu'il a été remonté et dépouillé de toute scène horrifiante (la Dimension, bien décidée à être le Disney des films d'horreur. Tarés!) Le film commence nulle part et n'aboutit nulle part. Les héros viennent de nulle part et s'en vont nulle part. En fait, on n'aurait rien à nous montrer qu'on se sentirait mieux. Au lieu de ça, des ados stupides (parce qu'intelligents, le film n'existerait tout simplement pas!) qui n'ont aucune idée de ce qui se passe sont contrôlés comme des mauvaises marionnettes dans une histoire abracadabrante au mieux.

Le scénario chiant à mort et co-écrit par Wes Craven (il ne cesse de reprendre Scream quand il le peut, c'est-à-dire tout le temps) ne fait pas dans la dentelle; plutôt dans le Vuarnet: c'est dépassé, ça ne colle pas et personne ne comprend pourquoi ça perdure. Les effets horrifiques se limitent à voir des morts au maquillage douteux à l'écran d'ordinateur, quelques feux rouges brûlés et une atmosphère plongée dans le noir (merci, on ne les voyait déjà pas vos spectres!) On ne parlera même pas des improbabilités du script (grosso modo, si on les enlevait toutes, seul le titre demeurerait viable), visiblement écrit pendant une fin de semaine bien arrosée pour profiter du succès des remakes de films asiatiques. Des acteurs livrant des répliques sans âmes dans un film dépourvu de talent (la scène de la sécheuse reste d'une pourriture artificielle comme rarement vu auparavant), ça donne "Pulse". Et vous croyez que les producteurs ont appris leur leçon? Pas du tout si on prend compte qu'une suite est déjà sur les tablettes et qu'un autre chapitre se précise d'ici peu.

Côté suppléments, c'est peu: la piste de commentaires ne nous apprend strictement rien (Dimension ne serait rien sans ses "arbitres" censurant les commentaires), les coulisses sont un joyeux matériel promo et tout le reste, on s'en balance: bande-annonce, les effets visuels, les scènes coupées... bref ça ne sent pas la rose dans ce monde de merde.

Pour commencer, le film entier repose sous une aura sombre et bleue donc on peine à distinguer certains passages et cela entraîne un problème d'action, un manque de précision continu. Le son est très bien (le doublage québécois est meilleur que la v-o, c'est tout dire), mais quand il s'agit du seul bon point, difficile de recommander.

Il est fâcheux de voir ce qui se passe lorsque les frères Weinstein sortent les ciseaux, qu'ils jouent aux réalisateurs de second ordre parce que le "Pulse" d'origine était une réelle descente aux enfers émotionnellement chargée critiquant avec force l'utilisation de la technologie et son contrôle sur nous. Au lieu de ça, des personnages imbéciles et décérébrés tentent d'arrêter ce qui se produit, sachant très bien qu'ils ne le peuvent pas (le tout sans un brin d'érotisme, c'est fort!). Il y a quelque chose de pourri au royaume de Dimension. Ce quelque chose se nomme Weinstein.


Cotes

Film3
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio8