Resident Evil: Extinction
Special Edition
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Russell Mulcahy
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 94 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
9 janvier 2008

Véritable mélange de films du passé, ce troisième opus cinéma tiré de la populaire (presque légendaire) série de jeux vidéo propose cette fois de sortir de certains terrains connus pour envoyer nos héros sous un soleil brûlant affronter les zombies en plein jour. Un chapitre satisfaisant, laissant encore une fois la porte ouverte à une suite qui devrait receler davantage d'inspiration de sa série d'origine plutôt que se contenter de minuscules clins d'œil.

Il s'en est passé du temps depuis qu'Alice (Milla Jovovich) s'est réveillée amnésique dans sa douche. L'ouverture reprend donc ce thème scène par scène (encore une fois) jusqu'à un moment où Alice est tuée après quelques minutes. Une équipe d'intervention de la Umbrella s'empare du corps et le jette à la surface dans une tranchée remplie de corps absolument identiques (probablement la meilleure scène du film). Le président de la compagnie, Wesker (au banc des personnages peu importants), souhaite l'avancée des travaux et soumet à un scientifique (Iain Glen), des recherches sur les morts. Pendant ce temps, les survivants composés entre autres de Claire Redfield (un autre nom aurait pu faire l'affaire) et Carlos Oliveira (Oded Fehr) tombent sur Alice alors qu'ils sont en mauvaise posture, attaqués par une nuée d'oiseaux zombis. Croyant qu'une partie de la civilisation s'est réfugiée en Alaska et que le virus ne s'y trouve pas, les survivants foncent dans l'espoir de retrouver leur ancienne vie tandis que Alice veut retrouver la trace des responsables et les faire payer. Le scientifique parvient à créer un remède qui, faute d'être effectif à perpétuité, rend les morts encore plus agressifs qu'auparavant. Usant de son astuce et de sa folie l'habitant, il ira jusqu'à tester sur lui-même certains produits, proposant à Alice un défi de taille bien plus malveillant que le "Nemesis" du précédent film.

Le plus gros problème de cette série de films réside dans son obstination à vouloir éviter de mettre en images le jeu. En faisant cela, les producteurs s'annihilent une bonne partie de la communauté des fans (moi inclus), croyant que copier le jeu ne serait pas original (et Peter Jackson, il les a ignorés les livres de Lord of the Rings?). Malgré cette déception, on constate que l'ensemble propose quelques éléments intéressants, dont une certaine évolution (décrépitude serait le mot juste) des morts et l'introduction d'un monde à la dérive. Pour le reste, on s'en remet aux films de ces 25 dernières années pour inspirer une histoire manquant franchement de souffle. La domestication des zombies, maniérée avec brio par Romero dans Day of the Dead, est ici reprise pour n'amener que très peu de nouveau sauf des morts plus enragés et rapides. Wesker, personnage important dans les jeux, n'est ici relégué qu'au rang des imbéciles passant leur temps assis sur une chaise à causer l'inéluctable dans une série de dialogues niais. Des références, il y en a. Pour nommer les plus majeures, il y a : Mad Max, Waterworld, Dune, Day of the Dead, The Good the Bad and the Ugly, X-Men (je rigole pas) et encore plus. Suffisamment pour retirer le plaisir de visionner un film qui aurait davantage dû s'inspirer de sa source numérique. Les effets spéciaux sont compétents, mais en revanche, on utilise bien trop de scènes des films précédents, prouvant un manque flagrant d'imagination. Les maquillages sont bien réalisés et la première apparition d'un zombie devrait surprendre par ses ressemblances avec ceux de Romero. Pas un film excellent pour cause de plagiat, mais pas trop nul non plus.

Les suppléments comportent des scènes coupées pas trop importantes, une piste de commentaires, des revuettes comprenant beaucoup trop d'images du film et pas assez des coulisses. Le tout se complète par un avant-goût de Resident Evil : Degeneration, long-métrage réalisé par ordinateur (façon Final Fantasy VII : Advent Children) qui devrait rendre justice à cette série de films sur le déclin. Les suppléments sont corrects, mais plus qu'auparavant, on a l'impression que rien ne va de travers dans ces tournages et les bonus sont là pour jeter de la poudre aux yeux. Navrant.

L'image est superbe, sans défaut réellement. La surexposition minimale du visuel pour les scènes dans le désert est atteinte pour un résultat qui plonge l'action dans un environnement mieux que le second film et la sonorité nous catapulte au cœur des affrontements morts contre vivants. Un travail qui ne peut que se regarder avec plaisir puisque les yeux et les oreilles sont très bien servis. Le menu principal n'est composé que d'une piètre animation de corbeaux devant un écran proposant les diverses pages à visiter. Celle-ci et les suppléments sont musicaux tandis que le reste demeure immobile et muet.

Avec les éléments pigés à d'autres films, il serait peut-être temps de terminer la série sur cette note. Les suppléments limités laissent croire à une édition future plus gonflée et la seule surprise provient de cette bande-annonce du film animé de "Resident Evil", ne montrant que brièvement ce qu'aurait pu être la franchise si les producteurs en avaient décidé ainsi. Pour ma part, je commence à trouver frustrant que les adaptations de jeux vidéo soient aussi loin de leurs racines, prenant le public pour des imbéciles incultes. Après un premier film plutôt correct et une suite vraiment mauvaise, la trilogie se "termine" sur un troisième opus débordant de plagiat en manque d'inspiration. R.I.P. (repose ici péniblement).


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo10
Audio10