The Hunting Party
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Richard Shepard
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 101 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 janvier 2008

Lorsqu'un film de guerre comporte presque autant de violence que d'humour noir, c'est que le réalisateur a voulu traiter le sujet différemment. C'était un peu l'objectif de Richard Shepard (monsieur The Matador) pour son haletant "The Hunting Party". Si sa nouvelle réalisation ne remplit pas toutes ses promesses, le divertissement est de mise et il fait beaucoup plus réfléchir que les autres longs-métrages du même genre.

Trois journalistes se mettent les mains et les pieds dans des combines dangereuses en Bosnie, et ce, même si la guerre est supposément terminée. L'expérimenté – et discrédité – Simon (Richard Gere), le caméraman Duck (Terrence Howard) et l'apprenti Benjamin (Jesse Eisenberg) partent à la recherche d'un ancien bourreau appelé "Le renard". Malheureusement pour eux, les gens du coin les prennent pour des agents de la C.I.A., ce qui a tôt fait d'attirer l'attention de l'organisation criminelle... et de l'escouade américaine qui n'aime pas que des étrangers viennent empiéter sur leurs plates-bandes. Pourtant, en l'espace de quelques journées, le trio kamikaze arrive à trouver un des hommes les plus recherchés de la planète, alors que toutes les institutions internationales sont à ses trousses depuis des années...

À première vue, "The Hunting Party" (et sa quelconque traduction française "Enquête clandestine") semble lorgner du côté du Salvador d'Oliver Stone ou du Welcome to Sarajevo de Michael Winterbottom. Il n'en est rien. Le métier du journaliste est secondaire. Ce qui est important, c'est cette excursion de parasites dans des territoires déchirés et qui, mystérieusement, ont beaucoup plus de succès dans leurs démarches que les instances en place. Surtout que pour construire son histoire, Shepard s'est inspiré d'une histoire vraie qui a été racontée dans le journal Esquire. À partir de là, tous les éléments sont en place pour faire une fiction explosive sur le sujet.

Le récit, vu par un regard occidental, n'a rien à envier aux Blood Diamond et autres The Kingdom. C'est parfois gros, manipulateur et trop long, mais tout tient la route grâce à la réalisation soignée et les touches d'humour sardoniques. Le rire est omniprésent, surtout lors de cette finale où la fiction semble plus crédible que la réalité. La trame narrative, qui débute en lion pour se transformer en bourrique, ne souffre pas trop de sa baisse de régime, car les interprètes y sont chaleureux. Le duo Gere et Howard est particulièrement truculent. Le premier s'éloigne de ses habituels "héros parfait" pour habiter un personnage beaucoup plus vulnérable, alors que le second est toujours en mode Crash, offrant une composition charismatique à souhait.

Dès les premières images, le rendu vidéo affiche de beaux détails et des reflets de lumières qui passent de l'orange au bleu et au vert. Les champs noirs prennent de l'ampleur et les contrastes ne décevront jamais. Quelques plans sont envahis par une luminosité blanche trop flagrante ou même du grain, sauf que ces séquences sont voulues ainsi. Sans doute plus que ce blocage qui peut apparaître à quelques occasions et cette musique qui sent un peu trop le préfabriqué. Les pistes sonores francophones et anglophones sont en Dolby Digital 5.1 et elles exploitent plutôt bien les différents haut-parleurs, faisant souvent sursauter par ces balles perdues, ces explosions, ces sirènes, cette pluie qui s'écoule et ces animaux qui décident de faire du bruit. Au passage, quelques bribes de voix peuvent se perdre dans la tourmente, ce qui est un peu dommage. Les sous-titres blancs en anglais, en français en en espagnol sont aisés à lire, mais vers le milieu du récit, ils n'arrivent pas à suivre le débit des comédiens! Ce n'est heureusement pas aussi catastrophique que la première version de Reservoir Dogs...

La pochette n'est pas particulièrement inspirante. Dans des couleurs sombres et ternes, le visage des deux principaux comédiens s'affichent, avec une explosion en arrière-plan. Voilà une pose qui a dû être vue des dizaines de fois. Le menu principal du DVD innove davantage. Sur une carte du monde s'affiche le titre en jaune. Soudainement, tout pivote et un montage de scènes rythmé apparaît, accompagné d'une belle musique mélodique. Une fois le visionnement terminé, pourquoi ne pas se tourner vers les suppléments? Pour une fois, il y en a beaucoup et ils sont généralement intéressants. Il y a tout d'abord une piste de commentaires approfondies où le réalisateur/scénariste élabore sur les lieux, le jeu des acteurs, les effets de style, les difficultés rencontrées, etc. Le tout est amené avec beaucoup d'humour afin de faire avaler la pilule. Il y a ensuite six courtes séquences supprimées qui peuvent être décrites par le cinéaste. Plus superficiel est ce documentaire de neuf minutes où l'équipe technique raconte le choix du sujet. Voilà un préambule au bonus le plus pertinent de l'ensemble: ce tour de table de 30 minutes où quelques-uns des journalistes qui ont vécu le tout se confient à Shepard. La mise en situation est bénéfique et les détails donnent une nouvelle profondeur au film. L'article écrit par Scott Anderson pour le journal Esquire se retrouve également sur le DVD, tout comme la bande-annonce originale qui vend plutôt mal la production.

Par son sujet et ses interprètes, "The Hunting Party" évite de justesse d'être la nouvelle saveur hollywoodienne de la semaine où un conflit violent sert de prétexte à offrir un long-métrage patriotique et sanguinolent. Sans doute que l'essai est loin d'être parfait et qu'il s'égare en quelques occasions, mais la quête du divertissement ne s'est pas fait au détriment de l'histoire, des personnages ou des messages.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7