Barbare et extrêmement violent, "The Horseman" est une grosse gifle au visage qui rappelle la brutalité de l'auto-justice. Une démonstration implacable qui aurait toutefois mérité une histoire et des personnages mieux définis.
Christian (Peter Marshall) a perdu la tête. Sa fille a été assassinée et il cherche les responsables. Au lieu d'aller voir la police, il préfère les attendre au tournant, se débarrassant d'eux un à un, les faisant souffrir grandement avant de commettre l'irréparable.
Les films sur la vengeance sont nombreux. Ce long-métrage australien de Steven Kastrissios débarque après avoir parcouru de nombreux festivals, dont celui de Fantasia. Malgré son budget extrêmement limité, l'ouvrage joue ouvertement la carte du réalisme, ce qui ne peut que déranger. Le héros mutile et fait saigner ses adversaires pendant plus d'une heure et demie. La torture n'a pas meilleur goût, et l'être humain redevient un simple animal lorsqu'il se sent menacé.
Le sujet tendu et la composition convaincante du principal interprète ne font jamais oublier la minceur du scénario. Les enjeux demeurent dans l'ombre, tout comme la psychologie des personnages. Déjà qu'il était difficile de s'attacher à la quête du protagoniste, la linéarité de l'ensemble ne plaira pas à tous tant le règlement de compte, répétitif au possible, ne fait appel qu'aux bas instincts.
Tout est cependant mis au service pour rendre le spectateur claustrophobe. La caméra à l'épaule multiplie les plans serrés, les images sont saturées au possible et les couleurs manquent nettement d'éclat. Un choix esthétique qui se veut à double tranchant. Surtout que le grain est omniprésent et que les contrastes manquent de finition. La musique fébrile évoque quelques récits horrifiques, donnant froid dans le dos. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est de facture honnête, utilisant les enceintes pour donner un peu de profondeur à des bruits d'objets contondants, de pluie, de voitures et de vent. Il est cependant dommage qu'aucun sous-titre ne soit au rendez-vous, car les voix ponctuées de nombreux accents sont parfois difficiles à saisir.
La pochette noire montre ce justicier des temps modernes qui vient de mettre le feu à un bâtiment. Le menu principal du DVD s'ouvre sur une mélodie haletante et un montage de séquences en mouvement. En guise de suppléments, il y a deux pistes de commentaires. La première et la plus intéressante est ornée de la voix du réalisateur et scénariste qui raconte son parcours artistique, ses collaborations, la concoction de la prémisse et ses choix de mise en scène. La seconde bénéficie des mots du cinéaste, du comédien Peter Marshall et de la productrice Rebecca Dakin qui se lancent des questions, y répondant dans le détail, mais sans jamais réellement intéresser.
Nettement plus satisfaisant que le navet Taken de Pierre Morel mais beaucoup moins enlevant et soigné que le film québécois Les 7 jours du talion de Podz, "The Horseman" demeure un coup de point au plexus. La violence est telle que bon nombre de spectateurs détourneront le regard, se réfugiant vers quelque chose de moins sombre. Les autres cinéphiles poursuivront le visionnement, impressionnés par la technique et le talent déployés, mais en étant ultimement déçus par la fadeur des messages qui ne proposent absolument rien de nouveau au genre.
| Film | 5 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 6 |