"Clapton is God"! Eric Clapton est Dieu! Ce slogan qu'on voyait partout dans les rues et les journaux musicaux des années 60 résume assez bien le talent du guitariste anglais. Même si la pression devait être difficile à supporter, il faut bien reconnaître que le musicien s'en tira sans problèmes et devint ainsi l'une des figures dominantes du rock des années 60 et 70. Le documentaire "The Eric Clapton Review - The 1960s" jette un regard sur cette première période de la carrière musicale de géant.
Le format est le même que pour toute cette excellente série. De nombreuses entrevues de journalistes musicaux (des gens de Mojo, new Musical Express, Wired, Village Voice, etc.), un biographe de l'artiste, des collègues l'ayant côtoyé au cours de cette décennie, des extraits d'entrevues d'archive avec Clapton lui-même ainsi que de nombreux clips du guitariste à l'œuvre avec les différentes formations dont il est ici question. Et comme toujours, on fait dans le détail et la minutie, car on s'adresse surtout à des amateurs déjà vendus à la série "Under Review". Les profanes trouveront cela un peu trop précis et analytique, mais les convertis se réjouiront du tout.
Comme son nom l'indique, on se concentre ici sur les premières années du guitariste britannique. On y découvre sa passion pour le blues qui débuta à un très jeune âge, ses premières armes dans des groupes locaux avec d'autres amis amateurs du genre, puis sa rencontre avec les Yardbirds et son envol subséquent comme l'un des meilleurs guitaristes de son époque. On suit ensuite ses péripéties au sein du groupe de John Mayall et l'enregistrement du légendaire album Beano puis son soudain désir de faire mieux et son association avec Jack Bruce et Ginger Baker qui donna le groupe séminal qui allait changer la face de la musique rock pour toujours: Cream. Vint ensuite un autre super groupe avec Steve Winwood, Blind Faith, puis le début d'une carrière solo qui dure depuis.
Pour analyser, remâcher, étudier, critiquer tout ça, outre les historiens de la musique et journalistes rock habituels, on retrouve Chris Dreja et Top Topham des Yardbirds, John Mayall, Neil Innes du Bonzo Dog Doo dah Band (et accompagnateur musical des Monty Python), Paul Jones de Manfred Mann, et quelques amis ou techniciens de son l'ayant accompagné lors de ces premières années.
On a ici un documentaire essentiel pour ceux qui aiment Clapton, mais qui se trouve à être aussi un beau portrait des débuts du Blues en Angleterre et de la passion de ceux qui lancèrent le mouvement.
Au niveau audiovisuel, le film souffre un peu de son style collage. Les différentes sources du matériel d'archives ne sont pas de qualité égale et sont parfois un peu limites. On comprend qu'elles ont été incluses pour leur importance historique et non pas pour leur esthétisme! Même chose pour l'audio. Heureusement la majorité des entrevues contemporaines sont assez belles, ce qui rachète le tout.
En suppléments on retrouve trois ou quatre scènes retranchées qui abordent plus en profondeur des sujets déjà présentés dans le film comme la tournée des Yardbirds avec Sonny Boy Williamson. On a aussi inclus des biographies des journalistes et des gens ayant contribué au documentaire.
| Film | 8 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |