Joni Mitchell est une auteure-compositrice-interprète canadienne qui a débuté sa carrière et connu ses plus grands succès au cours des années 70, bien qu'elle soit tout de même restée active dans le milieu depuis, récoltant sur son passage de nombreux Grammy Awards. Aujourd'hui, elle est considérée comme une grande source d'inspiration pour plusieurs artistes. En 2007, elle s'est embarquée dans un projet tout à fait nouveau: elle s'est associée avec l'Alberta Ballet Company afin de créer un tout nouveau ballet compose strictement sur sa musique. "The Fiddle and the Drum" est le fruit de cette alliance, et a été présenté au Southern Alberta Jubilee Auditorium, à Calgary, dès février 2007.
Il s'agit d'un ballet très sobre. Oubliez les costumes flamboyants, les danseurs sont vêtus de maillots dont la couleur se confond avec la peau, faisant presque paraître les danseurs nus, à l'exception de certaines chorégraphies dans lesquelles les vêtements sont plus vaporeux, mais non plus colorés. Mais un bon côté de ce spectacle est que rares sont les ballets où on peut se fier sur les paroles des chansons pour comprendre la danse. Dans le cas de "The Fiddle and the Drum", les chorégraphies vont vraiment bien avec les chansons; Joni Mitchell et le chorégraphe Jean Grand-Maître ont choisi d'instaurer une thématique environnementale et ont su piger dans le répertoire de la chanteuse et créer des chorégraphies qui représentent très bien ce thème. Chaque tableau nous fait ressentir des émotions différentes qui concordent très bien avec les chansons. J'ai vraiment apprécié le mélange des danseurs de ballet avec une musique plus contemporaine. Pour ceux qui connaissent le répertoire de Joni Mitchell, voici les pièces qui composent le ballet: "The Fiddle and the Drum", "Sex Kills", "Passion Play", "Three Great Stimulants", "For The Roses", "Slouching Towards Bethlehem", "Beat of Black Wings", "If I Had a Heart I'd Cry", "If" et "Big Yellow Taxi". Les deux numéros finals sont des numéros de groupe, rassemblant les 28 danseurs de la troupe, contrairement aux autres tableaux où seuls quelques danseurs apparaissent en même temps. J'ai davantage aimé les numéros de groupe, qui ont plus d'impact et où on peut vraiment apprécier l'harmonie des mouvements.
Pour continuer dans le sobre, l'éclairage dont bénéficie la scène est blanc la plupart du temps et garde des secteurs ombragés. La seule autre source de lumière sur la scène est un écran de forme circulaire fixé au mur du fond, sur lequel apparaissent des images qui représentent la Terre. Dans les plans d'ensemble, nous ne voyons que les formes des corps. Aucun trait de détail n'est visible. De près, toutefois, la compression est très bonne, nous donnant une image parfaitement définie. Tout est visible malgré l'éclairage masqué par endroits. L'ambiance ainsi créée, jumelée aux chorégraphies et à la musique, donne un résultat dramatique, ce qui est voulu puisque les créateurs du spectacle ont voulu faire comprendre aux spectateurs l'urgence d'agir afin de préserver notre planète. La bande sonore ressort à merveille, nous aurions presque l'impression d'être dans l'amphithéâtre. Chaque accord de guitare, note de piano ou coup de batterie est ressenti à deux niveaux: vibrant dans nos oreilles ainsi que dans nos yeux qui suivent le mouvement des danseurs.
Le disque comprend une section de suppléments, dont la plupart consistent en de courtes entrevues: l'une avec Joni Mitchell et Jean Grand-Maître, la deuxième avec Mario Rouleau, le directeur de l'image, et la dernière avec Kelley McKinlay et Nicole Caron, deux danseurs qui ont fait partie du ballet. Ces segments sont intéressants en ce que nous comprenons davantage tout le travail qu'un projet de cette envergure nécessite afin de le mener à terme. Ce qui est bien, c'est que nous avons le point de vue de tous les côtés: la musicienne, le chorégraphe, les danseurs et le directeur de l'image, qui reste à l'extérieur de la production et qui peut davantage apprécier le spectacle d'un point de vue spectateur. Le dernier extra est ennuyant pour mourir, je ne sais pas qui s'est imaginé que quelqu'un pourrait s'asseoir pendant 47 minutes et regarder des photos se succéder à un rythme très lent. Ces 47 minutes de sommeil garanti sont en fait les images qui apparaissent dans le cercle se trouvant au fond de la scène pendant le spectacle, qui jouent en temps réel accompagné de la bande sonore du ballet. C'est là que nous nous rendons compte que ces images ajoutent à la performance des danseurs en nous aidant à comprendre le fil de l'histoire, mais que seules, elles n'ont vraiment aucun sens.
Ce DVD est sans contredit réservé aux amateurs de ballet contemporain, et aussi aux fans inconditionnels de Joni Mitchell qui veulent avoir une conception tout à fait nouvelle de l'œuvre de leur idole. Si vous n'avez d'intérêt pour ni l'un ni l'autre, ce produit n'est définitivement pas pour vous.
| Film | 7 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |