Bien qu'ayant été fondé en 1962 par le guitariste Tony (TS) McPhee, le groupe de blues britannique Groundhogs n'a pas toujours été actif depuis. En effet, suite à une période de succès à la fin des années 60 après des tournées comme groupe supportant les vedettes blues américaines Champion Jack Dupree et John Lee Hooker (comme les Yardbirds l'avaient fait avec Sonny Boy Williamson) et quelques albums marquants, le leader du groupe, McPhee, décida d'enterrer temporairement son trio pour se consacrer à autre chose. Depuis il ressuscite les Groundhogs périodiquement quand bon lui semble avec du personnel varié (harmoniciste, deux guitaristes, acoustique, etc.) et changeant constamment.
Pour ce concert enregistré en 1998 à l'Astoria de Londres - le seul concert filmé du groupe à vie! - McPhee revient à la source avec un format "power trio" comme à la grande époque. C'est-à-dire sa guitare cinglante, une basse (Eric Chipulina) et une batterie (Pete Correa). McPhee et sa bande enchaînent vieilles nouveautés (leur dernier album étant des reprises de vieilles chansons de Howlin' Wolf) et vieux succès. On retrouve les éternelles (et splendides!) "Cherry Red", "Ground Hog" et "Split part 1 & 2" de l'album du même nom (1971), "Still a Fool" de leur premier disque, "Scratching the Surface" (1968), "Mistreated" de "Blues Obituary" (1969), "3744 James Road" de "Hogwash" (1972) et "Eccentric Man" du superbe (et bien nommé!) "Thank Christ for the Bomb" (1970). Puis on évoque brièvement les années 80 avec "I Want You to Love Me" tiré de "Razor's Edge" (1985). Le reste, "Shake for Me" et "Down in the Bottom", sont tirées de l'album hommage à Howlin' Wolf.
Les amateurs du groupe reconnaîtront la plupart des chansons comme faisant partie du répertoire en spectacle du groupe depuis toujours. L'énergie de McPhee et de ses complices et le plaisir évident qu'ils mettent à jouer ces vieux succès plairont tout de même aux fans. C'est d'ailleurs évident juste à voir les vieux fans se faire aller (la majorité du public a plus de cinquante ans et est de sexe masculin, ce qui en dit long sur le genre de musique...!)
Pour la qualité vidéo, la contiguïté de l'auditorium rend le tout un peu limité visuellement. Le peu de prises de vue de la foule (on réutilise même le même plan au montage pour aérer le tout!) est décevant. La qualité vidéo est limite et il semblerait que le matériel de prises de vue utilisé pour la captation ne soit pas des plus performants. Peut-être a-t-on utilisé un format de caméra plus amateur comme Mini-DV au lieu du HD qui est devenu le standard habituel pour ce genre d'événements. L'image souffre donc beaucoup en définition et en qualité.
Pour l'audio, mêmes constatations. Quelques limitations dans la qualité globale de la prise de son nous laisse croire à l'utilisation d'équipement de qualité moyenne. Il y a même quelques variations de volume durant les premières chansons, comme si le technicien de son ajustait ses contrôles pendant le concert! Par la suite ces petits problèmes disparaissent, mais on aurait tout de même aimé mieux un son de meilleure qualité, quoique celui-ci est somme toute acceptable. En supplément on retrouve un CD du concert accompagnant le DVD.
Donc en résumé, un DVD parfait pour les fans des Groundhogs ou une bonne introduction pour les curieux à l'oreille bluesy solide...
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 6 |