L'univers triste et sombre donne le cafard? Besoin d'anges gardiens pour occuper les enfants rentrant tôt de l'école ou qui sont en congé? Le premier coffret de la série "Moomin" est le remède miracle. Environ dix heures de secrets et de bonnes valeurs pour un total de 26 épisodes, l'essayer c'est l'adopter.
Les Moomins sont des sympathiques créatures blanches qui aiment rire et s'amuser. Ils habitent un lieu magique peuplé de verdure et d'eau limpide. Ces amis explorent, se chamaillent, se pardonnent et finissent par bien cohabiter ensemble. De ce lot, il y a le jeune premier Moomin, le pêcheur Pipo, le kangourou Snif, la petite fille Jolimie, sa sœur Elfina, le coquin Pousse-Malin et une horde de personnages savoureux. Dans leur quête de trésors, de reconnaissance et de bonheur, des valeurs ni moralisatrices ni trop lourdes apparaissent pour guider le jeune public sur le droit chemin.
Destinée aux enfants de trois à huit ans, cette agréable série non-violente se regarde avec passion et intérêt. L'humour est gentil, souvent désopilant. Les dialogues font sourire du début à la fin et il y a même quelques éléments (comme la présence d'Undine) pour initier le public à la mythologie. Si les segments ne se suivent pas réellement, il y a quelques liens qui existent pour rappeler une quelconque évolution au niveau de l'histoire et des thèmes abordés. Quelques répétitions d'idées et de sujets peuvent irriter au fil du temps et les personnes cyniques s'ennuieront à mourir devant autant de bons sentiments, mais il n'est guère difficile de retourner en enfance. Dès les premiers visionnements, la joie de découvrir une nouvelle famille est perceptible et les épisodes de 22 minutes chacun se déroulent en un temps record.
La création de cette épopée blanchâtre est assez particulière. Les Moomins (lire "Moumines") sont plusieurs œuvres écrites par la romancière finlandaise Tove Jansson au courant des années 1960. En 1969 et en 1972, deux séries télévisuelles découlant de ces univers ont été créées pour satisfaire la demande générale. Dès 1992, le Japon a repris ce concept extrêmement populaire. Avec l'aide de plusieurs réalisateurs et scénaristes (dont Akira Miyazaki, un être qui cherche absolument à se démarquer), la prémisse de base a été généralement respectée et de nouvelles générations de personnes ont pu découvrir les joies et les peines de ces individus au grand coeur.
Au total, 104 émissions ont été diffusées. Ce premier coffret proposé par la toujours pertinente Imavision regroupe les épisodes 52 à 78. Il est à noter que quelques transformations sont apparues avec la version diffusée dans la dernière décennie. "La dame du lac" est devenue "La fée du lac", "Le Trésor des Moomins" a été laissé de côté et "Le diamant" a été renommé "Le secret de la montagne". Pour le reste, c'est pratiquement identique. Voici tout de même une liste plus précise:
Tournée il y a plus de quinze années, l'image de cette série montre son âge. Le grain et les taches noires apparaissent sans cesse, rompant par moment le charme de ce plein écran aux couleurs attrayantes. Cependant, le niveau des détails est plus qu'acceptable pour ce genre d'animation. La trame audio a nettement été plus épargnée. La musique est drôle, rythmée, très cocasse et elle apparaît souvent aux moments les plus importants. La pièce titre est irrésistible et restera longtemps gravée dans l'inconscient. La traduction est assez réussie, toujours très bien calibrée et compense pour cette absence de sous-titres. Quelques mots et expressions pourront toutefois troubler un jeune public. Des bribes de dialogues peuvent paraître franchement incompréhensibles, trop "françaises" pour un public québécois. De plus, la voix aiguë de Joliemie mettra les sens à dure épreuve. Étrangement, le travail de la doubleuse québécoise installée en France, Brigitte Morin, était beaucoup plus audible dans les séries Candy et Lady Oscar (c'était Marie-Antoinette).
Si aucun supplément ne vient compléter cette série, il y a un boîtier jaune à l'effigie de quatre personnages dessinés grossièrement, une simplicité tout à fait dans le ton de l'œuvre. Les pochettes des DVD comportent un bon résumé de chacun des épisodes. Quant à lui, le menu principal est délicat et très aéré. Les héros pêchent le poisson en se faisant bronzer au soleil. Quelques éléments apparaissent et disparaissent pendant qu'une musique agréable berce ces instants dorés. Mignon.
Sans être une série fondamentale qu'il faut absolument posséder, "Moomin" est un long moment de détente tout à fait convenable pour les petits et les plus grands. C'est drôle sans être vulgaire et éducatif en évitant une morale trop prédominante. Il ne manque plus que 78 segments pour que l'ensemble soit total!
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |