À la façon de Prêt-à-Porter de Robert Altman, "How to Lose Friends & Alienate People" de Robert Weide égratigne le culte envers les stars hollywoodiennes. Divertissant et éphémère, mais néanmoins un peu vide et inégal.
Sidney Young (Simon Pegg) est un journaliste britannique spécialisé en potins et en ragots. Repêché par un important magazine de New York, il cherche à faire sa place dans un univers superficiel où il faut toujours écrire de bons commentaires sur les gens interrogés. À deux doigts de se faire renvoyer par son patron (Jeff Bridges), il décide de jouer le jeu auprès de la célèbre Sophie (Megan Fox) et de sa relationniste (Gillian Anderson), tout en essayant de remonter le moral de sa collègue Alison (Kirsten Dunst).
Cette adaptation du roman de Toby Young n'a rien à voir avec l'insolent règlement de compte d'un homme frustré par un système injuste. Il s'agit plutôt d'une comédie aux 1000 idées qui décide de suivre les plus évidentes tout en laissant les plus intéressantes au vestiaire. Pour de la profondeur, de l'émotion et un éclairage intrinsèque du milieu, il faudra repasser.
Même si elle ne va pas au bout de son intrigante prémisse, cette première réalisation de Robert Weide demeure généralement efficace. L'humour, inégal et outrancier, touche aisément sa modeste cible. Quelques dialogues sont particulièrement aiguisés, alors que des situations désopilantes n'hésitent pas à jouer avec la vraisemblance pour soutirer des sourires. À la façon d'une boisson énergisante, la mise en scène du cinéaste est vive et pétillante, souvent tape-à-l'œil et pas toujours originale, mais néanmoins adaptée au sujet.
Les interprètes, branchées sur le 300 volts, tentent continuellement de se voler la vedette. En héros stupide au grand cœur, Simon Pegg en fait souvent des tonnes. Mais un peu en vain. Dès qu'il apparaît dans une scène avec un animal, c'est celui-ci qui prend toute sa place. C'est également le cas avec le reste de la distribution. Jeff Bridges est hilarant en patron complètement décalé, Gillian Anderson pourrait très bien faire revivre sa carrière en croqueuse de diamants et Kirsten Dunst mélange cynisme et romantisme avec doigté. Il y a toutefois Pegg, présent dans presque tous les plans, qui est à la fois drôle et irritant, venant un peu gâcher la sauce au passage.
Le rythme enviable est composé de chansons variées qui ne restent malheureusement pas en tête, hormis cet emprunt mémorable au chef d'œuvre La Dolce Vita. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 sont efficaces, surtout lors de la première partie où les bruits d'applaudissements et les sonneries de téléphones saturent le récit. Les dialogues, clairs et distincts, peuvent être accompagnés de jolis sous-titres blancs en anglais et en espagnol. Les images, à la fois précises et accrocheuses, bénéficient de couleurs rayonnantes, de superbes reflets, d'une définition des contours exemplaires et de contrastes au point. Mis à part la présence de blocage et de quelques scènes moins foisonnantes, le reste demeure pleinement recommandable.
La pochette moyennement inspirante représente simplement les protagonistes devant la ville de New York. Le menu principal du DVD, statique et sans musique, reprend ces têtes d'affiche qui semblent figées dans un magazine. Les suppléments, peu nombreux, offrent cependant beaucoup de plaisir. Peut-être pas ce documentaire de 18 minutes sur le tournage qui ne sort jamais des sentiers battus, mais certainement ces deux pistes de commentaires. Sur la première, Weide et Pegg discutent de tout et de rien, s'attardant aux détails les plus insignifiants tout en y allant de propos souvent comiques. La seconde, davantage informative, est alimentée par le réalisateur qui se plait à tout analyser, y allant même de quelques réflexions humoristiques qui sont bien placées.
Petite comédie irrévérencieuse qui n'exploite pas toujours correctement son sujet, "How to Lose Friends & Alienate People" est une rigolade sans conséquence entre amis. Une excellente prémisse et une très belle distribution qui aurait mérité un résultat encore plus mordant et cinglant.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |