Le duo de réalisateurs suédois formé par Måns Mårlind et Björn Stein ont profité de ressources américaines et présentent "Shelter". Scénarisé par Michael Cooney. Le film vient du producteur de The Ring, Mike Macari, et la prémisse des deux films est semblable: une femme enquête sur un phénomène paranormal pendant que ses proches meurent un par un. Toutefois, le produit final n'arrive pas à la cheville de The Ring en matière de suspense.
Le docteur Cara Jessup est une psychiatre qui est convaincue que les personnalités multiples relèvent du mythe. Son père fait le même métier qu'elle, mais est étant moins borné et plus intéressé à découvrir d'autre possibilités, il s'amuse à la confronter en lui présentant David, un jeune patient paralysé, qui se transforme sur demande en Adam, un homme plutôt inquiétant. Elle veut trouver une brèche en son jeu pour le démasquer et prouver une fois de plus au monde que les personnalités multiples n'existent pas. Plus ses recherches progressent, plus les révélations auxquelles elle fait face la mettent, ainsi que sa famille, dans une situation dangereuse.
La séquence première promet questionnements éthiques et conflits psychologiques. Un long plan traduisant la lourdeur de l'ambiance introduit Cara, lors d'un procès, qui explique que le syndrome des personnalités multiples est un mythe perpétué par les films, la télévision et les livres. Le meurtrier étant donc pleinement conscient de ses actions se voit imposer la sentence de la peine de mort. Pendant la scène suivante, Cara s'enfile des shooters pour noyer les tourments causés par le verdict final. Toutefois, lorsque des éléments surnaturels viennent se broder dans un récit ayant pourtant bien commencé, un certain malaise s'installe.
La majorité du plaisir que l'ont retire du visionnement vient en regardant l'implication de Julianne Moore, qui se débat en livrant un jeu authentique et restant crédible dans un film qui l'est peu, comme elle l'a fait dans The Forgotten en 2004 - autre œuvre dans laquelle les éléments paranormaux se glissent comme une arrête de poisson dans la gorge. Par contre, Jonathan Rhys Meyers n'a pas été à la hauteur de la rouquine fétiche d'Hollywood, incarnant chaque personnalité plus grossièrement les unes que les autres, tel un acteur amateur cherchant à épater la galerie avec l'étendue de ses expressions faciales. De la fillette apeurée à la brute du Sud, il fait froncer les sourcils du spectateur. Les quelques scènes d'horreur dans lesquelles il devrait nous terrifier sont sauvées par Moore.
La luminosité peu accentuée supporte bien l'ambiance du thriller, que l'action se déroule dans les bas-fonds de la Pennsylvanie ou dans une Pittsburgh couverte de nuages. Toutes les nuances d'ombrage sont bien rendues à l'écran. Les images ont une teinte verdâtre, rappelant la forêt, qui joue un rôle significatif. Le son rend également intéressantes les scènes se déroulant dans l'étrange communauté retirée dans le bois. La diversité des bruits, qu'il s'agisse du frétillement d'un serpent hors champ, du vent faisant danser les feuilles ou du grincement du métal, réussit à nous plonger dans l'atmosphère recherchée. Dommage qu'un bon travail du son atmosphérique ne peut, à lui seul, rendre horrifique une succession malhabile d'actions.
Les suppléments sont peu nombreux, mais pertinents. Les artisans s'expriment sur l'œuvre pendant un temps respectable. On peut choisir d'écouter Julianne Moore, Jonathan Rhys Meyers, les réalisateurs Måns Mårlind et Björn Stein, le producteur Mike Macari, le scénariste Michael Cooney ou le compositeur John Frizzel. Sinon, quelques minutes de documentation vidéo (B-roll) sont à notre disposition.
L'écoute complète du film nous fera-t-elle aboutir sur quelque chose d'intéressant? Malheureusement, le scénariste Michael Cooney ne livre pas une résolution aussi surprenante que dans son scénario de Identity. De plus, quelques conflits avaient du potentiel, mais n'ont pas été développés, comme la relation père/fille.
| Film | 5 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |