I Could Never Be Your Woman
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Amy Heckerling
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 97 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
29 mars 2008

Elle a changé un peu la réalisatrice de Clueless. Entre un film d'adolescentes matérialistes et cette version personnalisée de Something's Gotta Give, beaucoup de choses ont passé par la fenêtre. Fini la propagande du fast-food et bienvenue l'épanouissement personnel lors des retours d'âge puisque c'est ce dont le film traite majoritairement. Une agréable balade romantique sur fond de toile pastelle à saveur éprouvée, mais qui fonctionne toujours.

Rosie (Michelle Pfeiffer) incarne une productrice d'émission de télévision et mère monoparentale d'une jeune adolescente. Lorsque les cotes d'écoute de son programme grimpent, on demande de créer plus de personnages, les censeurs font plus de pressions pour que rien ne choque et on déniche de nouveaux acteurs. Durant une séance d'audition, un jeune homme (Paul Rudd) se démarque par la productrice. Il ne faut pas long avant que la mèche de la passion s'allume entre eux et que commencent les ennuis avec ce "petit" écart d'âge : elle est dans la quarantaine... lui a... 29 ans.

Film à la recette vue mille fois, "I Could Never Be Your Woman" n'est cependant pas dénué d'un certain charme, dégagé par les interprètes principaux, supportés par une distribution qui sonne un peu moins que juste en raison de la surenchère dans l'interprétation. Cela dit, le véritable trio à observer (Pfeiffer, Rudd et Saoirse Ronan) est la force conductrice de ce récit porté par les interventions d'une mère Nature (Tracey Ullman) grinçante voulant à tout prix préserver le cours "normal" des choses, à savoir que Rosie s'éprenne d'un homme de son âge. Bien entendu, le "happy ending" est au menu avec l'accomplissement des héros et la punition des méchants (d'une certaine façon). Bien que les situations aient été maintes fois abordées par le passé et sous des angles un peu plus originaux, on retient toujours la touchante sincérité et volonté à livrer quelque chose de bon. Il y a une maladresse dans le traitement de la balance entre les scènes dramatiques et comiques et les apparitions de Mère Nature ont souvent pour effet d'annoncer ce que l'on sait déjà ou ce que l'on peut penser.

Il ne faut pas non plus chercher à comprendre ce personnage qui semble issu soit de l'imaginaire du personnage de Pfeiffer ou qu'il s'agisse de la véritable incarnation apparaissant seulement à la mère productrice, puisque aucune explication n'est offerte ni même abordée. Nous supposerons qu'il s'agit d'une conscience, un Gemini Criquet en quelque sorte, qui ne sait toutefois pas quand se taire. Le carnet des charges est bien rempli avec Michelle Pfeiffer se la jouant crédible et à la fois naïve avec une certaine dose de charme qui défie son âge véritable. Paul Rudd, décidément reconverti dans les comédies romantiques (vu la première fois dans Halloween : The Curse of Michael Myers dont il ne garde pas un très bon souvenir, loin de là), offre une interprétation adéquate, en lien avec les rôles qu'il a déjà joué dans The 40 Year-Old Virgin et Knocked Up. Bref, il est attachant, et Pfeiffer est charmante. La réticence morale ressentie par le personnage de Rosie demeure un peu puéril puisque le film joue un peu (trop?) dans la prévisibilité et pour cause : la complicité entre les deux tourtereaux est telle qu'il est impossible d'imaginer le film se conclure autrement que sur sa note. Ça n'est pas un mal en soi et en général, il s'agit d'une charmante riposte envers le cynisme présenté dans chaque film ces jours-ci.

Dans la zone des bonus, on retrouve un "documentaire" sur le tournage qui consiste en des images sans ordre ni préférence de scènes qui n'apparaissent pas dans le film. Le tout est dénué de narration, ce qui fait plaisir à voir puisque l'on aperçoit un véritable regard objectif des coulisses plutôt qu'un dossier de presse censuré un max. Une série d'entrevues (celle-là beaucoup plus chargées de contenu publicitaire) avec la plupart de la distribution (mais pas Michelle Pfeiffer) concernant divers aspects de la production et donne un aperçu de l'opinion de l'équipe d'acteur (Paul Rudd a également joué dans "Clueless" en 1995, son second rôle) sur le déroulement du tournage. Une bande-annonce vient compléter le tout. C'est pas si mal, mais une piste de commentaires et des scènes coupées auraient sans doute été appréciées.

L'image est impeccable excepté dans certains instants durant lesquels l'action est un peu plus floue et jure d'avec les autres plans. Les couleurs sont balancées entre la sursaturation (l'émission produite par Pfeiffer) et des teintes plus réalistes quoiqu'un peu léchées (la "réalité"). Les contrastes sont un peu plus forts qu'à l'habitude, mais n'entachent pas le style et la netteté des mouvements n'est pas à reprocher. Le son en 5.1 (tant en français qu'en anglais!!!) donne toute sa vigueur et l'appréciation de ce film n'en est que grandie. Côté menu, ça craint un peu puisque le tout est muet et fixe, se contentant la plupart du temps d'un collage sur fond blanc (ça devait faire plus mélo tout ça).

"I Could Never Be Your Woman" est un film lent qui prend son temps en comparaison avec les films actuels (le récit aurait pu se passer en 40 minutes) et qui visite beaucoup de terrains connus. Cependant, difficile de résister à l'offre d'un des plus beaux couples de l'écran depuis Tom Hanks et Meg Ryan.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments6
Vidéo8
Audio9