King Arthur
Extended Unrated Version
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: Antoine Fuqua
Année: 2004
Classification:
Durée: 139 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
20 décembre 2004

Si l'histoire de la Grande-Bretagne est riche en faits d'armes, en conquêtes et en guerre, celle de son légendaire roi Arthur demeure encore mythique dû au manque d'information jugée fiable et à l'ineptie archéologique à déterrer le passé de cet illustre personnage. Appelée alors Bretagne, la Grande-Bretagne était sous gouverne romaine depuis 43 après J.-C.. Au fil des ans, la population devint "romano bretonne" tant par sa culture que par la religion. Puis au cinquième siècle, le pays fût soumis à plusieurs attaques de tribus germaniques (Angles, Jutes, Frisons et Saxons) et força l'empereur romain Honorius à renoncer à ce coin de terre. Face à l'ennemi, le peuple romano-breton s'organisa et combattit pour conserver ce qui était sien et parmi ses chefs, un certain Artus, aussi appelé Artoruis, de descendance romaine, aurait réussi à unifier le peuple et repousser l'ennemi. Quant aux écrits traitant du roi Arthur, des chevaliers de la table ronde, de l'épée Excalibur, du Graal et de Camelot, ils sont rares et semblent appartenir au monde de la littérature arthurienne 1. On sait finalement peu de choses sur ce roi, mais ce qui semble ressortir des divers écrits parlant de sa vie vont comme suit: il aurait hérité du titre d'"imperator" (commandant en chef), il aurait livré environ 12 batailles (il les a toutes remportées) et il serait mort à l'Île d'Avalon dans l'Abbaye de Glastonbury chez sa sœur Morgane.

Si la plupart des réalisations cinématographiques se sont inspirées de la littérature arthurienne pour construire ses histoires (Excalibur, Camelot et First Knight), le producteur Jerry Bruckheimer s'est plutôt rabattu sur le scénario écrit par David Franzoni, lequel a déjà écrit celui du film Gladiator, et qui suggère que le roi Arthur aurait pu être en fait le chef Artus, celui qui délivra le peuple romano-breton du joug saxon. Pour mener son projet à bon port, il en confia les rennes au réalisateur Antoine Fuqua (Training Day).

L'histoire de "King Arthur" débute au moment où Artorius et ses six chevaliers sarmates 2 (ils doivent travailler pendant 15 ans avant de pouvoir retrouver leur liberté) sillonnent les terres bretonnes pour protéger les actifs romains à l'extérieur du mur d'Adrien. Ils sauvent in extremis un convoi romain escortant un évêque, d'une attaque bretonne menée par Merlin. Ce qui devait être leur dernier fait d'armes, car la servitude des chevaliers se termine le jour même, se trouve reporté, car une dernière mission doit être menée à bien avant qu'ils puissent retrouver la liberté. Ils devront aller chercher une importante famille romaine sise au nord et qui est menacée par l'invasion saxonne. Cette chevauchée sera le théâtre de nombreuses péripéties dont la rencontre entre Artorius et Guinevere et l'affrontement historique entre les Saxons et les Bretons menés par Artorius et ses sarmates.

Sous les décors naturels très beaux et une cinématographie de première se cache une histoire aux prémisses intéressantes qui s'essouffle rapidement sous le poids des clichés où tout devient prévisible. De plus, au lieu de contempler une page d'histoire, on se retrouve devant un éloge au patriotisme (la spécialité de Jerry Bruckheimer) qui atteint son point culminant dans les derniers moments du film alors qu'une horde d'archers lancent des flèches de feu dans le ciel. Non, mais ça se peut pas!!! Au niveau de la distribution, Clive Owens fait un roi Arthur assez convaincant, Keira Knightley en fait tout autant en Guinevere, mais Stellan Skarsgård, dans le rôle de Cerdic chef des Saxons, vole littéralement la vedette en interprétant une brute au cœur de glace qui a la fâcheuse habitude de réduire drastiquement l'espérance de vie de tous ceux qui croisent son chemin. J'aimerais souligner l'excellente chorégraphie des combats de cape et d'épée, mais également pointer l'irréalisme entourant la précision les archers dans ce film qui ferait passer Robin des Bois pour une lopette. Autre bémol à ce film est le fait que l'on introduise plusieurs éléments de la littérature arthurienne (table ronde et l'épée Excalibur) comme s'il fallait obligatoirement que ces objets fassent partie du panorama alors que la prémisse du film nous suggère autrement.

Cette édition spéciale "Extended Unrated" propose une version bonifiée de "King Arthur" avoisinant les quinze minutes et qui est généralement composée de petits segments à haute teneur d'hémoglobine où les combattants perdent littéralement la tête et tout leur sang-froid. À noter que la version cinématographique de "King Arthur" est également disponible sur DVD, mais seulement en version plein écran. L'image de ce film est de très bonne qualité, composé de couleurs riches et naturelles spécialement bien reproduites lors des scènes de paysage hivernal. Cependant, certaines scènes plus sombres laissent entrevoir une image granuleuse et un niveau de détail moindre. J'ai comme l'impression qu'on a sacrifié le débit binaire du transfert vidéo (moins élevé) pour tout faire entrer le matériel de cette édition sur un DVD. Le transfert audio est une réussite sur toute la ligne. La bande originale Dolby Digital 5.1 remplit son mandat haut la main en offrant un champ sonore des plus vastes et des plus dynamique. Par exemple, on a l'impression de prendre part à la bataille finale, car plusieurs combats résonnent dans nos enceintes conjointement. Les dialogues sont facilement perceptibles (ne vous inquiétez pas, les Saxons s'expriment tous dans un anglais parfait) et trame musicale se lie bien au mixage sonore.

Le menu est une véritable carte d'invitation et est une réussite sur toute la ligne. On retrouve des segments vidéo laissant entrevoir les principaux belligérants et qui nous rappelle que la liberté est souvent acquise au prix de nombreuses vies. Côté suppléments, on a de quoi à se mettre sous la dent et ça commence avec la trame de commentaires faite par le réalisateur Antoine Fuqua qui se révèle être un bon orateur. On a droit à la recette habituelle de ce genre d'extra, c'est à dire sa préparation pour réaliser ce film (il en connaissait très peu sur le roi Arthur), sa façon de tourner les scènes, son choix de comédiens et ses lieux de tournage (magnifique Irlande). "Blood on the Land: Forging King Arthur" est une revuette d'environ 20 minutes sur la production de ce film et contient quelques entrevues avec les comédiens. Personnellement, c'est trop court pour vraiment être informatif et ça ressemble beaucoup plus à un outil de promotion. "Cast & Filmmaker Roundtable" est une table ronde réunissant réalisateur, producteur et quelques comédiens. Ce quinze minutes d'extra est vraiment intéressant et est une formule qui devrait être reprise plus souvent. On parle du choix des comédiens, de leur façon à se préparer pour une scène et du choix d'avoir transposé les récits du Roi Arthur dans une autre époque.

"King Arthur Xbox Game Demo" nous invite à essayer ce nouveau jeu vidéo et pour vous en parler, je passe le clavier à Martin Albert, notre expert de l'équipe dans ce domaine: Nous sommes en présence d'une version de démonstration de deux niveaux d'une création de la compagnie Konami, basé sur le film qui se retrouve sur le DVD, qui à première vue ressemble beaucoup au jeu The Return of the King qui nous a été offert dernièrement par Electronic Arts. Il faut dire qu'il n'y a pas bien des façons de donner un coup d'épée et de vivre une époque chevaleresque, quoique dans ce jeu il ne suffit que de piocher n'importe comment sur les boutons de votre manette pour que ce brave roi Arthur avance au travers les ennemis qui viennent de nulle part ("rentrer dans le tas" est la seule solution qui semble efficace). Le second niveau est beaucoup plus intéressant, car nous sommes à cheval, lequel nous pouvons utiliser pour ruer des ennemis qui s'aventure derrière le personnage. Le jeu n'est pas très flexible et nous devons suivre une route qui semble avoir été tracée pour nous avec des obstacles qui limitent nos allées et venues. Durant le jeu, nous sommes souvent interrompus pour voir un petit film de mise en situation. Les deux niveaux nous permettent de constater que le jeu est très répétitif. Je n'ai pas aimé le niveau à pied alors que j'ai adoré le niveau à cheval. Les graphiques sont très beaux (sauf durant les mises en situation où tout semble un peu plus robot carré), mais le son qui se retrouve presque totalement dans les haut-parleurs avant m'a un peu déçu. De retour à François!

"Knight Vision" est une trame d'information présentée sous forme de sous-titres lors de la projection du film. Je dois dire que ce supplément, de plus en plus présent dans les éditions de DVD, est vraiment une valeur ajoutée et fait de ce film une aventure entière. Une fin alternative, beaucoup plus juste que celle du film, est également à l'index ainsi qu'une galerie de photos et quelques bandes-annonces. À noter qu'une belle jaquette cartonnée recouvre ce DVD, qu'un encart recto verso contenant la liste des chapitres du film ainsi que l'index des suppléments est compris en plus d'une remise postale de 10 $ à l'achat du jeu vidéo.

Le prologue de "King Arthur" suggère que selon des découvertes récentes (sans doute les fouilles archéologiques perpétrées à Tintagel, petite presqu'île sur les côtes des Cornouailles où fût découvert une pierre en 1998 portant l'inscription "Artognov") ce roi aurait pu vivre au V siècle. C'est sur cette prémisse plus qu'intéressante que s'amorce ce film qui se veut la fin de l'emprise romaine sur la Bretagne et le début d'une grande nation. Le cours d'histoire fait rapidement place à une série de batailles et de clichés "Bruckheimerien" où sur une brise patriotique flotte l'adage qui dit qu'il est préférable de mourir pour une cause que de vivre sans une. Il est bon de souligner l'effort mis par Buena Vista pour la réalisation de ce DVD qui est très complet et très supérieur à la moyenne des DVD disponible sur le marché. Je recommande aux maniaques de films d'actions, de cape et d'épée et à recettes de se procurer ce dernier effort d'Antoine Fuqua sans hésitation.


Cotes

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Audio9