I Now Pronounce You Chuck and Larry
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Dennis Dugan
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 116 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
14 novembre 2007

Adam Sandler refait équipe avec le réalisateur de Big Daddy, Dennis Dugan, pour offrir une farce imbécile qui est cette fois, ô miracle!, assez drôle. En se moquant de tout, de rien et surtout de lui-même, "I Now Pronounce You Chuck & Larry" risque bien de provoquer quelques larmes de rire après une dure journée de travail.

Chuck (Adam Sandler) et Larry (Kevin James) sont amis et pompiers. Le premier est un coureur de jupons, alors que le second se demande comment ses enfants pourront obtenir sa pension en cas de décès. Il trouve la solution miracle: se marier avec son collègue de travail afin qu'il puisse héritier de ses biens au moment opportun et ainsi les redistribuer à sa progéniture. Ce moyen illégal leur procurera plusieurs ennuis juridiques et sociaux, car plusieurs personnes dans leur entourage ne sont pas prêtes à accepter leur récente union homosexuelle.

La carrière d'Adam Sandler est populaire à défaut d'être très subtile. D'un côté, il enfile les comédies niaises avec beaucoup de succès en jouant toujours le même personnage: le gars décalé qui s'enrage pour rien face à ses comparses. De l'autre, il aimerait bien être plus sérieux, comme en fait foi son excellente participation à Punch-Drunk Love et celle, moins convaincante, dans Reign Over Me. Il revient à ses premiers amours dans "I Now Pronounce You Chuck & Larry".

À priori, cette nouvelle production devait être insupportable. L'humour ne vole pas très haut, les situations sont répétitives et les gags s'avèrent souvent racistes, sexistes et xénophobes. Pendant la moitié du film, le long-métrage se moque des homosexuels alors que pendant le second tronçon, il cherche à les défendre en se voulant moralisateur et plutôt pesant. Un In & Out sans la fraîcheur des répliques ou du jeu de Kevin Kline. Pas surprenant que certains individus aient décroché.

Pourtant, il faut laisser une chance au coureur. Plusieurs séquences font sourire par leur irrévérence et elles s'avèrent souvent politiquement incorrectes. Les jeux de mots sont généralement tordants et décapants. Le spectateur sait comment la majorité des scènes finissent par être ridicules, mais il ne peut s'empêcher de rire devant cette bonne humeur proéminente qui joue pour beaucoup dans la tiède réussite de l'entreprise. Sandler est égal à lui-même et il ravira encore ses fans. Au moins, cette fois, il a un équivalent plus sobre et réservé en Kevin James. Et il y a superbe distribution secondaire (Steve Buscemi, Ving Rhames, Dan Aykroid, Rob Schneider) pour surprendre lorsque le récit tend à faire du surplace.

Les aspects visuels et sonores ne sont pas loin d'être impeccables. Les images sont précises et elles offrent une multitude de détails. Les couleurs sobres ne prennent pas le dessus et elles s'effacent devant ces contrastes très précis. Un léger blocage peut apparaître, mais seulement quelques instants. Le reste du temps, il n'y a rien qui sorte de l'ordinaire et pour une fois, ce n'est pas un défaut. La musique, très présente, tend à jouer sur l'émotion ou à enfiler les tubes populaires. Les airs respectent le sujet (il y a du Abba et du Pet Shop Boys) sans réellement le transcender. Les pistes anglophone, francophone et espagnole sont efficaces. Des bruits d'automobiles, d'hélicoptères, de sirènes, d'eau et de ferraille qui explose s'échappent des différents haut-parleurs, venant parfois entraver les dialogues. Pour pallier cet inconvénient, il ne faut pas hésiter à insérer de très visibles sous-titres blancs disponibles dans les trois langues les plus parlées en Amérique du Nord.

La pochette est particulièrement insignifiante. Kevin James crie et il porte un Adam Sandler découragé dans ses bras. À sa seule vue, il y a plusieurs détracteurs qui risquent tout simplement de passer à côté. Le menu principal du DVD est plus musclé... et presque aussi horripilant. Une grosse sirène de pompier se fait entendre, faisant sursauter presque à chaque fois. Un montage rapide de scènes s'affiche, cherchant à créer un sentiment d'urgence. C'est cependant raté. Les suppléments semblent nombreux et ils sont à l'image du film: il n'y a rien de sérieux, que de la rigolade superficielle. Une fois avisé, ces entretiens avec Sandler et James passent beaucoup mieux. Ce sont justement ces deux comédiens qui sont de presque tous les segments. Ils parlent de leur étroite relation, du tournage, de la distribution secondaire, des cascades et du réalisateur Dennis Dugan sans réellement entrer dans les détails. Ce dernier explique pourquoi certaines séquences ont été retranchées et il y a une séance de fous rires intenses. Légers comme le vent. Pour les informations, mieux vaut se tourner vers les deux pistes de commentaires. La première superpose les voix des deux vedettes masculines et celle du cinéaste. Les propos, pertinents ou non, défilent rapidement, racontant des anecdotes sans jamais réellement les mettre en contexte. Drôle à défaut d'être profond. Tout le contraire de la piste de commentaires où Dugan, cette fois seul, traite des thèmes et des techniques utilisées. Même s'il s'avère répétitif, mieux vaut des bonus inégaux que rien du tout.

"I Now Pronounce You Chuck & Larry" est loin d'être un objet subtil et réfléchi. Il serait même le contraire. Malgré les appréhensions normales ("ah non, pas un autre film d'Adam Sandler!") et plusieurs fautes de goût, la comédie tient généralement bien la route du début à la fin et le spectateur se surprend à rire en de nombreuses occasions. Un plaisir coupable à regarder un sac sur la tête, pour être certain de ne pas être reconnu.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments6
Vidéo8
Audio8