The Interpreter
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Sydney Pollack
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 129 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
23 octobre 2005

Écrit par les auteurs Martin Stellman et Brian Ward, "The Interpreter" est un suspense relativement bien réalisé par le metteur en scène Sydney Pollack, mettant en vedette deux grands acteurs du septième art, Nicole Kidman et Sean Penn.

Le récit de ce drame débute lorsqu'une interprète sud-africaine qui travaille à l'O.N.U., Silvia Broome (Nicole Kidman), découvre par malchance dans le hall de l'Assemblée générale, une conversation en Ku, une langue qu'elle est presque la seule à comprendre. Cette conversation dévoile un attentat contre Zuwanie (Earl Cameron), le président et dictateur du Motabo (pays africain imaginaire, Motabo est le nom du parc national au Zimbabwe) en visite officielle à New York prévue la semaine suivante, afin de tenter de justifier ses crimes de guerre et ainsi éviter la cour pénale internationale. Pourchassée par des tueurs, Silvia est placée sous la protection de l'agent fédéral Tobin Keller (Sean Penn) qui la soupçonne de n'être pas complètement étrangère à ce qui ce manigance. Silvia Broome est-elle une victime ou une suspecte?

Le film relate une conspiration complexe qui ressemble à un gros casse-tête dont on découvre peu à peu les pièces et qui nous entraîne pour la toute première fois de l'histoire du cinéma dans les bâtiments de l'Organisation des Nations Unis. Le réalisateur Sydney Pollack nous offre ici un thriller qui manque de fermeté dans sa direction d'acteurs. Cette aventure fictive est trop conformiste et manque littéralement d'intensité et de dynamisme. Les nombreux rebondissements sont trop prévisibles et ne surprennent pas vraiment le spectateur. Bien que le scénario de Charles Randolph, Scott Frank et Steven Zaillian renferme des idées fabuleuses, "The Interpreter" est filmé sans imagination et presque sans rythme. Les acteurs sont sans relief et très économes dans leur jeu ce qui est terriblement navrant surtout lorsque vous avez au générique une distribution composée de Nicole Kidman et de Sean Penn.

Sur un fond de dissension politique, le cinéaste Sydney Pollack présente un film lourd de contradictions, moraliste et surtout écrasé par un lyrisme primaire qui dissipe ses aspects les plus réussis. L'ensemble glisse lentement vers une finale convenable, mais qui, encore une fois, essaie d'être touchante sans y intégrer vraiment de l'émotion. À la fin de cette histoire de complots, qui avait pourtant beaucoup de potentiel, "The Interpreter" manque véritablement de consistance dû principalement à son scénario trop vague, à son sentimentalisme et à ses acteurs laissés à eux-mêmes par un Sydney Pollack qui semble complètement perdu, ne sachant pas mettre les pièces de son puzzle au bon endroit. Autant il avait été imaginatif avec son Three Days of The Condor autant qu'il nous déçoit par ce film monotone affreusement stéréotypé et inégal.

Un superbe transfert à mettre à l'actif de la Universal. L'image me parait exempte de petits défauts, du moins aucune rayures et point blancs me semble apparents, la qualité est au rendez-vous. La définition est excellente, le contraste est magnifique et les couleurs sont naturelles, saturées et stables. Les pistes sonores, tant anglaise que française, demeurent d'une qualité irréprochable. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles. La musique de James Newton Howard est tout simplement sublime et donne énormément de dynamisme à l'action.

La quantité de suppléments dans cette édition est tout simplement incroyable. Vous trouverez tout d'abord un commentaire audio de Sydney Pollack disponible tout au long du film afin de mieux décortiquer l'action qui se déroule sous nos yeux. On nous offre une fin alterne à ce thriller qui à mon point de vue est meilleure que l'originale. Puis, vous verrez trois scènes que le réalisateur a décidé de supprimer. Ensuite, dans "Sydney Pollack at Work: From Concept to Cutting Room", Sydney Pollack nous explique sa vie d'homme et d'acteur-réalisateur, les difficultés à tourner "The Interpreter" à l'O.N.U., son travail dans la salle de montage, etc.

Dans une revuette qui a sûrement plu à l'éditeur de notre site, "Interpreting Pan and Scan vs. Widescreen with Pollack", le réalisateur explique ici que tous les films qu'il a fait en début de carrière furent tournés en format panoramique, parce que cela lui donnait deux fois plus d'espace afin de donner le maximum d'information au public. Mais, il raconte aussi que lorsque la télévision a commencé à acheter des films, à les payer très cher et à les recadrer, il a décidé alors d'abandonner le format panoramique au profit du format carré. Le premier de ces films était Out of Africa. Qui, selon lui, aurait dû être en format panoramique. Il ajoute que depuis ce film, il n'a plus jamais tourné en format large. Avec "The Interpreter", il revient au format panoramique, car il peut ainsi nous donner beaucoup plus d'informations par seconde qu'avec n'importe quel autre format d'image.

"he Ultimate Movie Set: The United Nations" débute en disant que bien que cent quatre-vingt-onze nations y soient représentées, c'est-à-dire cent quarante de plus qu'en 1945, on ne vous demandera d'apprendre le mot paix que dans les six langues parlées dont le français à l'Assemblée générale. Sydney Pollack nous apprend qu'il a su deux mois avant le début du premier tour de manivelle que l'O.N.U. n'avait jamais permis à quiconque de tourner sur place... il ignorait quoi faire, à ce moment-là, se retrouvant devant un cul-de-sac. Même le grand cinéaste Alfred Hitchcock n'avait pas réussi à obtenir l'autorisation pour son film North By Northwest. Finalement, Pollack obtient un rendez-vous avec Kofi Annan, secrétaire-général de l'O.N.U. qui avait d'abord refusé sa demande. Pollack revient à la charge et lui explique qu'il ne voulait pas faire un film de propagande, mais plutôt de suspense. C'est alors que Kofi Annan lui dit: "Je suis convaincu de la qualité de ce film, et je suis certain que le scénario et le message sous-entendu du film correspondent aux objectifs globaux de l'O.N.U.". "A Day In the Life of Real Interpreters" nous raconte un journée dans la vie de vrais interprètes dont Diana Duan Lei Liao, qui est la chef interprète du service d'interprétation au siège social de l'O.N.U. à New York. Brigitte Andreassier-Pearl, qui travaille en tant qu'interprète à l'O.N.U. depuis trente-trois ans, elle dirige la section française du service d'interprétation où un interprète est censé comprendre certaines langues, pour ensuite les exprimer dans sa langue maternelle.

Bref, un film ordinaire avec des suppléments extraordinaires qui sont d'ailleurs tous présentés avec sous-titre en français. Au cours de sa longue carrière, Sydney Pollack a déjà fait pire et a déjà fait mieux. "The Interpreter" est un film décevant qui avait pourtant beaucoup de potentiel pour devenir un excellent thriller.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments8
Vidéo7
Audio7