JCVD
Peach Arch Trinity

Réalisateur: Mabrouk El Mechri
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 101 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 625828458408

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 avril 2009

Jean-Claude Van Damme joue son propre rôle dans "JCVD", un faux documentaire où l'acteur belge peut expurger ses démons. Drôle, gentil et attendrissant dans ce qui pourrait très bien être son meilleur film en carrière.

Les vieux héros de films d'action n'ont plus la cote. Arnold Schwarzenegger est devenu gouverneur, Sylvester Stallone vit dans le passé, Wesley Snipes a des problèmes avec le fisc, Christophe Lambert se fait appeler monsieur Sophie Marceau, Steven Seagel ne fait rien d'autre que de penser à sa queue de cheval et Chuck Norris se demande encore comment le chien de Top Dog a pu être meilleur que lui. Et Jean-Claude Van Damme là-dedans? Il troque son temps et sa formation de karatéka à jouer dans des longs-métrages de série B (ou C, D...) qui sortent directement en DVD.

Pour revigorer une carrière en dent de scie, il a décidé de laisser ses muscles au vestiaire et d'être lui-même dans "JCVD" où les démons d'une filmographie chancelante, de problèmes de drogue et de divorces tumultueux viennent le hanter, encore et toujours. À tel point que son passage dans une banque de Belgique ne laissera personne indifférent. C'est qu'une prise d'otages est en court et le comédien vu dans Street Fighter pourrait peut-être bien en être l'auteur. Ce qu'il ne faut pas faire lorsque l'argent commence à manquer...

Cette satire mi-fictive mi-biographique de Mabrouk El Mechri débute en force avec un superbe plan séquence façon jeu vidéo où l'action ne manque surtout pas. Il y a ensuite une brillante description d'atmosphère où sa mise en scène stylisée transforme la tiède Belgique en lieu intéressant et séduisant. L'humour, étincelant, revient sur les anges déchus des années 1980 où la mode était de tirer dans le tas et de poser les questions ensuite. Après une entrée en matière aussi étincelante, la montgolfière ne pouvait que se dégonfler et c'est malheureusement ce qui arrive. À force de revenir en arrière et de jouer avec la chronologie et les points de vue, l'ensemble perd un peu de son charme. Surtout que la charge n'est pas aussi féroce et cinglante que laissait présager cette mémorable introduction. Reste un Jean-Claude Van Damme au charisme certain qui arrive à émouvoir lors d'une longue et sincère confession en forme de rédemption.

La réalisation est étincelante avec ces ingénieux jeux de lumière. Les images peuvent comporter des traces de grain et de blocage, mais il y a surtout des contrastes formidables, une étonnante palette de couleurs et un style visuel implacable qui évoque la bande dessinée. C'est moderne et vieillot tout à la fois. Les pistes sonores, à la densité enviable, offrent une belle maîtrise des différentes enceintes, faisant triompher les bruits de balles, d'explosions, de sirènes et de verre brisé. Les voix toujours audibles sont soutenues par de très visibles sous-titres blancs, et par une trame sonore qui alterne entre l'atmosphérique, le comique et le dramatique.

La pochette sombre montre un Jean-Claude Van Damme magané qui est prêt à tirer sa révérence. Le menu principal du DVD offre un stimulant montage de scènes sur une musique assez rythmée. Outre une honnête bande-annonce, les suppléments se limitent à un peu plus de cinq minutes de scènes supprimées qui s'étirent parfois en longueur. Il n'y a vraiment rien pour satisfaire les admirateurs de Bloodsport.

"JCVD" part d'une excellente idée sans la développer totalement. Cette déception ne se compare toutefois en rien aux nombreuses surprises qui parsèment le scénario. Il y a de l'humour, de l'action, du drame et un Jean-Claude Van Damme qui change enfin de registre pour offrir un véritable personnage en deux dimensions et demie. Une bouffée de fraîcheur pour une icône qui semblait révolue depuis longtemps.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments2
Vidéo8
Audio8