Les fans de Scream qui ne voyaient plus leur héroïne préférée peuvent se réjouir. La Canadienne Neve Campbell continue à jouer dans des films - beaucoup plus indépendants - et elle est même à l'affiche de la comédie dramatique britannique "I Really Hate My Job".
L'histoire rappelle le très ordinaire Waitress ou le chaleureux Caramel. Dans un petit restaurant, cinq femmes vivent des joies et des peines diverses. Malgré leur travail redondant et pas toujours valorisant, elles se sentent animées de missions diverses. Entre la nécessité d'être vite et alerte, la difficulté de se côtoyer pendant un long moment, le désir de plaire, les tracas du quotidien (rupture, famille maladie, argent qui se fait rare et alouette) et la vermine qui apparaît soudainement, une soirée importante ne sera pas de tout repos.
Après An Ideal Husband et The Importance of Being Earnest, deux comédies au ton acidulé, le réalisateur anglais Oliver Parker retourne à une forme de cinéma plus modeste. En adaptant le scénario presque autobiographique de Jennifer Higgie, le sujet idéal était de mise pour montrer les jeux de pouvoir et la désillusion d'une jeunesse en quête de repères. Derrière une réalisation vivante se trouve cependant une œuvre beaucoup trop sage. Au lieu d'exister et d'agir, les personnages ne font que parler pour rien, empêchant le rythme de s'envoler et d'étonner. Ces abus de mots et de dialogues touchent rarement la cible, car les propos apprennent peu de choses de nouveau et les rires demeurent peu présents. La seule exception apparaît lorsqu'une des filles n'arrête pas de parler du Québec!
La justesse de l'interprétation rachète en partie ces importants défauts. Les cinq comédiennes ont un malin plaisir à jouer ensemble et leur énergie s'avère communicatrice. Si les stéréotypes sont de la partie (la jeune intello rigide, la blonde un peu stupide, la vieille rêveuse, la laide refermée sur elle-même et la rebelle en crise d'identité), l'identification se veut immédiate. Et les adeptes de Neve Campbell y trouveront leur compte dans une importante scène encore plus éloquente que l'ensemble de Wild Things. L'acteur Danny Huston apparaît également dans son propre rôle, ce qui donne au long-métrage ses meilleures séquences.
Sur le plan technique, c'est à peine mieux. Les images sont un peu trop blanches et les couleurs demeurent ternes et peu éclatantes. En contrepartie, les contrastes s'avèrent intéressants et les séquences en noir et en blanc surprennent par leur beauté. La musique tend à être descriptive, apparaissant quelques fois directement à l'écran. Devant quelques accents un peu difficiles à comprendre, l'absence de sous-titres se veut regrettable. Presque autant que la faible utilisation de la piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 qui ne vient pratiquement jamais titiller les différentes enceintes.
Tout aussi ordinaire est la pochette qui montre les cinq personnages principaux dans des décors de carton. Le menu principal du DVD reprend cette idée en prenant soin de demeurer très statique. La mélodie étonne toutefois par sa vivacité. En guise de bonus, il y a un instructif documentaire de 34 minutes expliquant les différentes étapes de tournage, du choix du scénario à la mise en scène du cinéaste, en passant par les pensées des protagonistes et les thèmes abordés. Généralement, c'est même plus intéressant que le produit final.
Même s'il est bien réalisé et que sa distribution rayonne de belles et talentueuses actrices, "I Really Hate My Job" peine à convaincre. Malgré tous les mots échangés, le scénario s'avère particulièrement maigre en substance et les situations ne font ni rire ni réfléchir. Voilà une simple curiosité qui détenait beaucoup potentiel et qui aurait dû aller plus loin.
| Film | 5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |