Can-Can
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Walter Lang
Année: 1960
Classification: PG
Durée: 142 minutes
Ratio: 2.20:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD50), Français (DD50), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 36
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
10 juin 2007

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Amérique avait largement adopté la France, dont elle avait aidé à se libérer de l'occupant allemand. Les manifestations culturelles et les productions faisant référence à ce pays se sont multipliées en sol du Nouveau Monde. Au début des années 50, une comédie musicale triomphe à Broadway: "Can-Can", signée du compositeur d'origine péruvienne, Cole Porter. Comme son nom l'indique, elle fait référence à la folle époque de la fin du XIXe siècle dans le quartier du Moulin Rouge de Paris: Montmartre.

La comédie musicale "Can-Can" tint l'affiche deux ans, ou 892 représentations. Elle était basée sur le livre d'Abe Burrows, qui en assurait aussi la réalisation, avec des paroles et musiques de Cole Porter. Ce dernier, qui avait vécu en France dans sa jeunesse, y intégra quelques morceaux avec des titres en français, dont la fameuse chanson "C'est magnifique", que reprendra Maurice Chevalier dans son répertoire. C'est l'histoire des rapports spéciaux que va entretenir une tenancière de cabaret, Simone (Shirley MacLaine), quand un nouveau juge, Philippe Forrestier (Louis Jourdan) veut faire appliquer à la lettre la loi interdisant le French Cancan, ce que son collègue Paul Barrière (Maurice Chevalier) laissait un peu passer. Mais quand Simone se laissera embarquer par le beau juge Forrestier, elle aura besoin de son ami et amant, le juge François Dumais (Frank Sinatra) pour se sortir du pétrin.

Le terme cancan désigne une danse de cabaret très colorée, exécutée principalement par des danseuses qui font virevolter leurs jupons et qui lancent haut leurs jambes, et qui est apparue dans le quartier de Montmartre, Paris, au début du XIXe siècle. Si aujourd'hui cette envolée de jambes très rythmée et entraînante semble malgré tout assez sage, il n'en était pas la même chose à l'époque, où montrer ses jarretelles n'était vraiment pas bien vu. De plus, les mouvements des hanches et surtout du postérieur étaient alors vraiment déplacés. Je n'ai pas retrouvé de traces d'une quelconque interdiction de cette activité comme on le voit dans le film "Can-Can". Certes, les établissements qui l'avaient au programme étaient désignés comme des lieux peu fréquentables et il se peut que des plaintes d'organismes féminins conservateurs aient été déposées.

"Can-Can" a été filmé en utilisant le procédé Todd-AO, développé au début des années 50. Cette technique de prise de vue assurait une image de haute définition panoramique au format 2.20:1 et reposant sur une pellicule de 70 mm, taille que l'on retrouve surtout aujourd'hui dans le format IMAX. Parmi les autres films en Todd-AO, on retrouve entre autres Cleopatra, The Alamo et The Sound of Music. On a pratiquement cessé de l'utiliser au début des années 70. La version que nous avons dans cette édition ravira éventuellement les puristes de cinéma, puisqu'il s'agit de la version originale complète. Qu'est-ce cela veut dire? C'est que pour familiariser le public de cinéma par rapport au public de la comédie musicale, on fait entendre des extraits de la pièce alors que le rideau est encore baissé. Et bien dans le cadre du film, nous avons droit à plus de quatre minutes de musique devant un écran noir pour commencer (que l'on peut rapidement passer avec la fonction de chapitres). Vers le milieu du film, un panneau "intermission" s'affiche et nous avons encore environ 3 minutes de noirceur agrémentée de musique. Et enfin, la diffusion se termine encore avec un bon quatre minutes de musique sans images. Cela doit expliquer la durée de 142 minutes, alors que le film est censé durer 131 minutes. Surprenant au premier abord, mais logique après réflexion. Le film est réalisé par Walter Lang, dont ce sera d'ailleurs une de ses dernières réalisations, et dont curieusement (ou intentionnellement) on parle peu dans cette édition DVD.

C'est dans sa nouvelle collection "20th Century-Fox's Marquee Musicals" que Fox nous propose cette édition de "Can-Can". Dans le boîtier, nous retrouvons deux disques: le film sur le premier et les suppléments sur le second. Le boîtier est glissé dans un fourreau de carton aux couleurs jaune orangé et illustré de dessins d'époque. On est tout d'abord agréablement surpris par la qualité de l'image dès que le générique débute. Des couleurs éclatantes, des traits bien précis et une image d'une grande stabilité. Nous ne sommes pas plus déçus lorsque le film commence, avec une scène de nuit. Mais ça se gâte un peu plus loin. Rapidement, la superbe qualité de l'image est ternie par des différences dans les tons qui vont et viennent. Dans certaines scènes, même si cela reste plutôt subtil, on a l'impression que quelqu'un joue avec un interrupteur qui éteint ou allume une des lampes. Mais il faut quand même rester honnête et dire que la qualité est vraiment étonnante. Les pistes sonores sont aussi très à la hauteur, autant en français qu'en anglais avec un superbe remixage en Dolby 5.0. Si vous regardez le film en français, il ne faudra pas s'étonner que certains dialogues restent en anglais. En effet, les chansons restantes originales, les acteurs parlent parfois juste avant, pendant ou après la chanson, et de ce fait, c'est le dialogue original qui reste. À ce moment-là, et seulement là, on a droit à des sous-titres français. Les défauts sont assez rares, à part ce bruit sourd pendant la chanson du générique. Les pages de menus sont très sobres, sans animation ni musique.

En guise de suppléments, tous réunis sur le deuxième disque, nous avons tout d'abord le documentaire "A Leg Up: The Making of Can-Can". D'une durée d'environ vingt minutes, ce segment, spécialement réalisé pour cette édition DVD, nous permet de revoir tout le processus de la création et du tournage du film avec des témoignages d'historiens de la danse, mais aussi de trois des acteurs-danseurs présents dans le film. L'œuvre de Cole Porter y est bien entendu détaillée, de même que le choix des acteurs, ainsi que des anecdotes de travail. Une partie de ce montage est consacrée à la fameuse visite du Premier Soviétique Nikita Krutchev, invité par la Fox. On y voit plusieurs clichés, mais aussi des extraits vidéo, montrant le président et sa suite dans une loge surplombant le plateau du film. Et bien entendu, la fameuse remarque qu'il en a faite le lendemain dans la presse: "The Face Of Humanity Is More Beautiful Than It's Backside!". Dans l'ensemble, c'est un petit film plutôt passionnant. Utilisant des images semblant provenir des mêmes séquences d'entretiens, nous avons ensuite "The Classic Cole Porter", qui s'arrête plus spécifiquement sur l'œuvre et la vie du compositeur. Et enfin, toujours dans le même style, "Book by Burrows: The Man who Wrote Can-Can", qui comme son nom l'indique, nous présente Abe Burrows, l'auteur du livre et aussi réalisateur de la comédie musicale. Ce sont ses enfants qui en parlent.

Histoire de bien être certain que nous ne l'avons pas manquée, Fox insiste sur le travail de restauration qui a été fait avec ce film dans "Restoration Comparison". On y apprend qu'il a fallu 138 heures pour nettoyer et améliorer l'image. On y voit aussi une très convaincante comparaison entre l'édition vidéo de 1993, qui avait alors modifié le format original, donnant un léger flou à l'ensemble, et celle-ci, plutôt très jolie. Pour l'occasion, nous pouvons visionner trois courtes séquences. Enfin, nous avons accès à la bande-annonce originale et à une généreuse galerie de photos, triées dans quatre catégories. Outre ces suppléments sur disque, nous trouvons dans le boîtier une enveloppe contenant quatre cartes postales avec des images extraites du film, images curieusement en sépia et non en couleurs. Et toujours dans le boîtier, un petit livret dépliant de six pages avec le détail des chapitres, quelques photos (toujours en noir et blanc) et surtout de nombreux petits articles remplis d'anecdotes supplémentaires très intéressantes.

Que la comédie musicale ait été un succès, je n'en doute pas. Les numéros musicaux et dansés sont parfaitement réussis (même si la représentation d'Adam et Ève m'a un peu déstabilisé, car un peu hors de son temps). Malheureusement, la transposition en film manque beaucoup de saveurs, principalement dans l'histoire, même si trois musiques originales y ont été rajoutées par rapport à la pièce. Sans être un grand connaisseur de cette période, j'avoue apprécier ce film et principalement les numéros de cabarets, même s'il faut attendre les dix dernières minutes pour enfin admirer un vrai French Cancan au complet, les premiers étant toujours interrompus par la police! Une superbe interprétation de Shirley MacLaine dans ces numéros dansés. Mais cela n'en fait pas forcément un bon film.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments7
Vidéo8
Audio8