Déjà un troisième coffret d'Imavision pour l'illustre acteur Jean Gabin. Contrairement au précédent, ces trois nouveaux films répertoriés sur deux disques montrent l'icône de la France revêtir les habits d'un loyal commissaire qui cherche ardemment à arrêter les malfrats.
Dans "Maigret tend un piège" (1958) de Jean Delannoy, Gabin défend les couleurs du célèbre Maigret, un personnage popularisé dans les écrits du romancier Georges Simeneon. Il enquête sur les morts brutales de jeunes filles en harcelant constamment les gens qu'il pense être les responsables. Sorte de Columbo verbeux et presque totalement dénué d'action, ce long-métrage terriblement classique et prévisible s'apprécie surtout pour la performance de ses comédiens. Autour de la vedette de La grande illusion qui est toujours aussi cinglant et allumée se trouvent une délicieuse Annie Girardot et un suave Lino Ventura.
Le bonheur est encore plus grand au sein de "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" (1959), la seconde adaptation des mots de Simeneon par Delannoy. Cette fois, le commissaire sans reproche tente de résoudre le décès soudain d'une amie d'enfance. Par son humour, son flair et sa ténacité, ce personnage est capable de se mettre tout le monde à dos avant de dévoiler le coupable lors d'un truculent repas final. Porté par les dialogues ravageurs de l'excellent Michel Audiard, le récit se regarde avec beaucoup plus de plaisir, et ce, même si la mise en scène ne casse rien.
La pertinence du troisième film surprend. Ce n'est pas Maigret voit rouge, mais "Le tueur" que Denys de La Patellière a réalisé en 1972. Dommage, car le résultat n'est pas à la hauteur des deux premiers objets cinématographiques. Le héros de La bête humaine incarne un agent de la paix qui tente de récupérer un dangereux bandit (Fabio Testi) qui vient de s'échapper d'un hôpital psychiatrique. Ce simple jeu du chat et de la souris qui se perd en longueur et en anecdotes peu mémorables manque grandement d'attraits et de saveurs. À tel point qu'il faudra attendre qu'un jeune Gérard Depardieu sorte le spectateur de son marasme dans le dernier acte. L'utilisation de la ville de Paris n'est toutefois pas négligeable.
Ces ouvrages présentés en mono sont animés par des dialogues clairs et audibles (il n'y a malheureusement aucun sous-titre), ainsi que par des trames sonores généralement luxueuses parsemées de cuivres et de cordes. Quelques mélodies populaires s'affichent également pendant les génériques. Les jolies images en noir et blanc des deux premiers Maigret prennent aisément le dessus sur les couleurs peu éclatantes de "Le tueur". Dans tous les cas, le grain et les égratignures n'arrivent pas à mettre au tapis l'agréable définition des contours et les honnêtes contrastes.
Le boîtier blanc et mauve est à l'effigie d'un Jean Gabin vieillissant qui porte bien son âge. Une belle photographie qui ne masque pourtant pas la faiblesse des informations. Il n'est nullement mentionné le nom des cinéastes, des acteurs secondaires et même une année de réalisation manque à l'appel, ce qui est toujours un peu insultant. Les menus principaux des DVD sont regroupés autour d'un montage de scènes et d'une musique intrigante. Encore une fois, les suppléments manquent à l'appel.
Comme son prédécesseur, ce troisième coffret ne représente pas les meilleurs opus de Jean Gabin. L'agréable côtoie l'ordinaire et si le génial est généralement absent, il y a suffisamment de bons moments pour satisfaire ses admirateurs et ceux qui ne le connaissent que de nom. Surtout au sein de "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" qui se savoure avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles.
| Film | 6/7/4 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |