Petits et grands aimeront regarder quelques épisodes de la célèbre série québécoise "La Ribouldingue". Les premiers pour découvrir des clowns énergiques et les seconds par simple nostalgie. Si les émissions ont passablement bien vieillies, elles sont loin d'équivaloir celles de Sol et Gobelet.
De 1968 à 1971, les enfants et leurs parents aimaient s'asseoir devant le téléviseur pour voir et entendre les délires de différents personnages aussi coquins que gaffeurs. La figure la plus connue de "La Ribouldingue" était celle de Paillasson (Jean-Louis Millette). Ce sympathique clown dodu cherchait à aider ses amis par tous les moyens possibles et inimaginables, mais sa présence amenait toujours le malheur. Pour le supporter, il y avait la tendre Giroflée (Micheline Girard), le joueur de tours Friponneau (André Montmorency), la naïve Prunelle (Élizabeth Lesieur), le sérieux Monsieur Bedondaine (Roland Lepage), la gentille Dame Plume (Denise Morelle) et le troublant professeur Mandibule (Marcel Sabourin).
Cette émission pour la jeunesse bénéficie de plusieurs apports considérables. À commencer par d'excellents comédiens qui mordent à belles dents dans leurs personnages fous et fantastiques. La distribution semble beaucoup s'amuser en délirant et son plaisir est presque contagieux. Le regard complice de Millette, le ton désinvolte de Montmorency lorsqu'il regarde directement la caméra ou encore la voix de fillette de Lesieur: les protagonistes réagissent parfaitement à des situations cocasses qui mettent l'imagination au pouvoir. Très souvent, les situations peuvent paraître répétitives, mais il ne faut pas oublier que le contenu s'adresse principalement à un auditoire en bas âge qui s'émerveille à la seule vue d'une ombre fantasque.
Tout peut arriver dans ces univers merveilleux où les couleurs pastel règnent. Les images sont généralement belles, vives et éclatantes. La présence de brûlures ou de taches sur la pellicule fait parfois sentir le poids des années et c'est bien ainsi. Le plein écran offre un grain un tantinet trop clair qui ne nuit cependant jamais aux détails. Des sous-titres peuvent être sélectionnés et ils sont extraordinaires. La couleur blanche est très visible, il n'y a pas de fautes typographiques et leur déroulement n'est pas trop rapide. La musique est également un élément important de l'émission. Les chansons sont rythmées, enfantines et très réussies. Il y en a suffisamment pour accrocher, mais pas trop pour saouler. Des bruits et des sons apparaissent sans crier gare pour faire rire et surprendre au passage. Le thème principal est irrésistible et il y a une attention particulière accordée au français parlé. Les voix sont drôles, elles voyagent toujours sans entrave.
Cette collection archives de "La Ribouldingue" n'est pas parfaite. Le coffret est aussi gros qu'une série comme "Les Filles de Caleb", mais il n'y a qu'un seul boîtier à l'intérieur! Beaucoup de cartons et d'espace perdu pour un seul DVD, c'est un peu inutile (quoiqu'il s'insère bien aux autres items DVD de la même "collection archives"). Au moins, l'édition est splendide. Les couleurs sont chatoyantes, il y a un Paillasson qui fait un sourire et il y a des fleurs partout. Une fois l'insertion du disque, le premier réflexe est à la joie et à l'étonnement. Le menu principal est lumineux. Le titre bouge, il y a plusieurs personnages et même une chanson qui est toutefois un peu trop courte.
En regardant bien, il n'y a que cinq épisodes: "Mon gros doudou", "Partout et toujours", "Le costume de Paillasson", "L'arbre à patates" et "Un bon diable". C'est triste de mettre l'eau à la bouche en faisant revivre de tels souvenirs et en offrant seulement quelques heures de réminiscence. En ce sens, le coffret de Sol et Gobelet était nettement plus réussi. Au moins, une sixième histoire (intitulée "Un bon diable") est incluse comme supplément. Ce segment en noir et blanc est très élégant. Les grands admirateurs de la série voudront retourner un papier et acquitter les frais de port et de manutention pour obtenir un disque gratuit de la chanson-thème de l'émission.
Peut-être que la sortie de "La Ribouldingue" n'est qu'un test (si les gens sont nombreux à retourner en enfance, il y aura probablement un deuxième volume), à moins que les cinq épisodes inclus soient les seuls à avoir été sauvés des archives de Radio-Canada. Dans tous les cas, c'est une curiosité extrêmement intéressante pour les adeptes de la série ou pour les jeunes personnes qui veulent connaître des personnages si sympathiques.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |