"The Five Pennies", réalisé en 1959, raconte la vie de Loring "Red" Nichols, un célèbre trompettiste des années 1920 et 1930. Nichols et son groupe, les Five Pennies, qui a servi de tremplin à plusieurs grandes vedettes de l'époque (Glenn Miller, Artie Shaw, Jimmy Dorsey) se sont produits un peu partout aux États-Unis dans une série de tournées toutes marquées par le succès. L'épouse de Nichols, Bobbie Meredith faisait également partie des Five Pennies. Considérant la vie de tournée inappropriée pour une enfant, les Nichols placent donc leur fille de 6 ans, Dorothy dans un pensionnat. C'est alors qu'elle est loin de ses parents que la petite fille contracte la polio. Elle restera partiellement paralysée et aura beaucoup de difficulté à pardonner à son père ce qu'elle a vécu comme un abandon.
Red Nichols a également beaucoup de difficulté à se pardonner lui-même. Il décide d'abandonner la musique pour se trouver un emploi stable de débardeur dans un port commercial. Il entend ainsi offrir à sa fille la stabilité qu'elle n'a jamais eue. Mais l'appel de la musique sera le plus fort, et après avoir reçu le pardon officiel de sa fille, il fera un retour triomphal dans le show-business, grâce à l'aide de ses amis, les anciens membres des Five Pennies.
"The Five Pennies" s'inscrit dans la vague de biographies de musiciens des années 1930. On en réalisa plusieurs à la fin des années 1950 (sur Benny Goodman et Al Jolson, entre autres). La plus connue (et la mieux réussie) de ces biographies demeure The Glenn Miller Story avec James Stewart. Mais, il faut avouer que celle dont il est question ici est loin d'être mauvaise. Évidemment, il ne s'agit pas d'un grand film, mais on est parvenu à tirer le maximum du sujet. Loring Nichols, tel que décrit dans ce film, semblait être doté d'un solide sens de l'humour. Danny Kaye rend à merveille le côté facétieux de son personnage. Il était le comédien tout indiqué pour interpréter Nichols. De plus, il chante très bien. Son duo avec le véritable Louis Armstrong, où les deux vedettes interprètent une magnifique version de "When the Saints Go Marching In" vaut à lui seul le détour. Face à Danny Kaye, Barbara Bel Geddes joue le rôle de Bobbie Meredith avec beaucoup de douceur. Dans certaines scènes, elle parvient à être très touchante. Si Danny Kaye se débrouille très bien dans le chant, il n'en était sûrement pas de même avec la trompette. C'est donc le véritable Red Nichols qui double les numéros instrumentaux, ce qui ajoute certainement à l'intérêt du document.
L'édition DVD offerte ici est d'une très bonne qualité. Les magnifiques couleurs du technicolor sont très bien rendues. Le son est également sans faille. Par contre, comme cela arrive souvent avec les titres de catalogue, aucun supplément ne nous est offert.
En définitive, bien qu'on ait affaire ici à une œuvre mineure, on doit tout de même admettre que ce gentil petit film se laisse très bien regarder. Oui, on appuie certainement beaucoup sur nos glandes lacrymales (et ça marche, préparez vos mouchoirs!) mais, ne serait-ce que pour les numéros musicaux, principalement ceux avec le grand Louis Armstrong, ce film nous fait passer d'agréables moments. Il nous rappelle aussi combien Danny Kaye, malheureusement oublié aujourd'hui, pouvait démontrer un grand sens du comique.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |