Il y a de ces phénomènes sociaux qui divisent la masse en deux catégories bien distinctes, pas de zone grise possible. Les gars de Jackass font partie de cette catégorie; soit on adore Jackass, soit on les déteste. Habituellement, on les aime ou on les déteste pour les mêmes raisons; ils sont vulgaires, ils sont des adolescents attardés, ils sont dégoutants, ce qui fait rire les uns fait grimacer les autres. Personne ne reste indifférent face à Jackass, on aime ou aime pas, pas de juste milieu. Je fais partie du premier groupe, celui qui les adore. Parfois, après une dure semaine au travail, j'aime bien mettre mon cerveau à "off" et me bidonner d'un gros rire gras bien senti en regardant quelqu'un se faire mal intentionnellement en me disant "non il ne va pas faire ça...". Si vous faites partie du second groupe, vaut mieux arrêter de lire cet article tout de suite, si vous continuez, on vous aura averti!
Donc, les gars sont de retour pour une troisième offrande. Après une pause de quatre ans, les gras reprennent là où ils avaient laissé, à la différence que le tumultueux Steve-O est maintenant sobre depuis plus d'un an. Est-ce que ça altère sa performance? Je vous assure que non, pour son premier sketch, il se fait frapper par une balle de baseball en plein dans les parties...Peut-être que ces années de partouzes ont laissé des traces finalement! La pause de quatre ans a permis aux gars de se renouveler, d'inventer de nouvelles idées toutes plus tordues les unes que les autres. Je ne vous les énumèrerai pas, je ne veux pas gâcher votre surprise.
L'ensemble de deux disques que j'ai reçu comprend trois versions du film; la version en salle, la version prolongée non-censurée, avec cinq minutes de contenu supplémentaire, ainsi que la version 3D de la version théâtrale. Pour cette version en trois dimensions, pas besoin de changer votre téléviseur, on vous fournit les bonnes vieilles lunettes rouge et bleue. J'avais vu la version 3D au cinéma lors de sa parution. Évidemment, l'ancienne technologie 3D présentée ici ne peut rivaliser avec les nouvelles technologies, mais elle constitue quand même un des films les plus réussis que j'ai vu en ce format. Aussi, pour les cinéphiles ayant un système D-Box, Jackass 3 est encodée pour ce procédé.
Bien qu'elle contient deux disques, cette édition a bien peu de contenu supplémentaire à nous offrir, mais on comprend vite pourquoi! Quand on met le disque dans le lecteur, les gars de Jackass nous expliquent qu'ils ont tournés trop de matériel, alors ils annoncent la sortie en DVD de Jackass 3.5. Donc, au lieu de mettre des suppléments sur ce disque, ils vont offrir ces bonus sur un disque différent et en faire un film à part entière, du beau mercantilisme américain. Donc, mis à part 2 scènes supprimées et quelques séquences ratées, il n'y a qu'un reportage en coulisse, présenté sur les ondes de MTV. Ces quelques bonus nous font regretter leur si petit nombre, car on s'y amuse beaucoup.
Juger de la qualité audio/vidéo d'un film de Jackass est une tâche délicate. Des dizaines de caméras différentes sont utilisées, de la caméra super haute vitesse qui permet des ralentis à couper le souffle (qui est d'ailleurs utilisée à toutes les sauces, pour notre plus grand bonheur), à d'autres scènes tournées avec un simple appareil photo numérique. Le transfert est excellent, mais parfois l'image souffre un peu de l'utilisation de ces différents médiums d'enregistrement. L'audio par contre est mieux calibré, il est parfois plus facile d'enlever du "white noise" que de régler une image granuleuse. Mais somme toute, ça fait partie de l'expérience Jackass, un peu trash. On sait dans quoi on s'embarque. Si vous ne le savez pas au départ, vous le savez en moins de 30 secondes!
Je suppose que si vous avez lu jusqu'ici c'est que vous êtes un fan du genre, comme moi. Je vous dirais que c'est probablement mon préféré des trois films, celui où j'ai le plus ri. J'ai sauté un seul gag ("Sweat suit cocktail"), parce que celui-ci me lève le cœur. Le gag final peut être dur à regarder pour certains, si vous avez vu la bande-annonce, vous savez celui dont je veux parler. Un film de gars, fait par des gars, voilà ce qu'est Jackass. D'ailleurs, quand j'ai vu le film en salle, sur cinquante spectateurs, une seule femme était dans la salle, et elle est partie après dix minutes! Je la soupçonne d'avoir accompagné son conjoint et d'avoir changé d'idée pour aller voir un autre film à la place.
| Film | 10 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |