Comédie de samedis matins aussi légère qu'inutile, "The Maiden Heist" rappelle que d'excellents comédiens ne sont pas toujours suffisants pour élever un récit au-dessus de la mêlée.
Roger (Christopher Walken) est un gardien de musée qui vit une existence morne, au côté de sa femme (Marcia Gay Harden) qui rêve d'aller en Floride. Amoureux de la peinture Maiden Heist, il cache mal sa déception lorsque son employeur lui apprend qu'elle sera déménagée au Danemark. Frustré de bientôt perdre sa principale motivation, il embarque dans un plan risqué en compagnie de ses collègues Charles (Morgan Freeman) et George (William H. Macy): voler trois œuvres d'art avant leur départ pour la Scandinavie. Un projet ardu, surtout pour des hommes qui n'ont plus 20 ans.
Ce long métrage enjoué correctement réalisé par Peter Hewitt interroge timidement la relation avec l'art. Au lieu d'explorer en profondeur cette passion et les liens envers la manifestation de l'ultime beauté, il demeure en surface, concoctant une malhabile trame narrative parsemée d'un nombre incalculable d'invraisemblances. L'intérêt de la production ne réside pas dans son drame ou son suspense, mais sa comédie pas toujours convaincante où les acteurs semblent beaucoup plus s'amuser que le spectateur. Devant une éclatante distribution souvent cocasse et délirante se tiennent des enjeux pas toujours convaincants qui peinent à surprendre plus que quelques minutes.
La musique rythmée n'a comme unique fonction que de soutenir les séquences, trop souvent tirées par les cheveux. Les pistes sonores, appropriées dans leurs façons de recourir aux enceintes afin de faire ressortir des bruits de mélodies, d'eau, de projectiles et d'alarme, n'entachent jamais trop les dialogues, qui peuvent être accompagnés de très visibles sous-titres jaunes. Les images claires sont baignées de couleurs et de contrastes appropriés, qui tirent le meilleur des détails, tout en laissant en place quelques moments de blocage.
La pochette plutôt indigeste convoque les principaux comédiens dans de cases bleues, rouges et jaunes. Le menu principal du DVD épouse ce concept statique en l'accompagnant d'un vivant air musical. Hormis quelques publicités intéressantes (dont une bande-annonce du dernier opus de Terry Gilliam qui s'annonce mémorable), les suppléments proposent un honnête bêtisier, des scènes ratées superflues étayées par des propos du metteur en scène, un inégal documentaire de 18 minutes qui retrace la création du projet, le choix des comédiens et l'élaboration du script, ainsi qu'une piste de commentaires du cinéaste Peter Hewitt, du scénariste Michael Lessieur et du producteur Rob Paris. Les trois hommes discutent avec bonne humeur de l'ouvrage en demeurant généralement attentifs à ce qui se déroule à l'écran. Des bonus qui sont à l'image du résultat final.
Plus distrayant que réellement amusant, "The Maiden Heist" attire l'attention à cause de sa distribution qui comprend les excellents Freeman, Walken, Macy et Harden. C'est également l'unique raison de s'intéresser à cette production techniquement au point, mais un peu fade et sans envergure, qui se complaît trop souvent dans la facilité et les invraisemblances. Une telle brochette méritait mieux.
| Film | 5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |