Knowing
Summit Entertainment / E1 Entertainment

Réalisateur: Alex Proyas
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 121 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212101311

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 juillet 2009

Nicolas Cage et Alex Proyas cherchent à sauver leur carrière respective dans "Knowing", un suspense surnaturel qui tient relativement bien la route jusqu'à sa pitoyable finale. Quinze minutes de trop dans un film techniquement très au point.

Ils n'ont rien fait de très intéressant depuis des lustres. Après ses cultes The Crow et Dark City, Alex Proyas a gaspillé son talent dans le désastreux Garage Days et la très populaire, mais tiède adaptation du classique I, Robot d'Asimov. Un parcours en dent de scie pour un cinéaste prometteur qui aurait pu être le prochain Darren Aronosky. Un son de cloche identique pour Nicolas Cage, ancien brillant comédien qui tourne tout et n'importe quoi depuis tellement d'années, lui qui n'a que trois très bons longs-métrages à son actif (Adaptation, Matchstick Men et Lord of War) dans la présente décennie. Afin de briser le mauvais sort, les deux hommes décident de faire équipe.

John (Cage) est un professeur veuf qui cherche à donner une bonne éducation à son fils Caleb (Chandler Canterbury). Un jour, la direction de son école primaire décide de déterrer une ancienne capsule comportant des écrits et des dessins que des enfants de son âge ont réalisés il y a de cela 50 ans. À sa grande surprise, papa devient obsédé par une feuille comportant une série de chiffres. En multipliant les recherches, il découvre que ces informations représentent les dates et les lieux de tous les accidents majeurs survenus pendant le dernier demi-siècle. Plus inquiétant encore, cette liste est loin d'être terminée...

De prime abord, la prémisse de cette alléchante production n'est pas nouvelle. Elle rappelle largement The Mothman Prophecies et The Number 23. Si l'originalité n'est pas toujours de la partie, l'efficacité l'est. Dès les premières minutes, le climat de tension s'installe pour ne presque plus disparaître par la suite. Le suspense tient en haleine et les retournements de situations risquent de plaire aux adeptes de Twilight Zone et The X-Files. Il faut bien entendu adhérer aux concepts paranormaux, car plus l'enquête avance et plus la science-fiction prend toute la place.

Les jours sont sombres et cette dominance du noir se veut une obsession chez Proyas. Comme dans The Crow et Dark City, les ombres semblent continuellement prendre le dessus sur les protagonistes, absorbant toute trace de lumière. Les contrastes, parfaits, sont utilisés pour créer une ambiance oppressante, et les très jolies images dénuées de presque toute trace d'artefact (hormis de blocage) servent aisément cette intrigue où les moindres détails sont souvent importants. Ce continuel soin graphique s'exprime au sein d'une mise en scène qui alterne entre l'intimiste et le spectaculaire. Les rares et excitantes scènes d'action (la plus mémorable est celle d'un accident d'avion filmé à l'aide d'ingénieux plans séquences) sont au service de ce noyau familial qui tend à s'agrandir au fil des rencontres.

L'angoissante partition musicale rappelle que Marco Beltrami se rapproche lentement mais sûrement des meilleurs compositeurs du moment. Son violon déchire les tympans, de la même façon que les pistes sonores qui martyrisent les enceintes, laissant ressentir une orgie de cris, de pluie, de flammes et d'explosions. Les dialogues, un tantinet plus faibles, s'entendent convenablement, et ils peuvent bénéficier de superbes sous-titres jaunes.

Dommage que l'intérêt disparaît presque totalement lors de cette affreuse finale. De toute façon, comment aurait dû se terminer un tel projet? Bonne question. Le cinéaste a opté pour une conclusion qui croule sous son lourd symbolisme et ses morales religieuses. Déjà que son histoire frôlait souvent le ridicule, voilà qu'elle s'y enfonce tête première, faisant involontairement rire jusqu'à ce dernier plan particulièrement abject.

Et Nicolas Cage là-dedans? Comme c'est malheureusement le cas ces dernières années, son visage ne semble émettre qu'une seule émotion. Sans être mauvais, un acteur plus expressif aurait apporté un tout autre cachet à l'ensemble. Le jeune Chandler Canterbury, aperçu dans The Curious Case of Benjamin Button de David Fincher, fait cependant belle figure. Tout comme Rose Byrne qui apparaît au milieu du récit, campant avec véracité une mère aimante et protectrice.

La pochette rouge mélange une boule de feu, des chiffres et le visage des trois personnages principaux. Intrigant, mais encore moins que le menu principal du DVD qui offre une déflagration rouge et noire qui est accompagnée d'un habile montage de scènes et d'une mélodie qui sera difficile à oublier. Les suppléments, peu nombreux, se limitent à un superficiel documentaire sur le tournage où tout le monde se félicite, un segment plus intéressant sur les visions d'apocalypse dans les différentes religions et mythologies, et surtout une fascinante piste de commentaires du cinéaste qui, avec son verbe habituel, ne lésine pas sur les détails pour éclairer sa démarche. Un bonbon sans trop de sucre.

Ni un échec ni un véritable succès, "Knowing" risque de rétablir Alex Proyas dans les bonnes grâces de ses admirateurs. Ce qui ne sera pas nécessairement le cas de Nicolas Cage. Réalisé avec un indéniable savoir-faire et un sens inné des détails, l'ouvrage séduit autant qu'il rebute, avant de s'écraser lamentablement dans la dernière ligne droite. Peut-être qu'un jour, M. Night Shyamalan en fera un remake...


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8