Love, Ludlow
Polychrome / Warner Home Video

Réalisateur: Adrienne J. Weiss
Année: 2005
Classification: R (US)
Durée: 89 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 11
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 décembre 2005

L'amour, toujours l'amour. À deux, tout va comme sur des roulettes, mais lorsqu'il y a une troisième personne qui se rajoute dans le décor, la zizanie et les quiproquos arrivent très rapidement. C'est ce qu'apprend à ses dépens le personnage principal de "Love, Ludlow", une délicieuse petite comédie romantique qui fait sourire tendrement.

Reggie (David Eigenberg) est un imbécile heureux. Malchanceux en amour et surtout très naïf, il erre dans son existence d'employé de bureau en cherchant obstinément la bonne personne pour lui. Un jour, il pense l'avoir trouvée. La jeune et séduisante Myra (Alicia Goranson) travaille dans le même édifice que lui et il la trouve vraiment jolie. Cependant, cette fille a mauvais caractère et elle effraye tous les garçons qui osent l'approcher. Après des efforts considérables et une patience exemplaire, Reggie arrive finalement à décrocher un repas chez l'élue de son cœur. Croyant que la tâche difficile est derrière lui, il se heurte au frère de Myra, Ludlow (Brian Sexton III), un être envahissant qui cherche par tous les moyens à contrôler la vie de sa frangine. Entre des engueulades, des retrouvailles et de multiples excuses, ces trois individus devront apprendre à se côtoyer et à se dire leurs quatre vérités.

Comédie de situation presque télévisuelle, il n'est guère surprenant d'apprendre que "Love, Ludlow" est tiré d'une pièce de théâtre (plus exactement "Finger Painting in a Murphy Bed" de David L. Paterson). Les dialogues prennent le dessus sur les actions et les décors sont peu nombreux. Même si le sujet est un des plus vieux du monde, la particularité nouvelle est de voir l'insistance que porte un frère envers sa sœur afin de monopoliser toute son attention. Que les raisons soient sexuelles ou seulement à cause de la peur de l'étranger ou de l'abandon, le résultat est le même. Le pseudo héros moyennement charismatique devra affronter un Ludlow presque cinglé pour seulement penser pouvoir atteindre le cœur d'une fille à peine équilibrée.

Grâce à un rythme sympathique qui cumule des répliques cinglantes à des mimiques souvent hilarantes des différents protagonistes, le ton très mignon se déploie dès les premières minutes pour perdurer jusqu'à la conclusion plutôt prévisible. Le destin des personnages sera connu à la seule lecture du descriptif, mais les façons d'y arriver feront immensément sourire. Par moment, les calembours rappellent une combinaison entre Histoires de filles et Km/h, mais de façon plus intellectuelle et sans l'abus de gags stupides. À d'autres endroits, on flirte presque avec la légèreté digne d'un Woody Allen ou d'un Wilbur Wants to Kill Himself. Au service d'un scénario mince et efficace se trouvent trois acteurs diamétralement opposés qui se complètent bien. À la fois vulgaire et attendrissante, Alicia Goranson offre beaucoup de vitalité au moment opportun avant de laisser ses magnifiques expressions faciales prendre toute la place. À l'opposé, Brian Sexton III compense son rôle primaire grâce à un jeu physique plutôt bien contrôlé. Mais il s'avère toutefois pâle en comparaison de David Eigenberg qui charme avec son regard de chien saucisse et sa facilité de se mettre les pieds dans les plats. Exquis!

Subtile et jamais lassante, la trame sonore de Tomandandy est très équilibrée. Lorsque les personnages ne parlent pas, elle peut être forte et même enivrante, mais quand des mots émanent, elle s'éclipse rapidement pour ne pas nuire au récit. Ainsi, il n'y a jamais de chevauchement et toutes les phrases sont toujours très audibles. Tant mieux, car il n'y a aucun sous-titre d'inclus. De toute façon, ce manque n'est pas flagrant. Les personnages s'expriment généralement lentement et les accents sont pratiquement inexistants. Avec une base aussi limitée (du Dolby Digital 2.0), il est heureux d'entendre une utilisation efficace des deux haut-parleurs qui séparent efficacement musique, voix et sons. Le rendu vidéo n'est toutefois pas aussi éclatant. Il faudra s'habituer à ces images un peu trop blanches et à ces couleurs très peu vivantes. Après trente minutes, tout va mieux. Mais il reste cependant un peu de blocage et quelques égratignures qui titillent la rétine. Cependant, ce n'est rien pour entacher les nombreuses qualités de ce long métrage.

Sans être extravagante, la pochette offre un montage intéressant d'images ainsi que trois personnes qui regardent la mer. Un peu partout, il y a des critiques de différents endroits et la mention de prix remportés. Le menu principal, tout aussi fonctionnel et classique, est bercé par une chanson accrocheuse qui donne indéniablement le goût d'écouter le film. Les suppléments, au nombre de quatre, sont loin de laisser des souvenirs impérissables. Il y a six scènes supprimées un peu superflues, la traditionnelle bande-annonce, une galerie de seize photos pratiquement sans intérêt et une biographie de cinq acteurs qui est facile à lire. Bref, après quinze minutes, le tour est fait.

Pour son premier film, la réalisatrice Adrienne Weiss a réussi à émoustiller le genre de la comédie romantique sans le renouveler. C'est déjà pas mal pour une nouvelle variation sur le triangle amoureux qui ne peut rendre heureux. Peut-être qu'une fois en DVD, "Love, Ludlow" s'attirera un succès d'estime et qu'un DVD digne de ce nom verra le jour pour répondre aux exigences en matière de suppléments intéressants.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments4
Vidéo6
Audio7