Global Metal
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Scot McFadyen, Da, Dunn
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 95 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
5 novembre 2008

Fort du succès de son premier film Metal: A Headbanger's Journey, l'anthropologue autoproclamé (est-ce qu'un baccalauréat en anthropologie fait automatiquement de quelqu'un un anthropologue?) et amateur de musique heavy metal Sam Dunn récidive avec un deuxième documentaire sur le sujet. Alors qu'il s'était attardé à faire l'historique et un bref survol de la culture "métal" en Amérique du Nord et en Europe pour le premier volet de ce diptyque, il décide, pour ce deuxième opus intitulé "Global Metal", d'aller voir ailleurs dans le monde ce qui se passe. Armé de son équipe technique, de son comparse réalisateur Scot McFadyen,, de ses t-shirts noirs ornés de têtes de morts et de dragons et d'une connaissance approfondie et passion véritable pour ce genre musical, Dunn se promène sur la planète "métal" à la recherche d'un sens profond à ce genre musical et tente de faire un état des lieux.

Allant du Brésil (patrie du légendaire "Sepultura") au Japon, de la Chine ("Tang Dynasty" ça vous dit quelque chose?) à l'Inde, en passant par l'Indonésie, Israël et les Émirats Arabes Unis, le réalisateur explore avec nous l'impact de ce genre musical anglo-saxon sur différentes cultures mondiales avec des valeurs sociales, religieuses et spirituelles bien à elles. On découvre avec surprise que non seulement beaucoup de fans musulmans ou bouddhistes ont un engouement sérieux pour Iron Maiden, Metallica et autres, mais qu'en plus de nombreux groupes locaux ont émergé dans ces pays, avec leurs propres styles musicaux influencés par leur identité culturelle et politique. C'est ainsi qu'on retrouve des groupes "métal" en Indonésie décriant la corruption du gouvernement et l'injustice sociale, d'autres en Chine intégrant les tenues vestimentaires des guerriers d'antan et les instruments traditionnels ancestraux et des musiciens japonais mêlant des maquillages Kabuki, des ballades à la Burt Bacharach et des refrains chantant les louanges de Satan!

Mais comme pour la première partie, le film "Global Metal", bien que bourré de bonnes intentions, rate la cible. Fort intéressant comme survol de la culture métal internationale– tant les fans que les groupes – le documentaire manque carrément de profondeur analytique. On aimerait savoir pourquoi les jeunes qui ont un besoin de rébellion s'identifient plus à ce genre qu'à un autre, pourquoi ce sont surtout les gars qui s'y intéressent, quelle est l'importance des paroles dans le tout, que dit la société bien pensante de tout ça, les fans de métal sont-ils d'éternels ados, peut-on parler de caractéristiques distinctes chez le public, la majorité des groupes chantent-ils en anglais ou dans leur propre langue, etc. À chaque fois qu'un intervenant tente une analyse ou émet un raisonnement intéressant, on passe rapidement outre, sans faire de suivi dans la narration, pour se retrouver dans un bar quelconque avec des fans jouant du "air guitar" et mimant les paroles de "Highway Star" de Deep Purple! Comme si M. Dunn avait passé ses cours d'anthropologie sur les fesses et n'avait retenu que l'aspect collecte d'information d'une recherche et non celui d'analyse des résultats.

Il reste que le film (les deux films en fait) est fascinant pour quiconque s'intéresse à la musique rock et aux courants musicaux. Peu importe si ce genre nous plaît ou non (personnellement j'ai de la difficulté à distinguer la majorité des chansons l'une de l'autre et je me contente des vieux groupes précurseurs du genre comme Black Sabbath, Hawkwind et Deep Purple). D'autant plus que le Heavy Metal n'est pas une mode passagère comme certains le supposaient en 1980, mais semble bien être là pour durer. Et en espérant que ces premiers pas mèneront à une réflexion plus poussée sur le genre et ses impacts sociaux dans les prochaines années.

Pour les suppléments on a été plus que généreux. On a inclus un deuxième DVD contenant une pléiade de bonus. En plus de l'intégrale de quelques entrevues de "métalleux" importants comme Bruce Dickinson d'Iron Maiden ou Lars Ulrich de Metallica, on retrouve une séquence complète n'ayant pas fait le montage final sur le métal à Bali et une autre sur le plus grand festival métal au monde en Allemagne. De plus, on a inclus une revuette "Metal Baraka" qui fait référence au film Baraka et qui nous présente pendant quelques minutes, sur fond de musique Metal bien sûr, un montage des paysages et lieux incroyables visités par l'équipe durant le tournage. On peut ainsi admirer la muraille de Chine, des temples bouddhistes japonais, les rues surpeuplées de Djakarta et autres mosquées spectaculaires du Moyen-Orient.

Au niveau visuel, bien que beaucoup des images d'archives soient de qualité moyenne, on a tout de même fait un bel effort pour les restaurer et en augmenter l'apparence. Les images contemporaines sont aussi de qualité variable, avec quelques entrevues de superbe qualité - avec une richesse de couleurs et une chaleur globale -, mais d'autres plus ordinaires. Certaines images en concert sont aussi de moindre qualité. Idem pour le son. La plupart des archives, bien que nettoyées et numérisées, restent tout de même de qualité moindre par rapport à la belle rondeur du son des entrevues modernes. Pour les nombreuses prises de son en concert, ça varie aussi grandement d'à peine audible à une bonne ou même excellente qualité sonore!


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments8
Vidéo7
Audio7