Love and Death on Long Island
Lions Gate

Réalisateur: Richard Kwietniowski
Année: 1997
Classification: PG-13
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
10 août 2003

On dit souvent que les gens riches et célèbres sont froids et distants. Giles De'Ath (John Hurt), auteur à succès anglais, pourrait en être le parfait exemple. Veuf, il vit pratiquement en reclus dans sa grande maison que seule son employée de maison vient perturber. Ici, pas de traces de modernisme : pas de télévision, de magnétoscope, d'ordinateur ou tout autre objet qui vient modifier artificiellement votre jugement.

Pourtant, un jour, il prend son courage à deux mains et décide d'aller voir un film au cinéma local. Il projette une œuvre tirée d'un auteur qu'il connaît. Mais ce que Giles ne sait pas, c'est que les salles projettent de nos jours plusieurs films. Il rentre dans la première et commence à regarder un film qui semble aux antipodes de l'œuvre qu'il s'apprêtait à savourer. Des jeunes gens s'éclatent et discutent vertement autour d'une voiture ou s'enlacent fougueusement dans la pénombre. Notre écrivain se demande bien ce qui se passe. On s'est trompé de film, pense-t-il. Mais son attention est très vite attirée par un des acteurs principaux, un jeune homme aux yeux clairs. Ce sera désormais son obsession première. Il en notera le nom, Ronnie Bostock (Jason Priestley), et cherchera toutes les informations possibles sur cet acteur. Il achètera une télévision, un magnétoscope et louera les films de sa nouvelle flamme platonique. Il découpera, à l'insu de son employée qui commence à déceler un comportement bizarre chez son patron, tous les articles qu'il trouvera dans des revues souvent destinées à de jeunes filles adolescentes. Il va rapidement devenir incollable sur la vie et l'œuvre de Ronnie Bostock, jusqu'à connaître ses habitudes de vie dans sa maison de Long Island, au large de New York.

Lors d'une rencontre avec un ami, ce dernier s'inquiète pour sa santé et lui suggère de prendre du repos et pourquoi pas de voyager. Ce sera pour Giles l'opportunité de se rendre sur la presqu'île de Long Island et d'essayer de rencontrer son amour caché. Mais tout se passera peut-être encore mieux qu'il ne l'aurait espéré.

Le film repose pratiquement entièrement sur les épaules de John Hurt. Rares sont les séquences où il n'apparaît pas. C'est aussi une comédie et souvent on rit de bon cœur devant les maladresses de notre pauvre écrivain dépassé par le modernisme. La première moitié du film est plaisante et on prend plaisir à suivre l'évolution de cette soudaine pulsion pour une image sur un écran. On se demande de quelle nature elle est. On l'imagine, mais rien ne vient nous le confirmer. Puis, une fois la rencontre effectuée, la comédie se relâche un peu et le film perd tranquillement sa vitesse de croisière. Il ne peut plus rien se passer et on le sait. Tout revirement de situation serait incompréhensible. Malgré tout, on se demande alors jusqu'où Giles sera capable d'amener sa quête perdue d'avance. Quant à l'homosexualité sous-jacente, elle n'est jamais mise en avant, ni dans les mots (sauf une fois), ni dans les gestes.

Le DVD que nous propose Lions Gate de ce film intéressant est assez simple. Il ne diffère guère de la première édition des Studios Universal en 2000 que par quelques minimes différences : format non anamorphique et sous-titres espagnols dans cette nouvelle version. Même la jaquette du boîtier est presque identique. L'image est bel et bien saturée. Le son est simple et défini avec précision, même sans être en Dolby Digital 5.1. Les menus sont aussi très simples avec seulement un insert d'extraits du film au centre. Le seul supplément "visible" est la bande-annonce originale. Mais comme c'est l'habitude chez Lions Gate, il suffit de choisir le logo de la compagnie sur la page principale pour accéder à d'autres bandes-annonce telles que : Confidence, Jesus' Son et All The Little Animals.

"Love and Death in Long Island" est vraiment un film plaisant malgré ses petits défauts. La performance de John Hurt est indéniable. Il laisse paraître son flegme britannique avec une aisance déconcertante ce qui peut justement brouiller notre jugement sur ses intentions. Sans être dramatique, le sujet nous permet d'approcher différents sujets modernes comme justement l'homosexualité et la différence de générations. Un film touchant qui aurait peut-être dû bénéficier d'une fin différente pour être parfait.


Cotes

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