Leslie, My Name Is Evil
E1 Entertainment

Réalisateur: Reginald Harkema
Année: 2009
Classification: 18A
Durée: 84 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212104138

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 septembre 2010

Petit film canadien qui plaira sans doute aux amateurs d'Oliver Stone (et au réalisateur lui-même), "Leslie, My Name is Evil" fait beaucoup avec peu. Ce n'est toutefois pas toujours suffisant pour parler d'un bon long-métrage.

Deux destins très différents finissent par se recouper. Il y a Leslie (Kristen Hager), une femme rebelle (famille divisée, avortement, drogues, promiscuité sexuelle, etc.) qui est membre de la Famille de Charles Manson. Et il y a Perry (Gregoy Smith), un jeune homme de droite qui agit en tant que jury et qui doit juger de la responsabilité de Leslie dans des crimes odieux. Beau dilemme en perspective.

Amoureux des années 1960 et 1970 (son inégal Monkey Warfare se déroulait justement lors de cette période), le réalisateur Reginald Harkema continue d'explorer ces décennies de liberté et de désillusion en prenant ancrage dans le mythe de Charles Manson. Il ne faut toutefois pas s'attendre à un portrait de ce cas pathologique ni d'une analyse fine de l'époque.

Le metteur est plus intéressé à jouer des contrastes, confrontant la religion au diable, l'armée américaine qui se permet d'aller bombarder le Vietnam versus cette Famille accusée de meurtre, ce sentiment de plaisir qui peut corrompre n'importe qui. La charge, si elle manque volontairement de subtilité, se veut tout de même mordante, même si l'interprétation parfois chancelante désamorce un peu le récit. Pourtant au bout d'une demi-heure, il est aisé de savoir parfaitement où s'en va l'ouvrage qui révèle finalement peu de surprises ou de moments forts.

La musique est tout à fait adaptée aux propos, évitant généralement les clichés d'usage. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est suffisamment immersive pour envahir les enceintes de bruits d'instruments, de vent, d'insectes, d'oiseaux, de sonneries, d'aboiements et d'armes à feu. Les voix demeurent claires, et d'assez visibles sous-titres jaunes en anglais sont disponibles. Afin de respecter un budget serré, des archives évocatrices sont insérées pendant l'essai, ce qui donne un résultat assez rafraîchissant. Les images en apparence détaillées, mais sans éclat prennent de plus en plus de profondeur, avant d'étonner par leurs tentes singulières et d'acceptables contrastes.

La pochette iconique montre l'héroïne enroulée dans un drapeau américain. Eh oui, de loin, elle ressemble à Marie, la mère de Jésus... Le menu principal du DVD opte plutôt pour un montage de scènes et une mélodie quelconque. En plus de différentes bandes-annonces, trois suppléments méritent le détour. Il y a tout d'abord 24 minutes de scènes supprimées qui renforcent les enjeux en place. Puis un court documentaire (13 minutes) montre le cinéaste sur son terrain de jeu. Il y a enfin cette drôle et intéressante piste de commentaires de Reginald Harkema qui prend le soin d'expliquer sa démarche sans oublier de révéler quelques anecdotes.

"Leslie, My Name is Evil" relève de la curiosité. Il s'agit d'une production subversive qui, au-delà de ses messages plongés dans le vitriol, possède peu de profondeur pour intéresser du début à la fin. La démonstration perd rapidement de sa pertinence, ce qui est dommage, car le réalisateur et scénariste proposait de belles idées qui ne sont abordées que superficiellement. Voilà donc un hors-d'œuvre, succulent à ses heures, mais ultimement vide, en attendant quelque chose de beaucoup plus nutritif.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio7