Le guitariste rock et blues Gary Moore, récemment disparu à 58 ans des suites d'une crise cardiaque aura eu une carrière respectable quoique discrète. Loin des projecteurs braqués sur les superstars de la six cordes de sa génération tels les Eric Clapton, Jimmy Page ou autres The Edge, le musicien irlandais aura tout de même su gagner le respect de ses pairs, des journalistes musicaux et d'un petit, mais fidèle groupe de supporters.
Ayant fait son nom au sein de Thin Lizzy dans les années 70 avec qui il joua de façon épisodique pendant de nombreuses années, il poursuivit par la suite une carrière solo assez diversifiée. Passant du blues au hard rock au folk-rock celtique, Moore semblait se plaire à explorer divers genres sans vraiment se soucier d'écrire des hits. Il trouva tout de même le succès à quelques reprises avec entre autres la ballade "Empty Rooms" et avec son "Parisienne Walkways" lors d'une de ses nombreuses apparitions avec Thin Lizzy.
Avec la sortie posthume du DVD "Gary Moore - Live at Montreux 2010" on a un bref aperçu du talent du musicien, chanteur et compositeur. Moore semblait avoir développé une sorte de relation privilégiée avec Claude Nobs (le "Funky Claude" du Smoke on the Water de Deep Purple) et son festival puisqu'il y participait presque chaque année depuis les années 80. Tantôt en solo, tantôt avec des amis comme Jack Bruce ou Greg Lake, le musicien se plaisait à jouer en Suisse devant un public réceptif et ouvert.
Pour sa dernière performance au festival, il choisit un retour au rock et nous livre donc ici un concert énergétique et pesant. Et bien qu'on s'amuse fermement à le voir jouer quelques succès entremêlés de nouveautés ou de pièces plus obscures de son répertoire, on voit bien que la force de Moore était plutôt dans son jeu que dans sa voix. Et bien que certaines de ses compositions soient excellentes, on prend souvent plus de plaisir à l'entendre refaire des pièces d'autres compositeurs, que ce soit celles du prolifique Phil Lynnott de Thin Lizzy ou d'autres géants passés comme Roy Orbinson ou Albert King.
Bref. Un concert agréable, mais où on voit bien les limites de ce sympathique et timide bonhomme. Au programme: "Over The Hills And Far Away", "Thunder Rising", "Military Man", "Days Of Heroes", "Where Are You Now?", "So Far Away / Empty Rooms", "Oh Wild One", "Blood Of Emeralds", "Out In The Fields", "Still Got The Blues", "Walking By Myself", "Johnny Boy" et "Parisienne Walkways".
Au niveau vidéo, une qualité d'image assez bonne. Les couleurs sont bien représentées, malgré l'éclairage de scène changeant. Il manquerait peut-être un peu de détails dans les tons foncés, mais sinon le tout est agréable à regarder. Au niveau de l'audio, on a une qualité très intéressante. On a plutôt bien réussi le transfert de son live à son DVD. Tout est très clair et bien rendu, chaque instrument et chaque micro sont bien balancés. Le seul manque serait peut-être l'ambiance de foule qui semble trop lointaine même si visuellement on a la preuve du contraire.
Pour les suppléments, on retrouve quatre chansons de Moore enregistrées lors de sa prestation à Montreux en 1997. Groupe différent, son différent, mais même énergie. Les titres offerts: "One Good Reason", "Oh Pretty Woman" (Oui oui! Celle de Roy Orbison), "Still Got The Blues" et "Walking By Myself".
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |