Kaboom
Entertainment One

Réalisateur: Gregg Araki
Année: 2010
Classification: 18A
Durée: 86 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212001109

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
13 juin 2011

Les amateurs d'œuvres insolites, incongrues, énigmatiques et jouissives seront au septième ciel avec "Kaboom", le nouveau délire de Gregg Araki. L'exemple parfait d'un cinéma frais, décontracté et bourré de références.

La vie de campus changera bientôt du tout au tout pour Smith (Thomas Dekker). Alors qu'il passait son temps entre garçons et filles, le jeune homme qui aura bientôt 19 ans est sur le point de mettre le pied dans un engrenage qui le dépasse, où les gens se font enlever et où sa vie devient subitement en danger.

Gregg Araki est un cinéaste qui possède sa propre signature. Il aime choquer dans sa façon de décrire le quotidien et la sexualité d'une jeunesse perdue et égarée. Surtout reconnu pour son sérieux et excellent Mysterious Skin, il sait également être léger et coquin, comme en fait foi cette fable débridée qui emprunte la forme d'un mauvais sitcom américain (situations incongrues, dialogues merveilleusement mauvais, abus de sexe et de psychotropes, etc.) pour mieux la transcender.

Le long-métrage complètement imprévisible laisse la belle part aux fantasmes adolescents avant de s'épanouir dans des fantaisies insoupçonnées qui mélangent horreur, science-fiction et récit apocalyptique. Un véritable rêve de cinéphiles, joyeusement superficiel et caricatural, qui captive avec ses échanges hilarants, ses personnages savoureux et sa finale plus que parfaite. Sûrement que le ton en laissera plusieurs sur le bord de la route, mais les plus aventureux seront au nirvana devant ce divertissement de premier ordre.

Les images extrêmement colorées et riches de détails en tout genre attirent rapidement l'attention. Tout comme la grande qualité des contrastes et la précision dans la définition des contours. Un esthétisme de bande dessinée qui est loin d'être désagréable. La superbe musique contient plusieurs pièces accrocheuses, dont du Ladytron, Interpol, Cut Copy, Placebo, Explosions in the Sky, The Horrors, Yeah Yeah Yeahts et The Pains of Being Pure at Heart! Une trame sonore à se procurer le plus rapidement possible. Les pistes audio en Dolby Digital 5.1 sont très efficaces dans leur façon de faire ressortir des sons de pluie et de tonnerre. Les voix sont claires, il y a de très visibles sous-titres jaunes et même un doublage francophone, ce qui est plutôt rare pour ce genre de production.

La pochette rose et blanche affiche rapidement le climat de l'ouvrage: sexy et sans effet secondaire. Le menu principal du DVD reprend cet esthétisme, qui est malheureusement statique et sans mélodie. Aucun supplément ne se retrouve sur cette édition. Une déception pour un opus qui a fait les plus grands festivals (Cannes, Toronto, Montréal).

Sorte de Donnie Darko survitaminé à la sauce David Lynch et John Waters, "Kaboom" est une débauche existentielle sans queue ni tête qui deviendra rapidement un film culte. Tellement étrange et incroyable que l'on voudra le voir plusieurs fois seulement pour rire aux larmes du début à la fin. Les amateurs d'Araki préféreront sans aucun doute ses essais beaucoup plus sérieux et matures que cette relecture trash de ses thèmes fétiches. Mais comme brise estivale, il n'y a rien de mieux.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments-
Vidéo8
Audio7