In the Electric Mist
Les Films Séville Pictures / Images Entertainment / E1 Entertainment

Réalisateur: Bertrand Tavernier
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 102 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212100901

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
28 mars 2009

Lors de son passage au Festival Cinémania de Montréal en novembre 2007, le vénérable cinéaste Bertrand Tavernier confiait être en plein tournage de son prochain film, "In the Electric Mist", une adaptation du roman de James Lee Burke. "Je suis trop près du film pour pouvoir en parler. Ça été une expérience parfois difficile avec le tournage qui n'était dans ma langue, avec des équipes américaines, et je suis trop au milieu de ça pour arriver à y voir clair. Je peux simplement dire que j'ai travaillé avec des acteurs formidables..." Plus d'une année s'écoule et la bête arrive directement en DVD précédé d'un scandale: Tavernier, insatisfait du montage retenu par des producteurs américains, lancera sa propre version en Europe. Si cette version n'est toujours pas disponible pour le cinéphile québécois, il en est tout autre avec celle qui est commercialisée aux États-Unis et qui est loin d'être à la hauteur des précédents essais du metteur en scène français.

Des meurtres de jeunes femmes secouent la Nouvelle-Orléans. Afin d'y voir plus clair, le policier Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones) décide de mener une enquête qui lui fera visiter un plateau de tournage où un producteur véreux (John Goodman) semble prendre beaucoup de place. Il fera également la connaissance de la principale vedette (Peter Sarsgaard) qui se plaît à abuser de la bouteille d'alcool après les heures de travail. En remontant à la source d'un passé taché de sang, Robicheaux sera confronté à ses propres démons, et pour avoir le dessus sur ses adversaires, il devra peut-être apprendre à contourner la loi...

Voilà un récit qui aurait pu être captivant. L'histoire est intéressante, les interprètes sont solides et la réalisation demeure experte. Pourtant, quelque part, il y a du sable dans l'engrenage qui vient saborder ce rythme étonnamment lent qui manque cruellement de rebondissements et de dialogues phares. À mi-chemin du long-métrage, le protagoniste vivra des hallucinations ou des rêves éveillés, ce qui l'obligera à côtoyer des figures historiques décédées. Ce changement de cap mine avec lui la crédibilité de l'ensemble, venant alourdir le propos de métaphores peu subtiles sur l'importance du passé. Ce n'est toutefois rien à côté de cette fin terriblement décevante où la fin justifie et moyens, et où la morale ne fait tout simplement pas le poids face aux intérêts particuliers.

Cette déception n'est pourtant pas totale. Si la progression manque cruellement d'originalité, elle tient relativement bien la route. Et il y a une impressionnante distribution qui fait presque oublier ces enjeux qui tournent en rond. En éternel policier (pourra-t-il un jour faire autre chose?), Tommy Lee Jones évite d'être sur le pilote automatique. Il affiche même beaucoup de finesse lors des scènes plus introspectives. Peter Sarsgaard surprend également avec son personnage aux failles proéminentes. Tout comme Mary Steenburgen en épouse de flic et John Goodman qui semble parfois reprendre son rôle de Big Lebowski.

La musique imaginative de Marco Beltrami est également au point. Tout comme Buddy Guy qui y va d'une chanson blues. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 flatte les enceintes dans le sens du poil, les arrosant de bruits de crapauds, de sirènes, d'eau, de tonnerre et de sonneries de téléphone. Les voix, audibles, mais pas toujours compréhensibles (Jones est reconnu pour mâcher ses mots), peuvent être accompagnées d'intéressants sous-titres jaunes en anglais et en espagnols. La superbe photographie se répercute sur ces jolies images, ce sens inné des détails et ces ingénieux contrastes qui utilisent favorablement le brouillard. Les couleurs éclatantes, quoique un peu sombres, finissent par faire oublier ce blocage qui peut s'extirper de certaines surfaces.

La pochette blanche où Jones et Goodman sont à l'honneur est loin d'être particulièrement attirante. Un constat qui s'adresse également à ce menu principal statique et sans musique qui reprend une pose quelconque du héros. L'absence totale de suppléments est une énième lacune pour une œuvre qui en comporte déjà beaucoup.

Insatisfait envers le montage de ce film très imparfait, Bertrand Tavernier a décidé d'offrir une nouvelle version pour le public européen. Espérons que le tout débarque un jour en DVD au Québec, car pour l'instant, ce "In the Electric Mist" tel qu'il a été retenu par les producteurs américains est loin d'être à la hauteur de la réputation du cinéaste et des comédiens. Ce que la grosse bête hollywoodienne peut être méchante envers les réalisateurs étrangers...


Cotes

Film5
Présentation2
Suppléments-
Vidéo7
Audio7